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lume rarissime, el que ne citent plus les historiens, renferme sur Villegagnon des documens qu’on chercheroit vainement ailleurs ; il est dû à un ministre protestant qui alla au Brésil en 1556; nous en donnons ici le titre : Petri Richerii /ib. dvo apologetici ad refutandas nænias, et coarguendos blasphemos errores , detegendaque mendacia Nicolai Durandi, qui se Villegagnonem cognominat. Sans lieu d’imp., 1561, pet. in-4.
(Note 13, p. 45).
D'où venoient les sauvages qui fiaurèrent à l'entrée de Henri IL.
Selon toute probabilité, les Indiens Tupinambas qui figuroient dans la fête de Rouen, appartenoient aux tribus fixées temporairement entre Pernambuco et San Salvador, ils étoient peutêtre même du district de Tamaraca, où les Normands avoient une factorerie pour l’extraction du bois du Brésil. Ce qui nous fait adopter cette supposition, c’est l'apparition dans le combat simulé, des Tabayaras désignés par le choniqueur sous le nom de Tabagerres. Ces Indiens, ennemis des Tupinambas, leur livrojent de fréquens combats dans les parages indiqués plus haut. Selon la Corografia Brasilica, une nation connue sous le nom de Tabbajaras occupoit naguère encore la plus grande partie de la Serra de Hybiappaba dans la province de Ciara; l’excellent dictionnaire de MM. Milliet de Saint Adolphe et Caetano Moura, nous apprend que ces Indiens aujourd’hui civilisés, sont presque tous agriculteurs. Sans nul doute, il y a identité entre les Tobaiares, les Tabagerres, et les Tabbajaras ; cette grande nation faisoit partie de la race des Tupis.
Si l’on s’en rapportoit à Simon de Vasconcellos les Tobayaras auroient exercé une antique suprématie sur les autres nations du Brésil; le nom qu’ils portent le démontre suffisamment, ditil, Yara, voulant dire Seigneur, et toba, face, frontispice , entrée, comme qui diroit, seigneurs de l'entrée de la terre ou maitres de la côte, par comparaison des régions de l’intérieur.
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« Il y en aquidisent, ajoute le missionnaire, que ceterme detoba fait allusion au territoire de Bahia, considéré toujours par les Indiens comme étant l'entrée ou si on, l’aime mieux, le cheflieu du Brésil. » Les Tobayaras après avoir été maîtres de cette belle région, en furent expulsés et gagnèrent les pays plus rapprochés du nord. Les Potigoaras ou Pitiguaras, qui pouvoient mettre en campagne jusqu’à vingt et trente mille guerriers, finirent par les vaincre, puis se les incorporèrent; les deux nations, jadis ennemies, n’en faisoient plus qu’une au xvrr° siècle ; au temps de la guerre des Hollandais, elle étoit régie par Camara0, l’Indien le plus illustre dont il soit fait mention dans dans les annales du Brésil. Ce grand chef qui aida à reconquérir son pays sur les Hollandais, et qui obtint un succès si éclatant durant la fameuse journée de Guärapes (19 avril 1648), mourut dignement récompensé, et son neveu Diego Pinheiro Camarao, devient après lui gouverneur des Indiens Tabajaras Voy. (Ignacio, Accioli de Cerqueira e Sylva. Mem. hist. et polit. da Provincia da Bahia, t. 1, p. 96). Puisque cette notice succincte a surtout pour but de répandre quelque lumière sur les dispositions intellectuelles manifestées par les Indiens, il n’est peutêtre pas hors de propos de faire remarquer quelle haute importance Camarao attribuoit à la pureté du langage.
La langue portugaise lui étoit familière, mais il avoit un sentiment si profond et en même temps si délicat, de la dignité qu’un chef doit conserver dans les expressions dont il se sert, qu’il n’entroit jamais en conférence avec les généraux alliés ou avec les personnages de quelque importance, sans le secours d’un interprète ; il savoit sans doute, pour nous servir des paroles d’un Américain appartenant à une autre race, qu’un chef parmi les Indiens « est puissant selon qu’il est éloquent. »
(Note 44, p.45).
