‹ Une femme du monde au XVIIIe siècleChapitre 21 sur 106 · Voir Mes moments heureux · texte numérisé non relu

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société genevoise, rien ne venait troubler sa quiétude. La pierre d'achoppement fut son goût pour la coniédie ; il ne tarda pas à renouveler les représentations théâtrales de Lausanne, et il recruta sa nouvelle troupe parmi les Genevois. Grand scandale dans la cité de Calvin, où le théâtre, même de société, était interdit par la loi !

C'est à ce moment que parut la Lettre sur les Spectacles ; en l'écrivant, Rousseau ne visait pas seulement d'Alembert et Diderot, mais surtout Voltaire, dont il voyait avec chagrin l'ascendant s'accroître à Genève. La Lettre arriva à son adresse, et la réprobation que soulevaient les comédies des Délices ne fît que s'augmenter. Voltaire, de son côté, redoubla d'ardeur et de malice' : « Je ferai jouer la comédie chez moi par des fils de syndics ^ « s'écrie-t-il, et il y réussit.

Il enveloppa les répétitions de mystère et fît construire un petit théâtre volant, facile à démonter et à cacher ; mais ennuyé à la fin de toutes ces

1. A partir de cette époque, Voltaire prit Rousseau en horreur ; il n "avait, eu effet, pas lieu de s'eu louer. Déjà Jeau-Jacques avait écrit à Trouchin qu'il ue remettrait jamais les pieds dans Genève tant que Voltaire y serait ; il excita ensuite contre lui le parti des représentants et les ministres il écrivit qu'il corrompait la République eu faisant représenter des tragédies dans ses maisons ; il engagea plusieurs citoyens à faire des reproches au Magnifique Conseil de ce qu'il souffrait, malgré la loi, un catholique domicilié sur son territoire, elc.^ etc. A la suite de toutes ces tracasseries, Voltaire dut résilier son bail des Délices; il y perdit, dit-il, près de 80,000 livres.

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