Son amonr pour sa mère, ses frères et toute sa famille
Il ne pouvait manquer d’arriver à notre sœur Thérèse de Jésus ce qui arrive communément aux âmes religieuses. Elle avait toujours tendrement aimée sa bonne mère. À peine cependant avait-elle reçu le voile qu’il lui sembla qu’elle ne l'avait jamais vraiment aimé, tant qu’elle
était avec elle, et que l’amour vrai, en quelque sorte parfait, datait du moment où elle s’en était détachée pour Dieu. Tant il est vrai que toute affection réelle est inséparable de l’amour divin, ne saurait que grandir avec lui et reçoit sa perfection dans le parfait détachement.
Il semblerait que la séparation sensible, pour l’amour du divin maître, ne fait qu’unir plus étroitement les cœurs dans son Cœur sacré.
Ainsi l'amour de ma sœur Thérèse de Jésus pour sa sainte vocation, sa tendre affection pour sa nouvelle famille religieuse, ne lui faisait pas oublier celle que la fidélité à son Époux céleste l'avait engagée à laisser si loin d'elle.
Oh ! non, sa bonne mère tant aimée et si digne de l'être, ses frères chéris, étaient l’objet incessant, on peut le dire, de sa religieuse sollicitude, de ses ferventes prières. EHe désirait si vivement le bien spirituel de ces chères âmes ! son affection pour sa bien-aimée famille du Canada grandissait sensiblement dans son cœur, en même temps qu’elle s'élevait et devenait plus surnaturelle. ‘“ Je sens, disait-elle, que j'aime de plus en plus ma chère mère du Canada, mais ce n’est plus de la même manière qu’autrefois ; c’est plus pur, c’est plus selon le bon Dieu ; maintenant c’est pour l’âme surtout que je m'occupe de tous ceux qui me sont chers. Je suis heureuse de me donner pour eux au bon Jésus, afin d’obtenir pour tous et surtout pour ma bien-aimée maman des grâces en abondance ; il me semble vivre à présent dans dans le monde des âmes.” Et ses lettres à sa pieuse mère, pleines d'énergie, d’esprit de foi, montraient bien le fond de sa pensée et son désir ardent de contribuer selon son petit pouvoir, . tout ce qui pourrait atteindre son but.