‹ Une Fete Bresilienne Celebree a rouen en 1550Chapitre 10 sur 18 · EN EE · texte numérisé non relu

EN EE

lei il est bien évident que le rhythme poétique d’une langue savante a été adroitement adapté à l’idiome des Indiens; cc fragment est de Christovam Valente, et les amateurs de linguistique trouveront plusieurs morceaux de ce genre, dans le catéchisme écrit en portugais par A. de Araujo en 1618, et publié en 1681. Malheureusement, les livres de cette nature, sont beaucoup moins nombreux que ceux qui ont été composés au Pérou en quichua et en aymara; ils auroient encore cependant une réelle utilité, puisque de nos jours même, et dans la vaste province du Parä, nombre de personnes parlent l’idiome quelque peu alteré, il est vrai, des anciens dominateurs du Brésil ; tandis qu’au Paraguay l’idiome si doux des Guaranis est encore en usage. Dans le nord du Brésil les chants consacrés aux cérémonies du christianisme n’ont pas cessé même d’être adaptés aux besoins du culte; mais il n’y a guère que sur les bords du fleuve des Amazones qu’on en fasse retentir encore les églises. Dans son essai sur la Corographie du Par&, ouvrage trop rare en France , M. Monteiro Baena donne un de ces cantiques, et nous le reproduirons avec la traduction, en faisant observer que dans le texte original on n’a point observé de division.

Santa Maria curan puranga Imembuira iauera iuté pupé Oicou curussà uassü pupé Janga turama rerassü

«Sainte-Marie est une femme, elle est belle, son fils lui ressemble ; il est au haut des cieux, sur une grande croix, et là il garde notre âme. »

Je ne sais, mais dans cette image à la fois si simple et si grande, il semble que le poëte indien ait emprunté quelque chose au génie de l’immortel Vieira. 11 ne faut pas l’oublier, le nom de ce pasteur infatigable qui fit, dit-on, 14 000 lieues dans le désert, se lie à toutes les institutions qui dans l’Amazonie civilisèrent les Indiens, et l’homme qui trouva des pages

si éloquentes sur les rives du grand fleuve, put inspirer aux catéchumènes quelques-unes de ses nobles pensées.

Cet échantillon poétique n’est pas du reste le seul qui puisse servir à prouver combien les Brésiliens instruits, des derniers siècles, étoient parvenus à s’assimiler les secrets principes des langues indigènes. M. Monteiro Baena, cite entre autres, un gouverneur, Alexandre de Souza Freire, qui vers 1731, étoit si habile en langue tupique (lingoa geral), qu’on a vu de lui des stances en octava rima, qui jusqu’à nos jours, m’a-t-on dit, ont conservé de la célébrité. Il nous seroit facile de multiplier ces fragmens de poésies hybrides, surtout si nous les empruntions aux livres guaranis, qui furent si répandus jadis par les jésuites du Paraguay, et qui offrent les plus frappantes analogies, comme on sait, avec les traités écrits dans la lingoa geral. Nous nous contenterons de citer un ouvrage espagnol, publié à Lisbonne, et presque ignoré au Brésil, c’est celui de Sardiña Mimoso, il est intitulé : Relacion de la real tragi-comedia con que los padres de la compañia de Jesus de Lisboa recibieron, à Felippe II de Portugal. Lisboa, 1620, in-4. Ce curieux ouvrage renferme des compositions poétiques en castillan, en latin et en langue brésilienne.

Nous donnerons ici le texte d’une chanson brésilienne beaucoup plus moderne, et qui appartient à une autre nation. Ce fragment n'offre pas un bien vif intérêt sans doute, mais il sert à prouver une fois de plus, que les hommes , à quelque race qu’ils appartiennent, ont en commun une série d’idées poétiques qui se renouvellent dans toutes les conditions et sous tous les climats.

Vänaxicarü xicarû priué-priué Carimanarüe

Yacämenà, yacamenà

Aritarué, yacaménä.

« Tandis que nous sommes en santé, il nous faut rire et boire; lorsque nous serons malades, les chants et les ris cesseront. »

LH

Ce chant a été transmis par les Paravianos de l’extrème nord du Brésil.

Voyez Memorias da Academia real das Sciencias de Lisboa , tom. X, p. 241. ù

Ce qui rend ce fragment doublement précieux, c’est que les chants brésiliens sont improvisés pour la plupart, et ont été bien rarement recueillis par l'impression; de tout temps les Indiens joignirent à leurs poésies traditionnelles des chants composés spontanément et presque aussitôt oubliés.

