DARCIER
C'est que je ne voudrais pas te contrarier.
donner. Je refuserai les invitations ordinaires et extraordinaires, les dîners officiels, les repas de corps.
SIMONE. — Mais non, mais non. Il ne faut pas que je sois une gêne dans ta carrière. Sors, montre-toi, ne te laisse pas oublier. Et ne t'occupe pas de moi. La solitude ne m'effraye pas, au contraire. J'aime beaucoup rester vseule.
DARCIER. — ■ Qu'est-ce que tu fais?
siMON'E. — Je lis et je réfléchis.
DARCIER. — • A quoi?
siMONT.. — A mille choses que je te dirai plus tard, quand tu sortiras moins.
DARCIER. — Par exemple !
SIMONE. — NoQ, plus tard. Aujourd'hui,
SIMONE. — Oh!... elle est déjà prévenue en ta faA-eiir. Seulement, il faudra tout de même faire quelque chose.
DARCIER. — Quoi?
SIMONE. — A toi de trouver. [Elle se lève.) Je te laisse.
DARCIER. — Simone, tu n'as pas cessé au moins d'être mon amie?
SIMONE. — Au contraire.
DARCIER. — Tu es mon amie plus que tu ne l'as jamais été?
SIMONE, profondément. — Cela oui, je te l'assure.
DARCIER, assez ému. — Je t'en remercie.
SIMONE, profondément. — Je sens que tv as besoin de toute mon amitié.
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DARciER. — C'est vrai !
SIMONE, grave. — Je te la donne. Je ne veux pas chercher ce qui se passe en toi en ce moment. Quoi qu'il y ait. quoi qu'il arrive, tu me trouveras là, près de toi. Je ne te manquerai jamais.
DARtiER, cmu. — Simone!
siMO.NE. — Je n'admets pas que rien puisse m éloigner de toi, même que tu t'éloignes de moi.
DARCIER. — Mais c'eit impossible!
si.MO.NE. — Cela te manque donc?
DARCIER. — Mais oui.
SIMONE, elle s'approche, fait un effort pour l'embrasser, puis y renonce. — Je piéfère te donner la main.
DARCIER. — Comme un homme?
SIMONE. — Comme une compagne.
DARCIER. — Il y a des ge«tes plue tendres.
SIMONE. — Peut-être^ mais il n'v en a pas de plus confiant.
SIMO:iE. — Je sex.< oue tv as bl;soin de tocte mon amitié.
SIMONE, s' éloignant . — J'espère !
DAiiciER, sasscyant. — Je vais classer mes notes en attendant Bourland. A tout à riieure.
SIMONE. — A tout ù rijouve
Elle remonte.
DARCIER, l'arrêtant. — Dis donc, autrefois, eh ! mon Dieu ! il n'y a pas encore très longtemps, quand tu me laissais seul avec mon travail, tu ne manquais jamais de m'embra.sser. Cela me donnait du courage. Il m'en faut souvent pour venir à bout de ces féroces petites paperasses. Depuis quelques mois, tu as renoncé à ces gentilles façons. C'est dommage,
DARCIER. — Comme tu voudras.
Il lui tend la main.
SIMONE. — Ta main est fiévreuse.
DARCIER, riant. — Tu vas me donner uiio consultation ?
SIMONE. — Ta main est fiévreuse, Jean!
Ton travail de tout à l'heure ne vaudra pas grand'chose, je te préviens.
DARCIER. — Je vais tâcher de te donner tort.
SIMONE. — Je ne demande pas mieux.
Elle sort à gauche.
lOI