‹ Une femme du monde au XVIIIe siècleChapitre 70 sur 106 · M. DE SAINT-PAU A LOUIS D EPINAY · texte numérisé non relu

M. DE SAINT-PAU A LOUIS D EPINAY

« M. d'Etcheverry m'a fait part de votre lettre, mon cher d'Épinay ; vous paraissez sensii)le ù mon silence, et vous avez raison, mais je n'ai pas tort ; peu de santé, beaucoup d'affaires, voilà mon excuse ; elle est faible aux yeux de la véritable amitié ; aussi, soyez-en sûr, j'aurais tout quitté si j'avais pu vous soulager. Vous connaissez mes sentiments : vous avez bien voulu en recevoirles sincères témoignages, et la façon avec laquelle vous l'avez fait a été pour moi d'un grand secours auprès de M. de Belsunce. avec qui j'ai longuement parlé de vous. Il vous aime comme si vous étiez son fils ; ménagez-le, mon cher ami, son mérite personnel et la reconnaissance vous y obligent. Eh bien ! ne voilà-t-il pas encore une morale? eh! oui, passez-la-moi, voire bien, mon attachement solide en est le seul mobile; tâchez de nous venir rejoindre, et vous regagnerez sûrement, si vous le voulez, l'estime du public et des particuliers, qui savent bien que vos fautes ne viennent que de votre âge. J'v concoui-rai de tout mon cœur; ma

:i7i) 1) K UN' lERKS ANNKKS D K .MADA.MK 1) K P 1 N A Y

maison vous sera toujours ouverte. Que n'y avez-yous toujours été ! Adieu, mon clier ami, je quitte la plume pour la donner à Mimi ' ; elle va vous dire combien nous vous avons plaint, combien ardemment nous souhaitons que vous soyez parmi nous, tel que vous devez èlre. et (pic j'espère bien que nous serez. »

M\DAMi: UK SAINT-PAL A LuLIS d'kPINAV.

« Nous sommes de moitié pour les sentiments, mon mari et moi ; il vous peint mon intérêt pour \ uus, moucher enfant, en faisant le tableau du sien : soyezen bien })('rsuadé. Personne ne vous a tant plaint (pie moi, quui(pie Itien dt'> i;ens aient pensé de même I Ah ! mon cher ami, ({ue vous vous êtes faii de mal à vous-même! et quand je vous ai distribué des conseils, c'était pour que vous n'éprou\assiez pas le triste sort que vous avez subi. Trêve de morale, me direz-vous ; je suis assez puni. Eh bien, soit ! il est juste d'adoucir un peu vos maux en les partageant. J'étais bien malade lorsque le vicomte vint à Pau, mais je lui ai bien parlé en votre faveur ; enlin mon cher ami, vous touchez, j'espère, au mument de votre liberté ; je la désire presque autant que ^ vous. Où devez-vous en jouir? C'est ce que j'ignore;

Page 1