Le savant et naïf Warden, après avoir consacré dans sa chronologie un paragraphe à ce qu’il appelle Les arts d'agrément ( chez les sauvages), ajoute que les Tamoyos possédaient le talent de faire des impromptus. Les Tamoyos, anciens dominateurs du cap Frio et d’une partie de la baie de Rio- Janeiro, qu’ils désignoient sous le nom de Wicterohy; les Tamayos, dis-je, partageoient cette faculté avec la plupart des Indiens, mais ils l’exerçoient plus fréquemment parce qu'ils étoient dépositaires des grandes traditions poétiques et mythologiques du pays. Dans le mouvement si prononcé et si louable qui entraîne les littérateurs brésiliens vers l’étude des antiquités de leur beau pays, cette nation devra être l’objet-d’un sérieux examen. Comme l’a très-bien fait observer M. d’Orbigoy à propos d’une tribu lointaine de l’intérieur de l’Amérique du Sud, qu’il désigne sous le nom de Guarayos, T'amoi veut dire grand-père. Toules les personnes qui ont présent à la pensée l'excellent livre d'Heckewelder sur les Américains du Nord, savent ce que signifie ce nom, appliqué à une tribu. Il caractérise la souche primitive, la race dépositaire des origines. L’idiome des Tamoyÿos , qui est celui des Tupinambas, n’a pas cessé d’être cultivé , comme on le croit quelquefois en France , et nous le répétons, il a fourni plus d’un document littéraire complétemént oublié de nos jours.

La pièce la plus curieuse et la plus importante, sans contredit, qui nous ait été léguée par le xvie et le xvn° siècle dans la languc des Tupinambas, est un drame religieux qui ne

fut jamais imprimé, mais que l’on représenta. Anchieta étoit poële, et poëte plein d'enthousiasme, car Vasconcellos nous le représente errant dans les grandes forêts de l'Amérique et demandant à cette nature splendide des inspirations dignes du poëme qu’il consacroit à la Vierge et que deux ouvrages du xvi° siècle nous ont conservé (voy. la Chronique générale de la compagnie de Jésus, et la vie d’Anchieta). Lorsqu'il se fut initié suffisamment aux secrètes beautés des langues indiennes, l’un de ses premiers soins fut de substituer des chants graves aux chants grossiers qui circuloient parmi les vieux marins et les nouveaux néophytes ; il réussit au delà de ses espérances, et ses pieux cantiques, nous dit son ancien biographe, furent accueillis avec tant d'enthousiasme, que de nuit et de jour les places en résonnoient. À l’église, ils se méloient encore aux chants de la doctrine chrétienne; le nom de Dieu retentissoit ainsi harmonieusement, nous dit le chroniqueur, parmi les chrétiens, qu'ils fussent brésiliens ou portugais. Le poëte missionnaire osa bientôt davantage ; il essaya de faire une comédie pour l'édification de ses ouailles, chose qui n’avoit jamais été vue au Brésil! continue le biographe. Il eût pu ajouter : chose rare en Portugal, car Gil Vicente seul osoit aborder avec succès, sur la scène, les sujets religieux. Pour être exact, cependant, il faut se hâter de le dire, le drame du P. Joseph Anchieta, n’étoit pas composé uniquement dans l’idiome des Indiens. Entre les Jornadas on avoit introduit des espèces d’intermèdes composés en langue tupique. La pièce une fois écrite, on trouva sur-le-champ de jeunes cathécumènes pour la représenter. Ce qu’il y a de plus curieux, c’est que le bruit de cette fête semi-religieuse, semi-mondaine, s’étant répandu dans les solitudes inexplorées de la province, on vit arriver de tous les coins de la colonie une foule d’auditeurs, les uns portugais , les autres indiens, à demi sauvages. Dans la bourgade de San Vicente, alors tout à fait naissante, on avoit dressé un théâtre à ciel découvert; l'auditoire passablement étrange observoit le plus scrupuleux silence, et la

ÉTAT es

pièce alloit commencer lorsqu'on vit se former à l'horizon une de ces tempêtes comme on en voit dans le voisinage des tropiques seulement. A la vue de son public qui s’enfuyoit, qui au bois, qui vers les cabanes, le digne père Joseph, doublement désolé, comme missionnaire ardent et comme poëte, ranime ioute son énergie et parvient à calmer cette terreur. Heureusement ce n’étoit qu’une terreur panique : le ciel redevint serein et la pièce eut le plus éclatant succès; elle dura trois heures aux applaudissemens de tous, nous dit le vieux biographe qui mêle un peu naïvement dans cette occasion le miracle au succès dramatique. La pièce d’Anchieta portoit le titre de Pregaçam universal et fut conservée par les pères de la compagnie ;

