La princesse de Beauvau écrivait à Grimm
« Je viens de lire les Conversntions d'Emilie avec un plaisir
» si sensible que je désire infiniment les avoir à uiui. Je
» ne sais où elles se trouvent. Si M. de Grimm voulait
» bien se rbarfrer de me le.* procurer, je lui l'ii aurais une
à chaque page. « Ah! la bonne maman! la digne » maman! » Et moi, je me dis tout bas : Pourquoi ne puis-je être aux pieds de l'auteur ! pourquoi mes quatre-vingt-un ans me privent-ils du bonheur de la voir et de l'entendre! pour({uoi me faut-il finir ma vie si loin d'elle ! Ah I mademoiselle de lîelsunee, que vous êtes lieureuse !
» Je ne sais où est M. Grimm. S'il est à Paris, il vous fait sa cour sans doute, et je vous demande voti-e protection, madame, pour qu'il se souvienne dt; nu)i. Vous datez de votre grabat. 11 y a dois mois que je ne suis sorti du mien. Je suppose que votre joli grabat est vers la place Vendôme ; c'est là que j'adresse mes très sincères remerciements et mes très humbles respects. »
Catherine elle-même, à qui l'auteur s'était empressé d'envoyer un exemplaire, répondit à Grimm :
«... Je lis présentement vos Com^ei^satioufi d'Emilie et je ne peux pas les quitter ; et, dès que je pouirai m'en séparer, je les ferai traduire en russe.
?) véritable obligation. Cet excellent et agréable ouvrage » m'aurait fait regretter plusieurs fois de n'être pas mère. » s'il était aussi aisé d'imiter que d'admirer celle qui a su » rètri^ avec cette sensibilité, cette raison et cette lumière. » (Bibliothèque nationale, manuscrits fr. nouv. acq. 1186.)
DKRNIKRKS ANNEES DE MADAME DKPINAY 495
C'est un livre, non seulement charmant, mais de toute iitililé pour quiconque s'intéresse à l'éducation des enfants. Hélas ! si, au lieu de se casser la tête pour faire des bêtises, les auteurs voulussent n'écrire que des choses pareilles, il y aiD-ait moins de choses inutiles dans le monde. »
i;\I,l\M V MvnAME n EPINAY,
Naples, 28 jauvior m.i.
« Savez-vous bien, ma belle dame, que vous avez pensé me taire étoiifTer à force de rire. Si j'en étais mort, votre livre en aurait été cause. Cette dixième conversation est chose incj-oyable (car le mot chefd'œuvre est trop aviU). Emilie s'est surpassée ellemême en contant ce conte des Et puis '. Mon Dieu. qael conte! Ah çà. je rêve depuis quelques jours à décider à quoi voti'e livre est bon, et je crois l'avoir trouvé. Je m'en servirai comme d'une pierre de touche pour connaître les hommes. Voici un échantillon de la table de ce nouveau bammètre.
» Ceux qui disent que ce livre est bon, utile, mais qu'on aurait pu le faire mieux et le rendre plus