‹ Une femme du monde au XVIIIe siècleChapitre 93 sur 106 · Maurice Dupiu, qui fut le père de madame George Saud · texte numérisé non relu

Maurice Dupiu, qui fut le père de madame George Saud

Pl2 DERNIERES ANNEES DE MADAME D'EIINAY

talents, qui ne s'épuisa jamais pour moi. Il avait le don de savoir toujoui's s'occuper d'une manière agréable pour les autres autant que pour lui-même, il était excellent violon, et faisait ses violons lui-même, car il était luthier, outre qu'il était horloger, architecte, tourneur, peintre, serrurier, décorateur, poète, compositeurde musique, menuisier et qu'il brodait à merveille. Je ne sais pas ce qu'il n'était pas. Le malheur, c'est qu'il mangea sa fortune à satisfaire tous ces instincts divers et à expérimenter toutes choses ; mais je n'y vis que du feu, et nous nous ruinâmes le plus aimablement du monde. Le'soir, quand nous n'étions pas en fête, il dessinait à côté de moi, tandis que je faisais du parfilage, et nous nous faisions la lecture à tour de rôle; ou bien quelques amis charmants nous entouraient et tenaient en haleine son esprit fin et fécond par une agréable causerie ". »

La mort de mademoiselle Verrière l'aînée aurait dû plonger M. d'Épinay dans une profonde douleur. Une liaison de trente ans ne se rompt pas sans laisser un grand vide. Mais il avait eu la prudence de nouer avec les deux sœurs une intimité si étroite que la disparition de l'une d'elles ne l'aflecta qu'à moitié. Ayant perdu madame de Furcy, il continua

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