‹ Une femme passa ... Comédie en trois actesChapitre 25 sur 45 · DARCIER · texte numérisé non relu

DARCIER

C'est que je ne voudrais pas te contrarier.

donner. Je refuserai les invitations ordinaires et extraordinaires, les dîners officiels, les repas de corps.

SIMONE. — Mais non, mais non. Il ne faut pas que je sois une gêne dans ta carrière. Sors, montre-toi, ne te laisse pas oublier. Et ne t'occupe pas de moi. La solitude ne m'effraye pas, au contraire. J'aime beaucoup rester vseule.

DARCIER. — ■ Qu'est-ce que tu fais?

siMON'E. — Je lis et je réfléchis.

DARCIER. — • A quoi?

siMONT.. — A mille choses que je te dirai plus tard, quand tu sortiras moins.

DARCIER. — Par exemple !

SIMONE. — NoQ, plus tard. Aujourd'hui,

SIMONE. — Oh!... elle est déjà prévenue en ta faA-eiir. Seulement, il faudra tout de même faire quelque chose.

DARCIER. — Quoi?

SIMONE. — A toi de trouver. [Elle se lève.) Je te laisse.

DARCIER. — Simone, tu n'as pas cessé au moins d'être mon amie?

SIMONE. — Au contraire.

DARCIER. — Tu es mon amie plus que tu ne l'as jamais été?

SIMONE, profondément. — Cela oui, je te l'assure.

DARCIER, assez ému. — Je t'en remercie.

SIMONE, profondément. — Je sens que tv as besoin de toute mon amitié.

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DARciER. — C'est vrai !

SIMONE, grave. — Je te la donne. Je ne veux pas chercher ce qui se passe en toi en ce moment. Quoi qu'il y ait. quoi qu'il arrive, tu me trouveras là, près de toi. Je ne te manquerai jamais.

DARtiER, cmu. — Simone!

siMO.NE. — Je n'admets pas que rien puisse m éloigner de toi, même que tu t'éloignes de moi.

DARCIER. — Mais c'eit impossible!

si.MO.NE. — Cela te manque donc?

DARCIER. — Mais oui.

SIMONE, elle s'approche, fait un effort pour l'embrasser, puis y renonce. — Je piéfère te donner la main.

DARCIER. — Comme un homme?

SIMONE. — Comme une compagne.

DARCIER. — Il y a des ge«tes plue tendres.

SIMONE. — Peut-être^ mais il n'v en a pas de plus confiant.

SIMO:iE. — Je sex.< oue tv as bl;soin de tocte mon amitié.

SIMONE, s' éloignant . — J'espère !

DAiiciER, sasscyant. — Je vais classer mes notes en attendant Bourland. A tout à riieure.

SIMONE. — A tout ù rijouve

Elle remonte.

DARCIER, l'arrêtant. — Dis donc, autrefois, eh ! mon Dieu ! il n'y a pas encore très longtemps, quand tu me laissais seul avec mon travail, tu ne manquais jamais de m'embra.sser. Cela me donnait du courage. Il m'en faut souvent pour venir à bout de ces féroces petites paperasses. Depuis quelques mois, tu as renoncé à ces gentilles façons. C'est dommage,

DARCIER. — Comme tu voudras.

Il lui tend la main.

SIMONE. — Ta main est fiévreuse.

DARCIER, riant. — Tu vas me donner uiio consultation ?

SIMONE. — Ta main est fiévreuse, Jean!

Ton travail de tout à l'heure ne vaudra pas grand'chose, je te préviens.

DARCIER. — Je vais tâcher de te donner tort.

SIMONE. — Je ne demande pas mieux.

Elle sort à gauche.

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