George Saud, Histoire de ma vie, t. I
à vivre avec madame d'Orgemont et rien , ou bien peu de chose, ne fut changé à leur existence. Les dépenses non plus ne changèrent pas.
En 1776, M. d'Epinay parut se rendre compte de la ruine complète qui l'attendait et, dans un moment de lucidité, il céda aux prières de sa famille, et s'adressa lui-même au Châtelet de Paris, en sollicitant la nomination d'un Conseil judiciaire. Le tribunal," faisant droit à sa demande, lui désigna comme conseil ' M. Le Pot d'Auteuil, le célèbre notaire '.
Cette nomination ne rendit pas M. d'Epinay plus sage, peut-être s'en rapporta-t-il à la surveillance de son conseil qui, suivant l'usage, ne surveilla rien. En effet dix mois après, le H avril 1777, un arrêt du Parlement de Paris constatait de nouvelles dettes, des plus considérables, et ordonnait la distribution d'une partie des biens de M. d'Epinay aux créanciers.
M. Le Pot d'Auteuil résigna ses fonctions et fut remplacé par M. Pinon du Coudray, avocat au parlement et secrétaire du roi ; il s'efforça vainement de ramener son client à la raison ; endetté plus que jamais, M. d'Epinay fut même cité au tribunal des juges consuls et contraint par corps ^.