Le manuscrit existe-t-il encore ? Il ne seroit certes pas sans intérêt pour l’histoire littéraire du Brésil de faire quelques perquisitions touchant ce drame original dont Vasconcellos nous a conservé deux curieux fragmens en portugais. Quant à l’anecdote que nous citons , il faut lire pour la rencontrer le livre rarissime intitulé : Vida del padre Joseph de Anchieta, traduzida de latin en castellano por al padre Estevan de Palernina, de la misma compañia y natural de Logrono. Salamanca, 1618, 1 vol. in-12. Rappelons à propos de cette curiosité bibliographique, que la vie d’Anchieta avoit été rédigée primitivement en portugais par le père Pedro Rodriguez, provincial du Brésil. Le P. général Claudio Aquaviva l’envoyaà Rome, où un humaniste habile, Sebastian Beretano rédigea en latin la biographie de l’apôtre. Il la divisa en cinq livres ; mais le traducteur espagnol s'étant procuré de nouveaux documens sur la vie du digne missionnaire , s’empressa de faire des additions au travail de Beretano , tandis qu’il abrégea d’autres parties de son ouvrage. L'éditeur d’un recueil intéressant sur la littérature brésilienne, M. P. da Sylva, ne nous laisse guère d'espoir, il faut en convenir, touchant les découvertes littéraires que l’on pourra faire en langue tupique. L'auteur de ces notes croit cependant avoir réuni ici quelques documens mis en regard, du moins pour la première fois, et qui prouvent

ER

que toutes recherches ne seroient point infructueuses. Un poëte distingué et fort apprécié en Portugal et au Brésil, M. Magalhaens, pense avec raison que les bibliothèques des couvents, et spécialement celles de Bahia, fourniront tôt ou tard divers renseignemens sur ce point : « Quelle valeur n’auroient pas pour nous, dit-il, les monumens poétiques de ces peuples incultes, qui ont disparu pour ainsi dire de la surface du globe, et qu’on vit si passionnés pour la liberté qu'ils préféroient tomber sous les efforts des Portugais plutôt que de se soumettre au joug. » Voy. Niterohy Revista brasiliense, p. 157. Anchieta, né aux Canaries en 1533, faisoit fort bien des vers portugais. Il avoit composé dans le désert une vie de la Vierge en 5700 vers latins qu’il avoit confiés uniquement à sa mémoire et dont il n’avoit pas oublié un distique, lorsqu'il s’agit de les transmettre sur le papier. Cardoso possédoit une copie de ce poëme, faite par Christovam de Gouvea, l’un des pères de la compagnie, et Vasconcellos n’en parloit pas sans admiration; il se tait sur les poésies portugaises d’Anchieta. Voici quelques vers de l’infatigable apôtre, qui durent être faits dans les derniers jours de sa vie :

Vime agora n’um espelho E comecei a dizer, Corcéz toma bom conselho E faze bom aparelho, Porque cedo as de morrer.

Mas com juntamente ver O beiço hum pouco vermelho, Disse fraco estàs, e velho, Mas pode ser, que Deos quer Que vivas para conselho.

Voy. George Cardoso. Agiologio lusitano, Lisboa, 1639, 3 vol. pet. in-fol.

Nous avons cité ces vers touchans, parce qu’ils n’ont pas été reproduits, que nous sachions du moins, dans les biographies modernes et qu’ils pourront servir aux investigateurs futurs

pour retrouver quelques autres poésies en langue vulgaire, dus au même missionnaire, et dont la découverte intéresseroit à un si haut degré les amis de la littérature brésilienne. Nous renvoyons pour tous les autres détails qu'on désireroit sur Anchieta à l'excellent livre qu'a publié en 1847 M. Pereira da Sylva, sous le titre de Plutarque brésilien. — Après tous les hommes cités dans cette note, le religieux qui paroît avoir le mieux possédé l’idiome des Tupinambas est encore un jésuite, qu'on désigne simplement sous le nom du P. Antonio. Né dans l’île de S. Miguel, en 1566, il passa au collége de Bahia, puis s’enfonça dans les forêts du Brésil et devint si habile dans la langue des indigènes, qu'on l’eût cru né parmi ces barbares, dit Barbosa Machado, l’auteur de la Bibliotheca lusitana. Le P. Antonio mourut en 1632. Son travail est intitulé : Cathechismo na lingua brasilica, composto a modo de dialogos por Padres doutos e boas linguas da companhia de Jesus, etc. Lisboa, Pedro Crasbeeck, 1618, 1 vol. in-8; il y a eu une deuxième édition de ce livre rarissime, corrigée par le P. Bartholameu de Leao.

Ce qui donne à supposer qu'on verra se réaliser quelque jour les conjectures de M. Magalhaes, c’est l’apparition inattendue d’un petit livre écrit dans un style charmant et que l’on doit à un missionnaire jusqu'alors inconnu; nous voulons parler du P. Fernao Cardim. Cet apôtre du Brésil, oublié depuis près de trois siècles, arriva à la baie de San Salvador au temps où les missions de la compagnie comptoient sur ce point seulement huit mille Indiens ; doué d’un sentiment poétique, d’une rare délicatesse et qui se révèle comme à son insu dans chacune des lettres confidentielles qu’il a écrites à un supérieur, il ne tarit point sur les danses dramatiques des Indiens, sur leurs chants naïfs, sur la noble gravité de leurs harangues. Ce qui étoit une rareté au temps du père Anchieta est pour ainsi dire une chose vulgaire à la fin du siècle, et le P. Cardim parle à diverses reprises de ces pastorales en trois langues que les cathécumènes représentoient sous les grands arbres du

AU

rivage à toutes les occasions solennelles , telles que la célébration des grandes fêtes de l’Église ou l’arrivée d’un nouveau missionnaire.