Dénomination des chefs parmi les Indiens.
Jean de Lery parle fréquemment de ces chefs électifs que Cardim appelle Murubicha et qui conduisoient les guerriers au combat. Le pouvoir délégué à ces espèces de patriarches de la tribu étoit fort limité et il ne se rapprochoit en rien du degré d'autorité qu’on admettoit dans d’autres parties du nouveau monde. Lery est un bon guide pour cette première période; il avoit visité vingt-cinq villages de la baie de Rio de Janeiro, et vécu familièrement avec les Indiens : il nous apprend que des chefs de guerre étoient choisis parmi les vieillards et qu’on les appeloit alors Peorerou picheh. Le vieux voyageur nous a conservé le sommaire des harangues guerrières prononcées par ces chefs improvisés. Il nous les représente se frappant les épaules à la fin de leurs discours et s’écriant en parlant des efféminés, des lâches : « Erima, Erima Toupinambaolts, Conomi ouassou Tan Tan, etc. Non, non, gens de ma nation, puissans et très-forts ieunes hommes , ce n’est pas ainsi qu’il nous faut faire, plutôt nous disposans de les aller trouuer, faut-il que nous nous façions tous tuer et manger où que nous ayons vengeance des nostres. » Ces harangues gucrrières duroient quelquefois plus de six heures. Les chefs de guerre n’étoient pas toujours choisis parmi les vieillards, et Hans Staden dit positivement qu’on se relâchoit de cette coutume en faveur de quelques guerriers renommés; ce Konian Bebe ou Quoniambec, qui se vantoit de ressembler au tigre et d’avoir mangé sa part d'innombrables prisonniers! ce chef terrible dont André Thevet nous a conservéle portrait, étoit un capitaine de guerre beaucoup plus puissant et plus redouté que les autres. Vasconcellos en fait mention et le désigne sous le nom de Cunhambéba. Nous ferions une longue liste des chefs du xvi‘ siècle que les guerres avec les Européens rendirent célèbres. Il est à remarquer que notre gravure représente un {Indien et sa femme, couchés dans leur hamac, ct portant
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une couronne de forme tout européenne. Ce détail facile à expliquer donneroit beau jeu à ceux qui supposent que Paraguassü l’Indienne, devenue princesse héréditaire du territoire de Bahia put le céder à la cour de Portugal. Nous rappellerons ici que la grande nation qui occupoit le littoral fréquenté par les François en 1550 n’est pas complétement éteinte.
Quelques hordes de Tupinambas existoient encore disséminées sur le vaste territoire de la baie de San Salvador, jusqu’à la fin du xvur' siècle. L’ordonnance du 18 juillet 1773, qui approuvoit la guerre faite à ces Indiens , détermina qu’on devoit leur assigner un autre lieu de résidence (voy. Accioli, Memorias sobre a capitania da Bahia, t. 1, p. 171). Aujourd’hui, c’est sur les bords des fleuves qui nous sont trop peu connus, sur les rives du Xingü, du Tocantins , de l’Araguaya, que vivent encore les descendans des anciens dominateurs du Brésil (les Apiacés, les Gés, les Mundurucus, etc.). « Ces Indiens parlent encore la langue tupique, et ainsi qu’on l’a très-bien fait observer ils doivent être considérés comme dépositaires de la mythologie, des traditions historiques et des vestiges de civilisation des temps passés. » Personne n’a encore été recueillir ces souvenirs expirans, a dit le savant Martius.
(Note 15, p. 45).
La Sciomachie.
