MADAME D EPI.NAY A M. D AFFRY
« ... Il faut journellement boursiller et même avoir recours à nos domestiques pour avoir du pain et de la viande, en attendant que nous puissions toucher quelque argent, car nous nous sommes tous saignés dans cette occasion. Cette extrémité est dure et humiliante, mais heureusement elle ne peut, ni ne doit durer... Nos amis ne nous ont pas quittés, leurs conseils, leurs soins, leur amitié nous ont été d'un grand secours. Ma bonne maman ne s'est point laissé abattre et sa santé est excellente.... »
Ce n'était que le prélude d'événements beaucoup plus graves; mais, heureusement pour elle, madame d'Épinay, douée d'une grande élasticité de caractère, ne laissait pas son imagination s'assombrir d'avance et la distraction avait facilement prise sur son esprit.
Elle soutenait toujours sa correspondance avec Voltaire et se gardait bien de l'ennuyer de ses soucis. Lui, de son côté, écrivait fidèlement à sa
philosophe et la tenait au courant des moindres incidents de sa vie.