Si ces petits drames religieux, dans lesquels l’idiome des Indiens se mêloit au dialecte espagnol et portugais, sont à regretter, ce qui est plus digne de regrets encore, c’est la perte de ces improvisations si passionnées que le P. Cardim entendit fréquemment et qui, il le dit d'une manière positive, étoient accentuéesdetelle sorte, qu’il ÿ reconnoissoit un rhythme bien réel puisqu'il les désigne sous le nom de #rovas. Une chose remarquable d’ailleurs, chose sur laquelle les vieux voyageurs avoient gardé le silence jusqu’au temps de Cardim, c’est la rare faculté des femmes indiennes pour la poésie. « Ce sont, dit le bon missionnaire, d’insignes improvisatrices. » Les chants qu’on répétoit traditionnellement et dont les Payés restoient dépositaires, devoient être bien anciens, s’ils n’étoient soumis à des règles particulières, puisque les pères, devenus si habiles dans la langue tupique, avouoient qu’on ne les entendoit pas toujours, en disant néanmoins comme notre vieux Lery, que c’étoient « chants de batailles ou souvenirs des ancétres. » Un fait à rapprocher aussi du récit de 1557, c’est cette litanie dans laquelle reparoissent les noms des animaux dont les cris sont imités. « Ils contrefont, dit Cardim , les oiseaux, les serpents et d’autres créatures, le tout rhythmé par comparaison, pour s’inciter à combattre. » Un dé nos plus habiles observateurs parmi les voyageurs modernes, M. Auguste de Saint-Hilaire, a remarqué ces monotones énumérations d’animaux dans les chants des Macunis, et l’on a pu voir par le efrain que cite Montaigne, qu’elles ne se mêloient pas toujours à un cri de guerre , et qu’elles n’étoient pas non plus dépourvues de grâce.

Gabriel Soares qui vivoit précisément au temps de Cardim dans la baie de San Salvador, est tout aussi explicite que lui sur ceschantstraditionnels, etilenindiqueainsisommairementla

forme rhythmique. «Les musiciens, dit-il, composentdes thèmes À

impromptus , ainsi que les refrains (vo/tas), qui se terminent selon la consonnance du couplet; un seul dit la chanson , et les autres répondent en répétant la fin du motif. »

Un second fait nous est révélé par Cardim; c’est qu’indépendamment de ces chants il y avoit un enseignement régulier des traditions, cetenseignementsolennelconfiéaux Payés, quiétoient à la fois les devins, les médecins et les poëtes de la tribu, se prolongeoit quelquefois durant la nuit entière. Qui peut nous dire aujourd’hui ce que l’on cherchoità préserver del’oubli durant ces longues narrations? Un de nos vieux voyageurs qui se les fit expliquer fut frappé de leurs rapports avec les mythes de l’antiquité grecque. Nul rhapsode ne s’est montré au xvi° siècle pour garder ces belles traditions, et elles se sont éteintes ; heureux s’il se fût trouvé parmi nos poëtes du temps de Henri II un esprit assez bien inspiré pour interroger curieusement les interprètes qui figuroient à l'entrée de Rouen, il eût échangé son obscurité contre un l0z immortel , pour me servir d’une expression du temps ; Montaigne le disoit dès lors : « La poésie populaire et purement naturelle a des naïvetés et grâces par où elle se compare à la principale beauté de la poésie parfaite selon l’art, comme il se veoid ez villanelles de Gascoigne et aux chansons qu’on nous rapporte des nations qui n’ont cognoissance d’aulcune science ni mesme d’escripture. La poésie médiocre qui s’arreste entre deux est desdaignée, sans honneur et sans prix. »

Mais j'oublie que ces notes ne sont que des notes purement bibliographiques , et je conclus qu’en ces sortes de matières si panfaitement oubliées jusqu’à ce jour, il faut relire Lery, Thevet, Hans-Staden , Soares et Cardim ; le livre de ce dernier a paru récemment à Lisbonne sous le titre suivant : Narrativa epistolar de uma viagem e missao jesuitica pela Bahia, Iheos, Porto Sequro, Pernambuco, Espirito Santo, Rio de Janeiro, S. Vicente (S. Paulo), etc., pelo P. Fernao Cardim. Lisboa, 1847, 1 vol. in-12. — Le P. Fernao Cardim après avoir été choisi par Anchieta pour être son confesseur, finit par être

—— bi —

provincial de son ordre. Il résidait à Bahia vers 1609, ct assista à l'exhumation de son illustre pénitent.

