Petit laquais de Vo taire
DEUX 1ÈRE. s ANNÉES DE M AU A .ME DÉl'lNAY 2:î
ot jo no flors point, ('/est la vecc/iiaja, la deholezza, ('[ c'est ce (jni fail que je n'ai encore pu aller chez les dévotes du révérend père Tronchin. A midi précis le fiacre part.
» Frère Y. »
MADAMK d'kPINAY A GRIMM.
Le soir.
« J'arrive de chez Voltaire, où j'ai passé une partie de la journée avec Tronchin : il est tard, malgré cela, il faut te dire nn petit mot. Voilà le premier moment où je respire et où je peu\ te dire que je ne saurais me consoler d'être séparée de toi.
» Jai fort bien soutenu cette journée; je suis IVirt contente du graml homme; il m'a accablée de politesses. Ce n'est pas sa faute si nous sommes rcveiuis ce soir en ville; il voulait nous garder. A demain. »
Les billets de Voltaire se succèdent, toujours aussi agréablement tournés.
VOLTAIRK A MADAME d'ÉPINAY.
30 novembre.
« Heureusement, madame d'Épinay ne craint point le froid; sans cela, je craindrais bien jmiu- elle ce maudit vent (hi nord, qui tue tous les petits teni-
péramenls. Puisse-Uil, madame, respecter vos grands
yeux noirs et vos pauvres nerfs! Quand honorerez-
vous notre cabane de votre présence?
VOLTAIRE A LA Ml'.MK.
2 di''('eml)i'e.
« Madame, cpiand je vous appelai la véritable jo/^zV losophe des femmes, cela n'empêcha pas que notre docteur ne iïit le \(n\[a\)\e p/riiosop/ie des /io?nmes. Il m'intitula fort mal h propos si?if/e de la j^hilosol')hie. ÏMùt à Dieu que je fusse un singe ! Mais, madame, faut-il que la pluie empêche deux têtes comme la vôtre et la sienne de venir raisonner dans mon ermitage ! Nous auions l'honneur de venir chez vous, madame, quand vous nous l'ordonnerez, quand vous voudrez nous recevoir et quand ji' serai quille de ma colique.
» Je vous présente mon respect.
Peu à peu, l'inlimiti'' devirut lello, qu'on bannit toute cérémonie.