Pour désigner la fête des sauvages, le vieil écrivain français se sert d’une expression tirée du grec, mais il l’altère ; pour parler plus correctement il faut dire Sciamachie, littéralement combat avec son ombre; de ox, ombre, et de uéyoua, combattre; c’étoit chez les anciens une espèce d'exercice qui consistoit à agiter les bras et les jambes comme une personne qui se battroit contre son ombre. Voy. J. B. Morin; et, mieux encore, l'excellent dictionnaire publié récemment par MM. Vendel Heyl et Pillon ; ils définissent ainsi
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la sciamachie : « Action de se battre à l'ombre ow contre une ombre, de s’escrimer en vain; combat simulé. Sorte d'exercice
des athlètes. »
(Note 16, p. 16).
Explication de la planche. Danse des Brésiliens , instrumens de musique.
Malgré le caractère quelque peu primitif de son exécution, la planche naïve que nous offrons ici n’est pas sans vérité en l’envisageant même au point de vue ethnographique. Les instrumens usuels des Brésiliens y sont assez nettement représentés. Le kiçaba ou hamac, appelé innis par nos vieux voyageurs ; la éacape, ou massue tranchante, qui, dans les sacrifices, prenoit le nom de lyvera-pème; le bouclier de cuir de tapir, si bien décrit par Lery ; et enfin, le grand arc brésilien, que les Tupis désignoient sous le nom d’oropa ou d’uira para; tout est clairement reproduit : l’araroye, ou ornement de guerre, qui se composoit d’un disque orné de plumes de nandu ou d’autruche américaine, tombant sur les reins du guerrier, manque seul pour que le tableau soit complétement exact. Les. petits canots indiens, que l’on appelle encore ygarité, et qui animèrent un instant les rives de la Seine, ne sont pas mal indiqués. Hans Staden est le premier qui nous ait fait voir comment se fabriquoient avec l’écorce de l’yga ywero les grandes embarcations capables Je contenir quarante combattans, et nous renvoyons le lecteur à la précieuse collection de M. Ternaux-Compans où ce procédé est décrit. Ce qui laisse le plus à désirer, quant à l'exactitude, ce sont les habitations indiennes. Mais ces belles forêts primitives, dont M. Porto Alegre a célébré naguère si poétiquement la destruction, offroient aux Tupinambas des matériaux que refusoient en automne les bois de la Normandie, et il est facile de présumer que tous les efforts des ordonnateurs de la fête n’avoient pu réunir assez de palmes de pindoba pour en édifier tant d’aldées verdoyantes. Les villages
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tupinambas, toujours soigneusement orientés, étoient formés de quatre ou de six longues cabanes nommées ocas, affectant la forme de nos tonnelles, et laissant une cour commune au centre, où l’on plantoit souvent l'instrument sacré, le maraca. Pour être juste cependant, il faut dire que les Tupinambas dressoient en campagne des cabanes que l’on appeloit éajouyapères, et qui ressembloient parfaitement à celle qui occupe le premier plan dans notre gravure. Le feu a été mis aux habitations, qu’on voit brûler dans le lointain, au moyen de flèches incendiaires garnies de cire et de coton enflammé; et tout cela est d’une vérité irréprochable. Ce qui pèche contre l’exactitude, ce sont les danses; les Indiens ne se tenoient pas ainsi par la main, et surtout ils ne bondissoient point; le caractère de leurs rondes guerrières étoil bien plus solennel, comme on le peut voir dans Thevet et Lery ; nous ne parlons ni de Gabriel Soarez, ni de Claude d’Albeville, ni d'Yves d'Évreux, comparativement modernes, Voici ce que dit à ce sujet un missionnaire portugais : « On comptoit chez les Tupinambas un grand nombre de danses connues sous le nom générique de guau : l’une d’elles recevoit l'appellation d'urucapy, une autre, en usage parmi les individus d’un