(Note 10, p. 43),

Pedro Alvarez Cabral (par contraction Pedralvez).

Pedro Alvarez Cabral, le compagnon des premiers navigateurs qui illustrèrent le Portugal , heureux marin qui découvrit le Brésil, naquit d’une famille illustre. Dès son adolescence, il prit part aux vastes entreprises d’'Emmanuel, et, le 9 mars de l’année 1500, ayant été chargé de l’expédition qui devoit succéder à celle de Gama, il arriva le 22 avril en vue de cette fertile contrée, qu’il désigna d’abord sous le nom de Vera Cruz, et qu’on appela un moment, par une bizarre erreur, l’île de Santa Cruz. Il envoya au roi, comme on sait, Pedro de Lemos pour lui annoncer la grande découverte racontée en termes si sincères par Pedro Vas de Caminha, et il poursuivit sa navigation vers l'Orient. Il essuya une effroyable tempête vers les parages du Cap, et il perdit quatre de ses navires. Nousnelesuivrons ni dans sa relâche à Quiloa, ni dans son arrivée à Mélinde où quinze navires furent embrasés par ses ordres. Dès le 31 juillet 1501, il étoit de retour à Lisbonne ; Emmanuel le reçut avec des honneurs extraordinaires. L'histoire ne nous apprend pas qu’ilaitcommandé d’autres expéditions mémorables, Larelation originale de son voyage est restée manuscrite; Ramusio la traduisit en latin et elle a paru dans la collection de Grinæus en 1555. Ramusio donna également cette relation en italien, dans son édition de Venise, 1565.

Les personnes versées dans l’histoire dé l'Amérique du Sud savent qu’il n'existe pasuneseule biographie quelque peu exacte del’heureux navigateur. Nous avons trouvé dans un manuseritde la Bibliothèque nationale plusieurs dates ét plusieurs faits auxquels il faudra avoir désormais recours pour établir d’une manière moins vague qu’on ne l’a pu faire jusqu’à présent l’époque de la mort du premier explorateur d’un grand mp

LS NT a

Pedro Alvarez Cabral appartenoit, nous l'avons dit, à l'une des meilleures familles du royaume ; il étoit fils de Fernando Cabral, seigneur de Zurara da Beira, alcaïde mér de Belmonte. Tous les historiens se taisent sur l’année dè sa naissance, et sa vie privée est restée si peu connue qu’on en est réduit à considérer comme une bonne fortune historique la possibilité de grouper quelques faits et de poser des bases pour une future biographie.

Ce qu’on savoit de science certaine, c’est que Cabral avoit épousé dona Isabel de Castro , et quand bien même Barbosa nous eûl laissé ignorer cette circonstance, elle nous eût été révélée en 1839 par M. Adolfo de Varnhageu, l’un des Brésiliens les plus laborieux et les plus instruits de notre temps. Ce jeune savant eut en effet occasion de reconnaître, vers l’époque signalée plus haut, l’humble tombe de Cabral danslasacristie du couvent da Graça à Santarem ; il copia l'inscription qu’on y lisoit alors, et il s’empressa de faire parvenir ce précieux document aux savans du Brésil qui devoient y trouver un commencement de solution à plusieurs doutes.

La pierre du couvent da Graça est moins explicite dans ses révélations que le manuscrit de la Bibliothèque nationale dont nous produisons le témoignage; elle confirme sans doute un fait déjà connu et elle atteste l'union de Cabral avec l’une des plus grandes dames de la cour de Joäo III, mais elle laisse un champ trop vaste aux conjectures touchant le point capital qu’elle devoit révéler. Selon toute probabilité, dona Isabelle devint veuve dans les premiers mois de l’année 1526, et cette date, acquise à l’histoire par un document copié sur une pièce de la Torre do Tombo, ne peut manquer de mettre bientôt sur la voie pour découvrir toute la vérité.

L’épitaphe du célèbre navigateur nous a été transmise par l’Institut historique de Rio de Janeiro; elle est conçue en ces termes, nous ne changeons rien à son orthographe :

Aquyjaz Pedralvares Cabral e dona Isabel de Castro sua molher, cujà he este capella he de todos seus erdeyros, aquall

rues

depois da morte de seu marydo foi camareira mor da ifanta dona Marya fylha de el Rey do Joao noso Sñor hu terceyro deste nome.

M. Adolfo Varnhagen fait remarquer avec raison que l’infante dona Maria étant née à Coïmbre le 15 octobre 1527, et étant morte en couche le 12 juillet 1545, on était fondé à supposer que la mort de Cabral avait eu lieu de 1527 à 1545.

