XXVI INTRODUCTION
dans une grande caisse, y compris les effets de la mission. »
A Soulaines que nous venons de nommer, auprès de la sœur Théodore, Irma n'en était qu'à l'essai ou plutôt à l'attente de la formation religieuse. C'est à Ruillé qu'elle doit être « écorchée toute vivante ». « Je m'entends crier d'ici, » ajoute-t-elle gaiement. Elle a hâte cependant d'aller à ce supplice et d'être humiliée. Elle a devant les yeux la grandeur de sa vocation. « Si je ne suis pas broyée, je résisterai ; Dieu veut ma volonté, mon esprit. Non, ce n'est pas assez de vous avoir tous quittés, il faut que je m'abandonne moi-même; ce dernier sacrifice est absolument nécessaire, ou il n'y aura pas d'Amérique pour ton Irma. »
Cette vision de l'Amérique, ce désir de courir dans ces contrées lointaines et inexplorées, se dévouer aux âmes qui ignoraient Dieu, avait été le mobile de la vocation religieuse d'Irma. Dieu se sert de tout pour attirer les âmes dans la voie où il les veut. Leurs défauts mêmes deviennent des appàis; et si le dévouement d'Irma à ses frères et sœurs, ses diverses pratiques de zèle, de piété et de charité au service des pauvres et pour leur instruction ont préparé et mérité, si l'on ose parler ainsi, sa sublime vocation, il n'en est pas moins sensible que notre Irma a aussi été