‹ Une femme apôtreChapitre 8 sur 69 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

maternelle, M"' de Guinguéné, veuve d'une des victimes de Quiberon. Elle s'était réservé le soin d'enseigner l'histoire sainte aux enfants. Elle les initiait aussi à l'amour des pauvres et à la sollicitude des âmes. Sur ces deux points, elle eût pu servir d'exemple à toutes les âmes chrétiennes qui l'entouraient et qui pratiquaient d'ailleurs généreusement les diverses œuvres de zèle qu'elles pouvaient embrasser. M"^ de Guinguéné, depuis son veuvage, uniquement adonnée à la prière, donnait tout son temps à Dieu. Elle visitait les pauvres et soignait les malades, travaillait de ses mains pour eux, et instruisait leurs enfants. Elle dirigeait les dames de Saint -Servan, qui, à l'instigation du curé, avaient pris le souci du service des pauvres, et, autant que le permettait leur âge, elle associait ses petites-filles à ses diverses entreprises. Cette véritable mère des pauvres, tout en suscitant le zèle en leur faveur, reconnaissait que leurs misères auraient demandé des dévouements non pas plus généreux peut-être, mais plus absolus, plus libres ou plus attachés, si l'on veut, que celui des mères de famille. Son désir, ses aumônes et ses démarches tendaient à établir des sœurs de Charite à Saint-Servan. Elle réussit; et elle triompha à voir l'installation des sœurs de la Providence de l'humble congrégation de Ruillé-sur-Loire. Elle ne

Page 1