LeMs de la Bib. nat. laisse bien moins de doutes sur l’époque précise du décès de l’illustre marin. On y voit que le 20 mars 1526, une pension (fença) de 20 000r. est accordée à celle qui fut sa femme. Le 9 avril de la même année, une pension équivalente avoit été accordée au fils aîné, et l’on peut supposer que cette faveur n’étoit faite au fils de dona Isabelle que parce qu'il venoit de perdre son père. Le 8 octobre, un autre descendant direct du capitao môr reçoit également une pension de 20 000 r. Ces grâces sont suivies de plusieurs avantages concédés à la veuve en 1529.

Le volume de la Bibliothèque nat. nous fait voir en quelle faveur le fils aîné de P. A. Cabral étoit à la cour : on lui accorde des terres, ou pour mieux dire on confirme pour lui la donation de Zurara, Manteiga, Moimenta et Tavares; sans aucun doute D. Fernando Cabral dut occuper un certain rang à la cour de Joao lII. Un autre fils de Pedralvarez, qui porte lenom d’Antonio et qui participe aux faveurs du roi, reçoit de son côté certains avantages effectifs; on sent déjà sans doute de quel poids sera la découverte du Brésil dans les destinées de la monarchie. Le 8 juin 1534, la veuve de l’illustre capitaine est nommée Camareira mor de l’infante dona Maria; puis, le 7 mars 1536, Joam Roiz Cabral, fils de Fernand, et petit-fils du capitao mr, est confirmé à son tour dans la possession des terres de Zurara, de Manteiga et de Moimenta. Cette énumération se termine par la concession de villa de Belmonte, qui cependant faisoit partie des apanages de la famille. Barbosa commet, je crois, une légère erreur en affirmant que les fils de Cabral moururent sans postérité: le célèbre marin eut deux

die

filles : dona Constança de Noronha, qui se maria avec Nuno Furtado, commandeur de Cardiga, et dona Guiomar de Castro, qui entra dans la vie religieuse et prit le voile chez les Dominicaines. «

Les individus notables qui prirent part à la découverte du Brésil sont nommés par Barros :

Pedralvarez Cabral, capitao mér; Sancho de Toar, fils de Martin Fernandez de Toar; Simao de Miranda, fils de Diego de Azevedo; Ayres Gomez da Silva, fils de Pero da Silva ; Vasco de Taïde et Pero de Taïde, surnommé /nferno; Nicolao Coelho, qui avoit été avec Vasco da Gama; Barthoïiomeu Dias, celui auquel on devoit la découverte du cap de Bonne- Espérance et qui quitta la flotte; Pero Dias, Nuno Leitao, Gaspar de Lemos, Luis Pirez e Simao de Pina (1200 hommes environ composoient l’expédition).

Cabral avoit embarqué un assez grand nombre d’ecclésiastiques; on comptoit d’une part huit religieux de l’ordre des Franciscains, dont étoit gardien fray Henrique, nommé depuis évêque de Ceuta, et confesseur de Joao III. C’étoit, dit Barros, un homme de vie très-pieuse et de grande prudence ; l'historien des Indes nomme encore huit chapelains et un vicaire. Mais le personnage le plus intéressant au point de vue historique, parmi ces hommes de guerre ou ces religieux, est sans contredit Pedro Vas de Caminha, qui a donné à l’Europe la première relation que l’on ait eue sur le Brésil. Aucune biographie portugaise ne fait mention de lui. Tout ce que nous pouvons savoir, c’est qu'il étoit l’un des deux écrivains qui accompagnoient le receveur de l’impôt royal, Ayres Correa, nommé feitor pour résider à Calieut, et qui avoit rang d’a/moxarife. Nous n'avons pas une idée bien précise de ce que pouvoit être un écrivain d’almoxarife, mais Pedro Vas de Caminha n’occupoit même pas le premier rang dans cet office, Gonçalo Gil Barbosa est nommé avant lui. Ce qu’il y a de certain, c’est que Pedro Vas étoit infailliblement d’un âge mûr lorsqu'il entreprit ce grand voyage, car il supplie le roi de

faire revenir son gendre de l'ile de S. Thomé; d’un autre côté, il parle d’une manière assez familière à Emmanuel, et comme un homme habitué à approcher la personne royale. Son récit adressé à ce monarque, et fait en vue de terre le 1* mai de l’année 1500, est un véritable chef-d'œuvre que l’on a traduit dans toutes les langues, mais qui attend encore un texte épuré.

Ce qu’on ne sait pas généralement en France, c’est que la première histoire du Brésil, digne de ce nom au moins quant au style, est due à un maître d'école nommé Magalhaes de Gandavo. Cet ouvrage parut deux ans avant l’Histoire d’un voyage Jait en la terre du Brésil, dite Amérique, donnée par Jean de Lery; il porte le titre suivant, et a été traduit dans l’intéressante collection de M. Ternaux-Compans, où une légère erreur typographique a altéré le nom de l’auteur : Voy. Pero de Magalhaes de Gandavo : Historia da provincia de Sancta Cruz a que vulgarmente chamamos Brasil. Lisboa, 1576, 1 vol. in-4°.

