‹ Une FamilleChapitre 4 sur 15 · LKS ORIGINES I)K LA FAMILLE · texte numérisé non relu

LKS ORIGINES I)K LA FAMILLE

entama, alors, contre lui un long procès ({ui, poursuivi par les héritiers des deux paities, ne devait se tei'miner, qu'en 1483, au détriment de la nouvelle maison d'Alègje, laquelle, en cette année, fut condamnée, par arrêt du parlement, à restituer à celle de Boulogne les seigneuries d'Ambert, Baille et Rioux, pour ne conserver que le lief de Viverols^ C'est même en un faclum, rédigé à l'occasion de ce procès, qu'est ainsi partiellement restituée et évoquée la curieuse ligure de celui qui, en moins de dix ans, avait trouvé moyen de se constituer le magnilique domaine auquel commanda bientôt l'imposant château d'Alègre qui, ruiné, comme je Tai dit, par les Anglais, fut j'elevé et agrandi par Moj'inot et ses successeurs, et dont on peut, encore aujom'd'hui, admirer les imposants vestiges : énorme construction qui s'élevait au sommet de la montagne volcanique de Bourg, sous la forme d'un carré long, de cinquante mètres sur trente, flanqué de huit tours de vingt mètres de haut et de quatre à huit mètres de diamètre, avec, au centre, une autre tour, appelée du Trésor, d'une hauteur et d'un diamètre plus considérables encore et servant de cage à un magnifique escalier qui donnait entrée dans tous les appartements du château. Ce château était entouré de deux enceintes. La première, enfermant un espace de plus d'un hectare, était défendue par onze tours reliées entre elles par des courtines ; c'est là que, de bonne heure, les seigneurs d'Alègre permirent aux habitants de leurs terres de bâtir, et ce sont ces cons-

^ Arrèls du parlement de Paris, du 16 mai 1483 et du lo juin 1489, dans Baluze, Op. cit., t. IF, p. 231-238. — l*ar suite d'arrangements postérieurs à ces arrêts, la terre de Baffie demeura, du reste, aussi, aux d'Alègre [ChdJûi'ol., Coutume d'Auvergne, t. IV, p. 81).

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tractions qui formèrent le noyau de la ville actuelle cr Allègre, dont l'ancien village de Grazac estaujourd hui le faubourg. Quant à la seconde enceinte, elle contenait les bâtiments destinés au logementdes bommes d'armes et des clievaux, ceux abritant les denrées et les munitions, et enfin la cbapelle Saint-Yves oii les d'Alègre avaient leur sépulture. Mais de cet ensemble grandiose l'incendie qui, en 1698, dévora le cliâteau d'Allègre, en même temps que toutes les arcliives de la famille, et Faction destructrice des ans ne nous permettent plus de juger que de manière tout à fait imparfaite \

Morinot de Tourzel, devenu seigneur et baron d'Allègre, avait complété sa rapide ascension en épousant, en 1387, Maragde, ou Emeraude de Vicliy, dame de Busset et Puyagu", lille et liéritière de Guillaume de Vicliy et d'Isabelle de Saligny. Elle lui donna deux fils : Pierre de Tourzel, tué à Azincourt, et Yves P'".

Mais si nous avons sur ce Morinot, qui mourut en 1418, des détails qui permettent d'entrevoir, assez nettement, la pliysionomie de cet intrigant sans scrupules, nous sommes beaucoup moins bien renseignés à l'endroit de ses descendants immédiats, sur lesquels nous ne possédons que des notes généalogiques informes, ou des documents qui, fixant seulement quelques dates de leur biograpliie, n'offrent qu'un intérêt liistorique ou psycliologique très mince. De savoir qu'Yves P'", marié, en 1428, à Marguerite d'Apcbier, prit part aux guerres

* Notice sur le château d'Allègre et son système de fortifications, par Félix Grellet, dans Congrès scientifique de France, 22« session tenue au Puy, en septembre iS')^, in-8», 1856, t. II, p. 582-599.

- l'uyagu, Allier, commune de Busset.

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