âge plus tendre, étoit désignée sous celle de curupiréra; il y avoit encore la quaibipayé, puis la quaibiabucu. L'une de ces danses renouvelées entre eux est fort solennelle et se mène ainsi: ils se tiennent tous en rond, sansjamais changer de place à partir du lieu où ils se sont mis en position, et alors ils chantent sur le même ton les harangues de leur vaillantise avec tels sifflemens, claquemens de mains et trépignemens de pieds, qu’il semble que ce soit un tonnerre mugissant dans la vallée. » (Vasconcellos, Chronica das provincias do Brazil, p. 88.) Thevet et surlout Jean de Leryÿ renferment de curieux renseignemens sur les danses brésiliennes. C’est dans ce dernier voyageur qu’onlit la description d’uneronde immense, où le Payé (le prêtre prophète) vient souffler l'esprit de courage sur chacun des assistans en l’inondant de la fumée de ta-
bac qu'il tire d’un énorme cigare. Parmi les danses guerrières,
il faut citer encore celle de la tangapèma, où de la massue tranchante; grâce aux jongleries des devins, elle présentoit un caractère merveilleux, comme on peut s’en assurer dans la Chronique de Vasconcellos, p. 110. De tous les historiens du xvi° siècle, celui qui nous a peint les fêtes indiennes avec le plus de charme et d'originalité, est sans contredit Fernao Cardim. On voit par la narration de ce compagnon d’Anchieta, que les missionnaires les plus connus par l’austérité de leur caractère n’hésitoient pas à se mêler aux danses guerrières des Indiens, en remplissant toutefois un rôle que ne répudioit pas la gravité de leur caractère. De nos jours, et chez des nations dégénérées qu’on ne sauroit comparer sous aucun rapport aux vaillans dominateurs de la côte, les danses solennelles n’ont pas cessé. Le prince de Wied Neuwied nous a décrit celles des Camacans. Debret a figuré les rondes indiennes que l'on avoit pu reproduire à l’époque où il réunissoit les matériaux de son vaste ouvrage, et notamment celles de $S. José. Cunha Mattos renferme de précieux renseignemens sur celles qu'il vit à Goyaz. Sous ce rapport nous signalerons encore un voyageur qu'on n'interroge jamais en vain lorsqu'il s’agit de quelque point important ou seulement curieux : Les Coroados, qui habitent les forêts voisines du Rio Bonito, se livrent dans leurs forêts à des espèces de représentations dramatiques, d'autant plus dignes d’être examinées qu’elles rappellent, sous quelques rapports, un des épisodes de la fête célébrée à Rouen. Ces Indiens aiment surtout à figurer la chasse au jaguar ; mais le savant Aug. de Saint-Hilaire, qui les visita il y a une trentaine d'années, fut frappé de leur aspect stupide et du caractère monotone de leur mimique. Tous les Indiens ne présentent pas ce caractère de dégénérescence, néanmoins il faut s’enfoncer aujourd’hui dans les solitudes du Mato-Grosso et de l’Amazonie pour trouver quelques vestiges de ces pompes sauvages, dont nous entretient si volontiers le bon Lery. Mais en ces temps, comme dit Thevet, son rival, « les Tupinambas estoient gens de bon esprit, gentils en appréhension et de grand'mémoire,
Of ayant le cœur hault, hardy et généreux, et qui ne s’estonnoient de chose quelconque. »
Il y auroit aussi tout un chapitre à faire sur les instrumens sauvages qui durent retentir alors sur les bords de la Seine. En premier lieu, il faut nommer le maraca, l'instrument sacré, qui consistoit en une courge desséchée, remplie de graines ou de cailloux, que l’on emmanchoit à un morceau de bois orné des plumes les plus brillantes de l’ara et du canindé; puis la janubia, ou trompe de guerre, formée de la cuirasse du tatou, qui prend assez facilement la forme qu’on veut lui donner. La toré , suspendue au cou du chef, paroit aujourd’hui remplacer cet instrument chez certaines hordes de l’Amazonie. Les vieux