(Note 44, p. 44). Un ornement des Tupinambas.

Cet étrange ornement, qu’on trouve presque identique à celui du Brésil, depuis le port Mulgrave et les iles de la Reine Charlotte, jusqu'aux régions patagoniennes (du moins chez certaines tribus), avoit acquis toute sa variété et toute sa bizarrerie parmi les Tupinambas de la côte. Voici ce que dit à ce propos un auteur contemporain de la fête de Henri I : « Ils ont coutume de se percer la lèvre inférieure, ce qu’ils font dès leur tendre enfance, avec une forte épine. Ils y plaçent alors une petite pierre ou un petit morceau de bois ; ils guérissent la plaie avec un onguent et le trou reste ouvert; quand ils sont devenus grands et en état de porter les armes, ils agrandissent ce trou et y introduisent une pierre verte; ils placent dans la lèvre le bout le moins large et cette pierre est ordinairement si lourde qu’elle leur fait pendre en dehors la lèvre infé-

rieure, et ils y mettent des pierres de la même manière; ils arrondissent ces pierres à force de les frotter. Quelques-uns ont des morceaux de cristal, qui sont plus minces, mais aussi longs. Hans Staden, Hist. d'un pays situé dans le nouveau monde, collect. de M. Ternaux-Compans, p. 269. Voy. aussi la Revista trimensal, t. 1, p. 299, et un article donné par nous dans le Magasin pittoresque de 1850. Dix-huit portraits placés eu regard font saisir aisément la singularité du fait ethnographique signalé ici. ;

(Note 12, p. 44).

Commerce des indigènes du Brésil avec la France au xvi° siècle ; le bois de teinture, les perroquets, les ara, les singes.— Rapports qui existoient entre Rouen et le Brésil, antérieurement et postérieurement à l'entrée de Henri IL.

L'ibirapitanga ou bois du Brésil, que Jean de Lery nomme Araboutan, fut pendant lorigtemps le seul objet commercial important qui appela les Rouennais dans l’Amérique du Sud. Moyennant quelques bagatelles, les Indiens alloient débiter ce bois dans les forêts lointaines, et ils le rapportoient toujours à dos d'hommes en bravant d’horribles fatigues. De grandes fortunes furent réalisées à Rouen grâce à ce trafic. Dans un beau livre qu'on n’étudie pas assez en France, dans l'Histoire de la géographie du nouveau continent, l'illustre Humboldt a réuni tout ce qu'on peut dire sur les dénominations localesdontlenom est emprunté au bois du Brésil. Les singes, les sahuis surtout que nous nommions sagouins, les aras, les perroquets, entroient pour beaucoup dans le commerce que nous faisions avec les Tupinambas; les Indiens le savoient si bien, qu’ils avoient réduit l’art d'élever ces oiseaux et de varier leur plumage en une sorte de science domestique qui ne s’est pas entièrement perdue. Au moyen du suc d’une grenouille (rana tinctoria), on faisoit, dit-on, passer la couleur de certaines peunes à une couleur plus

no le Cest

éclatante, ou seulement différente de celle qu’offroient primitivementaux regards, le canindé, l'ara, l'agervazu, V'ageruetecu, le marcao, et même le {uim ; ce sont les diverses dénominations indiennes des espèces de perroquets qui purent figurer dans Ja fête de Rouen, du moins si nous nous en rapportons à la terminologie de Gabriel Soarez. Je doute fort, du reste, qu'aucun de nos oiseliers ait jamais approché du talent que mettoient les Tupinambas à élever ces oiseaux de luxe, témoin l’ara merveilleux que Lery réservoit à l’amiral et qu’il mangea pressé par une horrible famine; puis ce perroquet prodigieux, pour lequel une jeune femme de Ganabara ne demandoit pas moins qu’un canon par moquerie nous dit le vieux voyageur, et tant elle l’aimoit, ne le voulant céder à aucun prix. Qui le croiroit, la destruction des pauvres Indiens a été si rapide sur un autre point qu'on a vu de nos jours un de ces oiseaux devenir l’unique dépositaire de la langue d’un peuple complétement anéanti. C’est le plus célèbre des voyageurs de notre époque qui nous le raconte. « Il est très-vrai-semblable, dit-il, que les dernières familles des Aturès ne se sont éteintes que très-tard, car dans les Maypures, et c’estun fait singulier, vit encore un vieux perroquet, dont les habitans racontent qu’on nele comprend pas parce qu’il parle la langue des Aturès. » Voy. Humboldt, Tableaux de lanature, 1re édit. T. II, p. 230.

