ANSE
gonie, avec la signification très-posilive que leur attribue la lingoa geral eïle-même. Une lecture attentive du beau livre de Ruiz de Montoya, une étude suivie de la synonymie tupique accomplie à l’aide de la grammaire de Figueira et d’un lexique manuscrit très-riche dont je dois la communication à l’obligeance de M. Emile Adet, ont jeté tout à coup la lumière sur certains points douteux. Tout n’est point éclairci sans doute, mais tout pourra l'être. Villegaignon, Thevet si on le préfère, ont employé, comme tous les écrivains du xvi° siècle, une orthographe défectueuse ; il s’agit seulement désormais, et à l’aide de la critique, de faire revivre les dénominations primiüves; quelques-unes de celles que nous établissons ne laissent pas le moindre doute, cela suffit. En réalité, c’est une étude qui commence, d’autres plus habiles la poursuivront.
De mes recherches présentées ici d’une manière succincte, il résulte cependant un fait très-positif. Le premier Européen qui fonda un établissement dans la baie de Rio de Janeiro, le chevalier de Villegaignon, dont une île rappelle encore le nom aux Brésiliens, fut aussi le premier à rassembler les traditions mythologiques des peuples vraiment poétiques parmi lesquels il demeura près de quatre ans. Probablement Thevet ne fut que le vulgarisateur et non le collecteur de ces précieux documents, reproduits également dans ses manuscrits. Grâce à la haute intelligence de l’ancien vice-amiral de Bretagne, nous ne craignons pas de ledire ici, la cosmogonie des plus célèbres nations du Brésil a été préservée d’un oubli complet, et un vaste empire qui entre largement dans la voie du progrès peut trouver désormais dans ses propres souvenirs les traditions locales qui vivifient à la fois l’histoire et la poésie.
De la légère croyance des sauvages austraux.
( Extrait des manuscrits de Thevet et du texte imprimé. )
D'autant qu’il y a eu un certain galland de mon temps qui vouloit descrire une caballe sur les secrets et mystères de ce que ces