Progrès dans la piété
Hermine croissait tous les jours en piété ; souvent elle demandait qu'on lui parlât du bon Dieu, et elle écoutait avec le plus grand recueillement, surtout lorsqu'on lui parlait de Jésus, de sa bonté, de son amour pour les âmes. Jamais elle ne se lassait d'entendre parler de ce bien aimé Sauveur.
Sa soumission à la volonté divine était admirable. Un jour, elle demandait à une amie de la famille de prier
pour elle.—‘* Oui, répondit celle-ci, je prierai pour vous, et ‘ je demanderai au bon Dieu que vous viviez longtemps, “ pour être la consolation de votre chère maman.” — “ Non, reprit Hermine, priez afin que j’obtienne la grâce “ de faire toujours la sainte volonté de Dieu.”
Bientôt, elle ressentit un grand amour pour notre Seigneur Jésus-Christ, et un vif désir de le recevoir souvent dans la sainte communion. Sa douce figure était comme illuminée d’un rayon de beauté céleste, lorsqu'elle recevait son bien-aimé. Un jour, le prêtre, qui lui donnait la sainte communion et qui ne soupçonnait pas qui elle était, fut tellement frappé de cette expression d’innocence et de piété répandue sur tous ses traits qu’il ne put s'empêcher de dire ensuite : “ Aujourd’hui, j'ai donné la sainte communion à un ange.”
Cette innocence sans tache, Hermine l’avait mise sous la garde d’une réserve bien rare. Non seulement elle fuyait avec horreur tous ce qui eut pu souiller son âme, mais elle évitait avec soin toute lecture légère et frivole, et faisait ses délices de la vie des saints et d’autres livres de piété.
Dans ses lectures, elle cherchait beaucoup moins à satisfaire une vaine curiosité qu’à s’édifier et à avancer dans le service de Dieu. Son désir constant était de réaliser dans la conduite de sa vie les saintes maximes dont elle avait nourri son âme.
Bientôt, elle fit de grands progrès dans l'intelligence des choses spirituelles et dans la vie intérieure. Elle comprit que notre principale affaire est de régler notre cœur devant Dieu et de travailler à l'acquisition des vertus chrétiennes.
Elle ne songeait cependant pas encore à suivre l’exemple de sa sœur. Elle aimuit les religieuses, il est vrai ; elle était heureuse de passer quelque temps avec Adine, au
monastère du Précieux-Sang ; et bien des personnes pensaient qu’elle irait un jour rejoind.e cette sœur bien-aimée et vivre avec elle dans cette sainte communauté. Mais pour Hermine, sa vocation lui semblait n’être encore que de demeurer dans le monde pour se dévouer à sa mère et à ses frères. Elle continua donc de rester dans sa famille, consolant et édifiant tous ceux qui vivaient avec elle, par sa douceur, son amabilité, et sa tendre piété. Tous ceux qui la connaissaient et qui avaient des rapports avec elle ne pouvaient s'empêcher de dire: “ Quelle aimable et sainte enfant !”