Si nous avons acquis historiquement la certitude que les marins de Honfleur naviguoient dans les mers du Brésil dès 1508, on possède des preuves écrites de l’ancienneté des relations qui existoient entre les riches bourgeois de Rouen et ces régions dès la première moitié du xvi° siècle. Grâce à M. Pierre Margry, qui prépare de si beaux travaux sur les découvertes des François dans l’Amérique du nord, nous pouvons citer une pièce datée du 21 mai 1541, qui se voit dans le chartrier de l’hôtel de ville de Rouen, et qui atteste des rapports commerciaux avec le Brésil. Quelques annécs plus tard les Rouennais contractèrent de nombreuses alliances avec les habitans de la côte, et après avoir contribué à l’établissement de Villegagnon

EE T tres

dansla baie de Rio de Janeiro en 1555, ils devinrent plus que jamais les alliés des Tupinambas et même des Tamoyÿos. Ces relations dont le Portugal étoit inquiété, et qui se multiplioient aussi sur les côtes de l'Afrique, expliquent ce qui se passa à la solennelle entréeetce qui est rappelé dans le précieux manuscrit de la bibliothèque de Rouen. Devant Henri II même, qui n’avoit pas craint de convier à cette fête étrange l'ambassadeur de Jean III, un combat naval fut simulé, à la suite duquel un bâtiment portugais fut livré aux flammes. Cette lutte étoit dans toute sa vigueur quatre ans avant la période où nous nous transportons ; un document, daté de 1546, nous l’atteste. A cette époque, l’un des ambassadeurs vénitiens accrédités près la cour de France, Marino Cavalli, écrivoit à la seigneurie de Venise : « Avec le Portugal, il ne peut y avoir bonne intelligence, puisque une guerre sourde dure toujours entre les deux pays. Les François prétendent pouvoir naviguer vers la Guinée et le Brésil, ce que les Portugais n’entendent pas du tont. S'ils se rencontrent en mer et que les François soient les plus foibles, les autres les attaquent et coulent bas leurs navires. De là des représailles cruelles qu’on permet contre les vaisseaux portugais. »

Voy. Relation des ambassadeurs vénitiens, recueillie et publiée par N. M. Tommaseo. Paris, 1838, 1 vol. in-4, p. 295.

Une autre lettre, écrite dix ans plus tard, vient attester la persistance de cette lutte, et la sagacité, qu’à défaut de droit, Villegagnon montroit en choisissant la baie de Rio pour siége de son établissement. En 1556, Renard, l’ambassadeur de Charles-Quint, écrivoit à la princesse de Portugal :

« Jay advis que Villegaignon ayant prins un port au passaige des Indes le fortifie et a mandé au Roy de France, que si luy envoye gens de guerre, jusques à troys ou quatre mil, il luy conquestera partie des Indes et empeschera la navigation celle part; et comme les François arment bateaux cn Bretagne et Normandie, encoires que se pouroit estre à aultre effect, sy ne m'a semblé devoir faillir de donner cestuy advis, afin que Vostre Alteze prévienne et advertisse ceulx qui convient : car faci-

lement ilz pourroient donner moleste aux passaigiers et navigeans ausdictes Indes. »

Voy. Papiers d'Etat du cardinal de Granvelle. Éxtr. des documens inédits relatifs à l'histoire de France, tom. IV, pag. 659.

Les rapports de cette nature n’étoient pas faits pour rétablir la paix entre les deux couronnes. Après la mort de Henri I, il y eut un moment d’arrêt dans nos relations avec cette partie de l’Amérique du Sud; la déplorable administration de Villegagnon, ou pour mieux dire son implacable sévérité portoit ses fruits : dès 1558, celui que l’on avoit surnommé le Caïn de l'Amérique, étoit de retour en Europe ; le commerce des habitans de la Normandie avec la France antarctique alla en décroissant, et, vers 1561, Michel Suriano écrivoit à la seigneurie de Venise : « Le Roi possède encore quelque chose aux nouvelles Indes du côté du Brésil, mais ce n’est pas une possession ni bien grande ni bien sûre, elle ne sert que pour entretenir la navigation et le commerce, qui, dans ce momentci, est réduit à presque rien. »

Vov. Relation des ambassadeurs veniliens, etc., p. 475.

Cependant les navigateurs normands avoient fait de nombreuses alliances avec les Tupinambas et surtout avec les Tamoyos. Un chef indien, le célèbre Martin Alfonse Tebyreça, de vint l’auxiliaire le plus ardent et le plus habile des missionnaires. Les Tamoyos résistèrent vaillamment : disons-le avec douleur, ils furent victimes de leur religieuse fidélité à garder la foi du serment ; et lors de l’expédition de Salema, 8000 d’entre eux payèrent de leur sang ou de leur liberté le devoir qu’ils s’étoient imposé à eux-même de garder jusqu’à la mort le titre de parfaits alliés. Dès 1567, et antérieurement à cette catastrophe, nous ne possédions plus rien dans la baie de Rio de Janeiro, et l'établissement fondé par Villegagnon étoit tombé aux mains des Portugais, que commandoit Salvador Correa. Nous terminerons cette note en rappelant qu'un vo-

Page 1