voyageurs décrivent également certaines flûtes que les Tupinambas fabriquoient avec les tibias des ennemis qu’ils avoient. immolés et qu’ils désignoient sous le nom de cangoera. Les muré muré, les grandes conques que l’on appeloit membyguaçu, les uruca, pourroient entrer dans cette nomenclature. Parmi les nations de l’Amazonie qui parlent la lingoa geral, et qui onthérité des coutumes de la grande nation, on cite des instrumens encore en usage, ayant une origine indienne, et M. Monteiro Baena décrit entre autres le monboia-xio, qui consiste en un roseau creux percé de trois trous, et portant un bec de toucan en guise de anche ; le son gracieux et sonore de cet étrange instrument produit, dit-on, chez quelques personnes la plus vive émotion. Rien de nouveau sous le soleil , le même pays retentit du bruit d’un tambour que les Payés creusent dans un tronc d'arbre avec beaucoup d’art, et qui reçoit une ouverture sur la partie latérale comme le tepanabaz des Mexicains; on frappe sur cet instrument avec un tampon de gomme élastique, et le bruit dont il résonne modifié de diverses manières , devient une sorte de langage fort bien compris des tribus. Selon M. Accioli, le bruit du érocanos s'entend à la distance de deux ou trois lieues. Il est assez curieux de voir un moyen ingénieux de transmettre rapidement sa pensée, préconisé de nos jours par l’habile M. Sudre, et en usage de temps im-
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mémorial sur les bords del’Amazone. Voy. Accioli, Corographia paraense, p. 136. Voy. aussi Salvador Gilii, et ce qu'il dit touchant les tambours en usage dans les forêts de l’Orénoque. Le même auteur parle d’un instrument sacré désigné sous le nom de botuto, que signale aussi M. de Humboldt.
(Note 47, p. 16.) Étymologie indienne restituée.
Le nom fantastique qu'on aime à trouver dans Caramurü (prononcez Caramourou) ne résiste pas à un examen quelque peu rationnel. On lit dans un précieux manuscrit de la Bibliothèque nationale : Chamao os Indios Moreas Caramaru, das quaes a muilas muilo grandes e muito pintadas as quaes mordem muito. 1 s’agit tout simplement de la murène, et non d’un dragon de la mer. La légende de Caramurü a inspiré un poëme vraiment populaire, qu’on sait par cœur au Brésil, et que M. de Monglave a traduit en 1829. L'œuvre de Santa Rita Durao a été publiée de nouveau en 1845 dans un joli volume qui porte le titre de Epicos brasileiros , 1 vol. in-18. L’habile éditeur a su mettre à profit toutes les sources pour prouver que le voyage de Correa à Paris devoit être relégué parmi les contes fantastiques. 11 divise la légende en deux parties, et tout en admettant l'existence incontestable d’Alvarez Correa, il prouve que conformément au récit de Gabriel Soarez, ce seroit un Castillan habitué depuis longtemps parmi les Pitiguares de la province de Pernambuco, qui se seroit embarqué pour la France. Bien loin de détruire cette conjecture, notre chronique serviroit à la consolider. Les Rouennois commerçoient bien davantage durant la première moitié du xvi° siècle avec les Brésiliens de Tamaraca qu’ils ne le faisoient avec ceux de la baie de Tousles-Saints.
La présence d’un navire françois dans la baie de San Salvador, en 1546, est attestée, il est vrai, par un précieux document qu'a publié M. Adolfo de Varnhagen dans les mémoires de l’Institut historique du Brésil (voy. la lettre écrite en date du
He CR 28 juillet 1546 par Pero do Campo Tourinho à Jo&o II], segunda serie, t. IE, n° 10, p. 134), mais le même document offre la preuve que si le célèbre Caramurü existoit alors dans la baie de Tous-les-Saints, il ne s’embarqua pas à bord du bâtiment « qui éloit venu faire amitié avec les Brésiliens. »
(Note 18, p. 18.)
Un mot sur les dames de la cour qui assistèrent à la fête de Rouen.
