‹ Une femme passa ... Comédie en trois actesChapitre 18 sur 45 · SCÈNE XIY · texte numérisé non relu

SCÈNE XIY

Oh! Tu vas m'en vouloir... J'ai cru que demain... Dis^moi des mots méchante, je le mérite.

DARCIER, inquiet. — Tu n'es pas libre demain?

SUZETTE. — Oh! Je me rendrai libre!...

J'aurai peut-être une scène ennuyeuse avec Henri, mais...

DARCIER. — Non! Non! Je ne veux pas qu'à cause de moi, tu aies das difficultés dans ton ménage. Tant pis! A après-demain! Pour une fois, je manquerai ma consultation ; mes clients n'en mourront pas!

suzBTTE. — Au contraire !

DARCIER. — Dites donc, vous! — Alors, à après-demain, deux heures et demie... convenu... quoi qu'il arrive... promis.

SUZETTE. — ^ Juré ! Ti 1. 1

li 1 embrasse.

DARCIER. — A la bonne heure.

ALICE, dans Ja coulisse. — C'est vrai! Le docteur nous abandonne !

^ES -ÎITÊMES, SB'IONE, ALICE, MESDA- MES GKIVARD, LAVIGNE, LLDOTJX, STOUFFLE et JETTIEK, puis JUMEL- LIER, GRIVARD, SOTIMAIN, LAVI- GNE, STOUFFLE.

SIMONE, assez émue. — Je croyais que tu deA^ais venir nous rejoindre.

DARCIER. — Mais j'y allais. Je bavardais là... Ah! c'est vrai. Vous ne vous connaissez pas. Oh ! pardon ! Madame Sormain, madame Darcier... ma femme! f

SUZETTE, très (léfiagée. — Ah! madame, je suis enchantée d'avoir enfin l'occasion de faire votre connaissance.

SIMONE, contrainte. — Moins que moi, madame.

DARCIER, s' approchant . — M*™® Sormain veut bien m'honorer de sa confiance. C'est une de mes clientes les plus fidèles.

SIMONE. — J'en suis ravie.

SUZETTE. — C'est vous, au contraire, docteur, qui avez droit à toute ma reconnaissance. Et j'ai peut-être beaucoup de défauts, mais je ne suis pas une ingrate. CElle lui lance un regard significatif. Barder, gêne, se recule et bavarde arec Alice.) Madame, votre mari est notre bienfaiteur à toutes et notre ami. Il nous guérit et nous l'adorons.

SIMONE. — Mais j'en suis fière, madame.

Elle remonte.

SUZETTE, à Darcier. — Oh! oli ! J^; ne lui reviens pas.

DARCIER. — Tu es bête !

SUZETTE. — Ça m'est égal, -^a ne m'empêche pas de t'adorer.

DARCIER. — J'espère bieii.

Ils remontent.

sîMONr, à Alice. — Qu'est-ce que c'est que cette femme-là?

ALICE. — Une femme du monde.

SIMONE. — Je sais, mais encore...

ALICE. — C'est une très jolie femme.

SIMONE.- — Je le vois. Une amie?

ALICE. — Non.

SIMONE. — Tant mieux! Et il y a longtemps que tu la fréquentes?

ALICE. — Non. Ce n'est que la seconde fois qu'elle vient ici.

siMON-E. — Elle a un mari?

ALICE. — Sans doute.

si-MON-E. — Un ATai ? Un mari qu'on voit ?

ALICE. — Mais oui, il est ici. Un homme

très chic, financier, homme de sport, d'épée. Maie pourquoi toutes ces questions?"

siMOMc. — Pour rien, pour rien.

MADAME LAViGNE, possant. — Ah! docteur ! Décidément, la vie est bonne !

BAïKiER. — Je vous l'ai toujours dit.

MADAME LAVIGNE. — Eh bien, sans votre sérum, je ne l'aurais jamais cru Tenez, s'il n'y avait pas tout ce monde, je vous embrasserais.

DARCiER. — C'est trop. C'est trop. Je n'en mérite pas tant. Et puis, il y a tout ce monde. (.4. Simone.) Quand je la repiquerai celle-là, je lui couperai mon sérum avec de la fleur d'oranger.

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