‹ Une femme du monde au XVIIIe siècleChapitre 46 sur 106 · Le roi de Prusse · texte numérisé non relu

Le roi de Prusse

2. Ce livre a été publié à la fiu de l'année 1760 , et cette lettre doit avoir été écrite eu février 1761.

faux, des idées justes, de l'éloquence, de l'amphigouri; hardi jusqu'à la témérité, un autre aurait dit jusqu'à l'insoîence, et aurait peut-être bien dit, mais je ne saurais en trouver à dire des vérités ; du reste, un égard marqué pour les moines, un tableau frappant et vrai de nos malheurs, un léger crayon de remèdes assez incertain ; le tout l'a conduit à Vincennes, où il est depuis hier : ils ont l'air de l'y avoir mis pour avoir le droit d'en faire pendre un autre. On n'a jamais arrêté un homme comme celui-là l'a été, en lui disant ; « Monsieur, mes ordres ne portent pas de vous presser; demain, si vous n'avez pas le temps aujourd'hui. — Non, monsieur, on ne saurait trop tût obéir aux ordres du roi, je m'y attendais. » Et il part avec une malle chargée de livres et de papiers; tout ce qu'il fait est bien'. Son livre est in-quarto et n'en est pas moins défendu. II est trop considérable pour être envoyé par la poste, sans quoi, mon cher philosophe, vous l'auriez déjà.

» Quant à moi, je vais comme l'Espagnol, chantant sur ma guitare, le plus tristement qu'il m'est possible, mes beaux jours de Genève, mes ennuis de Paris : il y a vraiment de quoi faire une romance sur cette dernière phrase.

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