CHAPITRE XXIX
Les faveurs et les miracles attribués à l'intercession du P. Alfred, encore plus ses vertus héroïques et notre affection fraternelle nous décidèrent à publier la biographie de ce saint religieux. Ce fut la première édition du présent ouvrage. A cette occasion, des témoignages sur les vertus du serviteur de Dieu furent sollicités et obtenus des confrères; et des comptes-rendus du livre parurent dans les diverses publications.
Ce fut de part et d'autre un concert d'éloges à la gloire de notre héros.
Les supérieurs, les nombreux confrères qui l'ont connu, des personnages éminents ou compétents qui ont lu sa vie, n'hésitent pas à l'appeler un vrai saint, digne d'être imité et invoqué. Plusieurs même expriment l'espoir de sa future canonisation. Certaines de ces paroles ont trop d'autorité pour que nous ne les reproduisions pas.
C'est d'abord. Sa Grandeur Mgr Bégin qui l'a visité durant sa dernière maladie. Il écrit en 1906 :
" Tous ceux qui ont connu ce fervent religieux en font d'interminables et enthousiastes éloges; ils nous disent carrément: c'était un saint. Quand je l'ai vu à Sainte- Anne, au cours de sa dernière maladie, si fervent, si résigné à la volonté de Dieu, si détaché de la terre, tout entier aux choses du ciel, il m'a laissé l'impression d'un vrai homme de Dieu, d'un prédestiné. 11 me semble qu'une si belle âme a dû être admise de suite aux joies du paradis et peut nous obtenir bien des grâces."
Le T. R. P. Van Aertselaer, son Recteur à notre maison d'études, et devenu plus tard Provincial en Belgique, désirait le voir de plus en plus connu pour la plus grande gloire de Dieu et de notre Congrégation : "Je vous le dis en toute sincérité, quoique je sois assez lent pour voir des miracles dans des faits un peu extraordinaires.
je ne serais nullement surpris si Von obtenait de vrais miracles et même des miracles de premier ordre par son intercession. J'ai été à Rome il y a quelques jours et le R. P. Dubois m'en parlait dans le même sens. Vous faites bien d'annoter toutes les faveurs qu'on lui attribue."
Le R. P. Strybol, jadis son préfet spirituel, partage les mêmes sentiments: " Puis- je vivre assez longtemps, je ne dis pas pour l'honorer sur les autels, mais pour savoir qu'on a commencé le procès ordinaire de V examen de ses vertus. Tous les prodiges que Dieu opère par l'intercession du cher défunt ne m' étonnent pas. Le contraire me surprendrait Pour moi, je l'ai toujours regardé comme un saint.''
Nous ne pouvons pas non plus passer sous silence, le bel éloge que le T. R. P. Lemieux a fait de notre héros: " Quel saint religieux que ce cher Père Alfred! Quel beau modèle! Quel bien n'aurait-il pas fait à ses confrères par ses exemples! N'aura-t-il pas ainsi obtenu plus de mérites et sauvé plus d'âmes que s'il avait passé de longues années à donner des missions! "
Ajoutons encore ce témoignage de Monsieur l'abbé Lindsay : " Directeur de cette âme privilégiée, je me réjouis de l'avoir connu si intimement. Puisse la relation de cette vie si pure et si édifiante inspirer à la jeunesse canadienne le désir
de le suivre dans les voies de la perfection. Ces pages si intéressantes engageront bien des âmes à profiter du crédit dont ce saint jeune prêtre doit jouir auprès du Cœur de Jésus, et à confirmer ainsi la réputation d'insigne piété que lui décernent à l'unisson tous ceux qui l'ont connu."
Ceux qui n'eurent pas le bonheur d'être témoins de sa courte vie, ont ressenti à la lecture de la notice biographique de notre héros une véritable admiration. " Ce jeune Père était un saint,'' disait le regretté Monseigneur Gravel. Nos Seigneurs d'Ottawa et de Chicoutimi félicitaient le biographe d'avoir un frère aussi saint; et Monseigneur Emard lui adressait ces belles paroles : ' ' Il me semble que vous avez dû éprouver de bien douces émotions en écrivant la vie si touchante de ce saint religieux. Chaque page de cet opuscule dégage des leçons de détachement et de sainteté qui ne peuvent que produire les plus salutaires impressions." Un supérieur de collège assure que la " Fleur Canadienne " exhale un parfum de piété qui pénètre l'âme et la dispose à aimer Dieu davantage; et une Supérieure générale nous a écrit : "Je veux que nos chères élèves respirent aussi l'odeur si pure de cette fleur de sainteté, qu'elles s'édifient des vertus douces et fortes de l'âme angélique de votre aimable frère."
Nous concluons par quelques extraits d'une
lettre de Monsieur Pierre- Georges Roy, rédacteur des ' ' Recherches historiques : "Je viens de lire la vie du P. Alfred. Vous ne sauriez croire comme elle m'a ému. Alfred a été mon ami le plus intime et le plus fidèle. J'ai trouvé votre livre bien beau. Pas d'exagération, pas de choses lancées en l'air. Des faits, des choses vues. C'est cela qu'il fallait pour parler de notre cher Alfred. La vie du Père Alfred ne peut faire que du bien. Aussi, je veux essayer de vous aider à la répandre."
Il serait trop long de citer les journaux et les revues qui ont apprécié notre ouvrage, ou ont proposé notre héros comme modèle de la dévotion au Très Saint Sacrement ou à la Sainte Vierge.
Aussi, les trois mille exemplaires de notre première édition se sont écoulés en moins d'une année. Voilà pourquoi, à l'occasion de la prochaine ouverture du procès diocésain en vue de la béatification du Serviteur de Dieu, nous avons été obligés de préparer, un peu à la hâte, la présente édition, augmentée de quelques notes spirituelles, écrites pour son édification personnelle.
Tout semble favoriser l'introduction de sa cause de canonisation dont le procès préparatoire va commencer cette année même. Le T. R. Père Dubois, son ancien préfet spirituel, appelé à Rome comme consulteur général, nous écrivait
dernièrement: " Les guérisons attribuées à son intercession semblent une preuve certaine que le bon Dieu veut voir honorer un jour d'un culte public le Père Alfred qui fut mon ancien disciple à Beauplateau. Dieu soit béni dans ses saints."
Dans une lettre envoyée au T. R. P. Lemieux, le Rév. Monsieur Lecours, Procureur au Collège de Lévis, exprimait l'espoir et le désir de voir l'introduction de la cause de Béatification de celui qui avait jadis été la joie et la consolation de ses maîtres comme écolier, et dont la mémoire restait en vénération dans sa chère " Aima Mater."
Enfin le S février 1907, le Rév. Père Benedetti, Postulateur Général de notre Congrégation, nommait, au nom de notre Révérendissime Père Général, le Rév. Père Alp. Lemieux, Postulateur pour le procès ordinaire auprès de la Curie épiscopale de Québec.
Puisse cette cause être couronnée de succès pour la gloire de Dieu, l'honneur de la Sainte Eglise, et la joie du Canada.