Nous rappellerons ici sommairement que Catherine de Médicis, née à Florence le 15 avril 1519, avoit été mariée le 28 octobre 1534, à Henri, duc d'Orléans, second fils de François I+r, et que ce prince n'étoit monté sur le trône que le 31 mars 1547. Ces simples dates connues de tout le monde, suffisent pour renverser l’échafaudage chronologique adopté par certains historiens et qui fixant la date du baptème de la jeune Indienne amenée à la cour de France, assignent pour cette cérémonie l’année 1535. — Après la reine, la seule grande dame qui ait un nom vraiment historique, est Diane de Poitiers. Née en 1499, cette beauté merveilleuse dont Brantôme célébroit l'éclat quelques années plus tard encore, atteignoit le demi-siècle , lorsqu'elle éclipsoit à Rouen sa jeune rivale. Il ue faut pas confondre non plus Marguerite de France, duchesse de Savoie, fille de François [*, et qui étant née en 1523, épousa en 1559 Emmanuel-Philibert, due de Savoie, avec la sœur de Henri II.
La spirituelle reine de Navarre ne pouvoit plus prendre part aux pompes merveilleuses ordonnées par la ville de Rouen; celle qui en eût fait peut-être de si bons contes étoil morte à cinquante-sept ans, dès l’année 1549, et en 1550, on réunit les pièces poétiques composées, comme on disoit alors, à l’occasion desa mort. L’abbé Goujet affirme qu’elles ne furent publiées qu'en l'an 1551, et que le volume rarissime qui les renferme étoit « dû aux plus savans hommes de l'Europe. » La jeune épouse
LoaQee du Dauphin, Marie Stuart, n’est pas nommée une seule fois par notre fidèle narrateur, bien que son mari figurät dans le splendide cortége qui défila devant Henri II. Comme nous l'avons dit, elle avoit été amenée cependant en France depuis près de dix-huit mois par un personnage destiné à jouer dix-sept ans plus tard un grand rôle dans l’histoire du Brésil; voici ce qu’on lit à ce sujet dans un livre récent qui se distingue par le soin scrupuleux avec lequel il a été fait : « Le 15 juillet 1548, Dessoles, ambassadeur de France, fait ratifier par les trois États du royaume d'Écosse à Haddington, le projet de mariage entre Marie Stuart et le Dauphin, fils de Henri II. A la fin de juillet, M. de Brézé, envoyé à cet effet par le roi de France , et Villegaignon, chef de l’escadre , reçoivent à bord de la flotte françoise à Dumbarton la petite reine d'Écosse et sa nombreuse suite. Le 13 août, Marie Stuart débarque au port de Brest. » Le prince Labanoff. Recueil des Lettres de Marie Stuart, t. 1,p. 37.
Nicolas Durand de Villegaignon, qui a laissé son nom à l’une des îles de la baie magnifique de Rio de Janeiro, et qui a composé tant de curieux opuscules, pourroit être rangé au besoin parmi les lexicographes auxquels nous devons des renseignemens sur l’ancienne langue brésilienne. Pendant son séjour à Ganabara , il avoit réuni les éléments d’un dictionnaire tupinambas-françois, et Thevet prétend même que le vocabulaire publié par Jean de Lery n’avoit pas d’autre origine. Mais ceci nous éloigne beaucoup trop de la cour brillante rassemblée à Rouen. Immédiatement après la reine et Marguerite, il est question, sous une dénomination étrange, d’une jeune princesse remarquable par sa beauté. On désignoit, comme tout le monde sait, sous le nom de Madame la Bastarde, Diane de France, duchesse d'Angoulême, fille de Henri II, qui l’avoit eue d’une demoiselle piémontoise, nommée Duc Philippine. Née en 1538, celte jeune princesse étoit encore un enfant quand on la vit figurer dans la brillante cavalcade de la reine ; éminente par la solidité de son jugement et par les grâces de son esprit, elle étoit destinée à épouser d’abord Horace Farnèse.