‹ Une femme passa ... Comédie en trois actesChapitre 23 sur 45 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

CHARLIXES, SIMONE, ALICE, DARCIER, puis PIERRE

DARCIER, regardant Simone, ahurie, pardessus Vépaxde de Charlines. — Oui, oui, c'est nous !

SIMONE, stupéfaite, à Alice. — Qu'est-ce qui leur prend ?

CHARLINES, sc dégageant. — A moi, rien. Je suis violé! Le docteur est devenu subite-

ment fou. Mais ne craignez rien, mesdames, je suis là.

DARCIER, à Alice. — Bonjour, ma chère amie, charmé de vous voir.

ALICE. — Moi aussi, docteur.

DARCIER. — Bonjour, la Simone! Qu'est-c^ que c'est? On ne dit plus bonjour, mainte uant P

SIMONE, sérieusement. — Bonjour, mon chéri I

DARCIER. — Oh ! c'est froid ! oh .' c'est mou 1

CHARLINES. — Fais comme chez toi, JE t'en prie.

Tu as dit « mon chéri ! » et tu as prononcé « mon cher » ; n'est-ce pas, Paul ?

SIMONE, de même. — Paul, maintenant?

Tu appelles Paul, Paul?

DARCIER. — Et comment veux-tu que je l'appelle? Onésime? (A Alice.) Voifè ne voyez pas d'inconvénient, au moins, ma chère amie, à ce que j'appelle votre mari par son petit nom?

ALICE. — Aucun, docteur. Je ne suis pat jalouse.

DARCIER. — A la bonne heure. (A Charlines.) Et toi, ça ne te contrarie pas?

CHARLINES, riant. — Tu plaisantes. Fais comme chez toi, je t'en prie.

DARCIER, à Simone. — Là, tu vois, il n'y a que toi qui protestes. Merci, Paul.

CHAULINKS. — Il n'j' .T pas de quoi, Jean !

SIMONE. — ïu tiovivcs ça choie r'

DAuciKH. — Mon Dieu! Oh! non! oh! non! Pa.s cet œil ! Pas ce regard ! Brr I Je préfère redevenir sérieux. Simone, excuse-moi, je me sens un peu folâtre, aujourd'hui.

SIMONE, narquoise. — Tu peux même dire : folichon.

DAUCTER. — Mais je suis discret. Tu veux de la tenue. En voilà. {Il boufonne son veston. A Simone.) Qu'est-ce que tu as à me regarder de cette façon ?

SIMONE. — Tu m'étonnes.

DAHC'iER. — Tant mieux. Cela prouve que tu ne me connais pas encore.

SIMONE. — Peut-être.

DAUciER. — On ne se connaît jamai.s, d'ailleurs. {A Charlines.) N'est-ce pas ? Entre gens mariés du moins. A ce propos, on m'a raconté une petite hi>stoire.

(HARLiNES, tirant sa montre. — C'est que nous sommes déjà en retard.

UARciER. — Une minute. Mon histoire dure une minute, montre en main. Garde ta montre... tu ne peux pas me refu.ser ça... Paul.

CHARLINES — Sati'é Jean!

Ils remontent près de la fenêtre.

ALICE. — C'est là ce que tu appelles un homme effondré... Mais je n'ai jamais vu le docteur aussi gai. Allons, promets-moi de ne plus te tourmenter. Je viendrai te voir domain.

SIMONE. — Je t'en prie.

DAUCIER, redescendant — à Paul, joyen- .•iriiipnt. -- Hein! c'est drôle! (A Alice.) Et KO} ez moins rares. Vous ne nous .gâtez pas. Nous nous en plaignons, Simone et moi !

ALICE. — Vous êtes trop gentil.

n.VRCiER, les reconduisant. — Un amour.

(.•1 Simone.) X'est-ce pas, je suis un amour?

SIMONE. — Tu es un être charmant.

DARCIER. — Voilà!

Charlines et Alice sortent.

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