Voici le texte «je cette li-ttre
.\I. HK Skm.iiv a .m. I'ktki.
si'crrlairc du Magnifique Conseil.
l'aris, 1"' nineiiiliif iT.iT.
'< Je (lois vous l'aire part, ni<uisii'ni'.((Ui' niadaun' d'I^pinay. liello-S(Pur de M. de Lalive, introducteur des amiiassadeurs, étant sur son départ pour aller passer l'hiver à Genève, à cause de sa santé, est venue me faire une visite de politesse à l'occasion du séjour qu'elle doit faire dans cette ville. Les liaisons d'amitié que j'ai avec y\. df Lalive me font désirer
M. dEpinay avait de l'esprit et s'occupait volontiers de littérature ; il ne se consolait pas d'avoir manqué le dîner offert par Voltaire le jour de son arrivée. Il fui bientôt dédommagé par l'empressement du philosophe.
VULTAIHK A M. ET MAUAMK U El'l.NAV.
« Je ne suis puinl encore assez heureux pour être en état d'aller rendre mes devoirs à M. et madame d'Epinny. On m'assure que madame se porte déjà beaucoup mieux. Nous l'assurons, madame Denis et moi, de rintérèt vif que nous y prenons et de notre empressement à recevoir ses ordres... »
Deux jours a|très, nouvelle lettre et invitation à diner. Voltaire fut charmant, reçut ses hôtes à merveille; madame d'Epinay lui plut tout d'abord, et son mari ne fut point dédaigné, car le philosophe entendait bien les affaires et était enchanté de pouvoir se réclamer au besoin du fermier général '.
(jifello soit iiiforuu'i? que j'ai écrit pour la ri'eouiiuaiidHr. Je me flatte, monsieur, que vous voudrez bien me rendre ci; service et vos bons offices auprès de cette dame qui a infiniment de m»''rite, supposé que l'occasion s'en présente. »
1. Voltaire ne professait pas cependant une haute opinion de cette corporation. Pendant le séjour de M. d'Alembertà
DKUNIKRKS A X NK K S DE MADAME D'ÉI'IXAY 21
M. d'F^piMay quitta Genève le IG novembre, très satisfait de l'accueil ([u'il y avait reru et enchanté d'être débarrassé pour quelque temps de sa famille. Cependant, il fît à sa femme toutes les protestations imaginables et lui écrivit à peine arrivé à Dijon.
M. d'ki'I.nay a madamt. d'ûpinav.
Do Dijon.
« Je viens d'arriver ici sans aucun accident; mais l'idée d'être séparé de vous pendant sis: mois, ma clière amie, m'afllig'e. et je sens que je m'y accoutumerai diflicileraent. Je vous demande en i;ràce de me faire donner de vos nouvelles chaque ordinaire. Depuis le jour où je vous ai vue passer en une heure de temps de la vie à la mort, je ne suis point tranquille. J'ai oidonné à [binant de m'instruire de tout; je V(jiis conjure de l'engagera être e\acl.
» l*arlons maintenant de vos amusements. On vous défend rap[)lication ; ainsi, poui" passer voire tem])s avec quelque agrément, il f.uil que vous vous foiiiiiez mie société. Mais connn(M(»lrc saiilé ncxous pcrnid-
Fornoy, où (Hait .M. Ilubor, ou proposa do faiiv cbaciin à sou
tour qUcNpir CdlUc (le voleur. I.a pl'OpOsiliou fut aii'i'ptri'.
M. Hubi'i' m le sien, iiiiun li'nuva fort gai ; M. d'AlcinlxTl ru fit Mil autre, qui ue l'était pas moins. Quand le tour de -M. lie Voltaire fut venu : ■■ ^lessieurs, leur dit-il, il y avait inie fois un fermier frénéral... Ma foi, j'ai oublié le reste. {Corr. lut.)
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trapas de sortir le soir de chez vous, je vous conseille de prendre le parti d'avoir tous les jours un sou[)er de quatre ou cinq personnes qui vous plaisent. Il ne faut pas que la dépense vous arrête ; je suppléerai à celle que vous ne pourrez pas faire, vous y pouvezcompter ; toute ma crainte est qu(^ vous ne vous ennuyiez. Il n'y a pas de moyens (pie je ne sois prêt d'emplo}cr poui' vous évitci- iVimui. Adieu, ma chère amie, dès que je serai arrivé à Paris, je vous donnerai de mes n()n\ elles et de tous ceux (jue ^ous y avez laissés. »
Après le départ de M. d'Epinay, Voltaire se montre de plus eu plus empressé.
VOLÏAIRK A MAUAMK li"i;['iNAV.
Los Délices.
« André' es! uii}iai'(\sseii\ qui n"a pas porté mes billets écrits hier au soir, selon ma louable coutume. Ces billets demaudaieni les ordres du ressusciteur et de la ressuscitée. Le carrosse ou le finci'e le ])lus doux est à leurs ordres à midi.
» Je n'ai pas un moment de santé ; je ne mange plus et j'ai des indigestions. Je suis sans inquiétude