CHAPITRE NEUVIÈME. I7D
et les derniers moments de leur sœur; peut-être aussi a-t-elle été les rejoindre.
Cet événement attira des étrangers dans la maison et força encore mon père à s'en éloigner. Je fus appelée en témoignage de la mort de mademoiselle de Sauriac ; mais heureusement j'étais trop jeune pour servir de témoin, ce qui me dispensa de commettre un faux, obligée, dans ce cas, de donner un nom supposé, passant, chez la mère Chozières, pour un des neuf enfants qu'elle avait nourris; la misère du temps y rendait ma venue naturelle et me dispensait de me cacher. Quant à mon père, dès que Ton soupçonnait une visite domiciliaire dgns le village, il s'échappait par le jardin, et, suivant un petit sentier écarté qui le conduisait hors du département du Rhône, il allait chez le meunier qui déjà lui avait sauvé la vie, attendre que le danger fût passé. Aussitôt il revenait à Fontaine, chez la mère Chozières, dont la maison étant plus grande que celle du brave meunier, sa présence n'y causait pas la même gène.