‹ Une femme du monde au XVIIIe siècleChapitre 54 sur 106 · juillet nC · texte numérisé non relu

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DP:RNIERES années de madame D'EPINAY 259

amusées; elle se prête seulement: c'est un essaim de papillons qu'elle assemble autour de sa tète ; le soir elle secoue la poussière qui s'est détachée de leurs ailes, et il n'y paraît plus. Celle femme est originale ; elle a des choses très fines et, tout à côté, des naïvetés ; peu de monde, mais en revanche rien de cette uniformité si décente et si maussade qui donne à un cercle de femmes du monde l'air d'une douzaine de • poupées tirées par des filsd'archal. A propos d'un petit réduit que j'espérais obtenir à Madrid, je lui disais . « Je le meublerai comme il conviendra ; vous » en aurez la clef, et vous irez vous y reposer. » Suard ajouta : « Pourquoi pas quand il y sera? » Elle répondit : « Je le voudrais bien ; mais cela ne se peut » pas. » Cela avec un air, un son de voix et des yeux ! Puis, se tournant du côté de Suard, elle ajouta : « Mais voyez-vous comme cela glisse sur lui? » — Cela est vrai, dit Suard, mais pourquoi? — Par » une raison, dit-elle, dont je l'estime infiniment et » qui vous ferait rougir. »

Le baron, qui ne se doutait pas de la passion que sa femme avait inspirée, fut frappé de l'excessive tristesse peinte sur les traits de Suard ; il n'hésita pas à l'attribuer à sa pauvreté. Aussitôt il se rend chez lui, et, avec la rudesse mêlée de bonhomie qui faisait le fond de son caractère, il lui dit : « Mon

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ami, je vous apporte 10,000 francs dont je ne sais que faire, qui ne me sont d'aucun emploi, et je vous prie de les garder. » Suard proteste, le baron insiste, chacun s'obstine, enfin d'Holbach s'enfuit en laissant les 10,000 francs K

Devant un procédé si délicat, l'embarras de Suard dut être extrême ; il semble cependant qu'il en triompha aisément, car il continua ses assiduités auprès de la baronne. 11 ne devint pas inoins empressé auprès de madame d'Epinay, lorsqu'il lui eut été présenté, et les habitués de la Chevrette se demandaient s'il n'était pas épris à la fois des deux amies ^

Paris, le 23 juillet 1762.

« ... — M. Suard part demain pour la Briche, écrit Diderot. Assis au frais, à côté de lui, sur une chaise, aux: Tuileries, je lui disais : « Vous êtes » mieux, ce me semble, et je m'en réjouis. — » Oui, me répondit-il, je suis mieux dans ce mo- )) ment, mais peut-être que demain au soir je serai » plus mal. » A qui en veut-il? est-ce à la dame » de la Briche, est-ce à la dame de...^?

1. Garât affirme que Suard reporta largeut au harou d'Holbach. {Mémoires de Suard.)

2. La supposition u'avait rien d'extraordinaire, car, à ce moment même, Suard se disait égalemeut amoureux de madame de Krûduer.

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