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anciens voyages en Amérique, publiée par M. H. Ternaux Compans). La nation qui nous fournit ce fragment, a su conserver une sorte de puissance aux confins extrêmes du Brésil , et bien qu’elle n’appartienne pas à la confédération des tribus parlant jadis la lingoa geral, ses idées poétiques et cosmogoniques mériteraient une sérieuse enquête.
Dès l’année 1550, précisément à l’époque où la fête de Rouen avoit lieu, des chants religieux, en langue tupique, étoient composés par ordre de Nobrega. Agora se ordenan cantares em esta lingua os quaes cantam os Mamalucos, pelas aldeas com os outros, etc. (Revista trimensal, avril 1844, p. 99.) Gette lettre est écrite par Antonio Peres, qui prêchoit les Indiens dans leur langue. Par une lettre, datée de l’année 1549, Nobrega nous apprend encore quel étoit le pouvoir de la musique religieuse sur ces peuples devenus les auxiliaires des missionnaires. Les orphelins de Lisbonne envoyés de la capitale du Portugal, dans ces régions sauvages, attiroient les enfans des Tupinambas, et les amenoient insensiblement à adopter les idées chrétiennes. En mêlant leurs jeux à ceux des jeunes Indiens, les enfans portugais s’initièrent parfaitement à toutes les difficultés de ce langage, dont les missionnaires comprenoient l’harmonie sans pouvoir la rendre aisément. Cette faculté si commune chez les méridionaux, de revêtir d’une image poétique les pensées les plus ordinaires, se fit sentir chez ceux qui avoient adopté momentanément un nouvel idiome ; des mots portugais, se mêlèrent insensiblement à la /ingoa geral. Les rhythmes des étrangers s’introduisirent dans ce langage flexible; on fit des vers brésiliens avec des pensées chrétiennes. Voici un échantillon de ces cantiques religieux, où l’on devine sans peine l'hubileté du missionnaire :
Tupan çy Angaturama Santa Maria xe ira Nde reça porauçubara Xe recé catüaoñma Xeangaremiecara.