NT
20. Lettre d'Hermine à lu R. Mère Priewre du Carmel de Reims.
Québec. 4 Octobre 1872.
Ma Très-Révérende Mère,
Maman et moi, nous avons été très-désappointées en apprenant que les Carmélites ne peuvent venir, pour le présent, s'établir au Canada. Nous espérons cependant que nos désirs ne seront pas tout-à-fait rejetés du Seigneur, et qu’en faisant plus tard disparaître les difficultés, il voudra bien faire éclater, envers notre cher Canada, sa grande miséricorde, en lui accordant une maison du Carmel.
Mais, ma très-Révérende Mère, quoique j'aie été d'abord attristée des difficultés apportées à l’exécution de nos projets, je m'en réjouis maintenant ; je vois que ces difficultés n’ont servi qu’à affermir et à rendre plus ardent le désir que j'ai de devenir Carmélite, et à me faire voir que ma vocation au Carmel est tout-à-fait indépendante de votre établissement au Canada. Si vous ne pouvez venir chez nous, rien ne s’opposera à ce que j'aille chez vous. J'ai communiqué au Révérend Père la résolution que j'ai d'aller à Reims, vous supplier de me recevoir au nombre de vos enfants. Le Révérend Père m'a répondu de me préparer pendant un an à ce départ. de vous exposer mes désirs et de vous supplier de m’admettre au nombre de vos postulantes et qu’ensuite je pourrai partir pour Reims.
Maman s’occupera de la fondation de votre monastère au Canada; et le Révérend Père veut bien examiner avec vous tout ce qui concerne mon entrée,
Je vous supplie donc, ma très-Révérende Mère, quoique je sois très-indigne d’une si grande faveur, de vouloir bien me donner une 1éponse favorable, de me compter dès aujourd’hui au nombre de vos filles, enfin de me dire que vous me recevrez, quand l’année prochaine, vers la fin de l’automne, j'irai vous demander mon admissiôn au Carmel.
Je prie Notre-Seigneur, la très-sainte Vierge, saint Joseph et sainte Thérèse, de vous inspirer une réponse qui me soit favorable, de me dire : “ Venez à Reims, vous serez mon enfant, vous augmenterez la famille du Carmel.” Si vous me recevez, je serai déjà à la porte du Paradis; mon cœur me dit que vous ne me refuseréz pas et qie je puis dès à présent me soûscrire, ma très-Révérende Mère, avec le plus sincère attachement et la plus respectueuse affection,
Votre enfant, HERMINE FRÉMONT.
‘Postulants Carmélite indigne.
21. Lettre d'Hermine à la Révérende Mère Séraphine du divin Cœur, maîtresse des novices.
Québec, 4 Octobre 1872.
Ma bien bonne, bien chère et bien Révérende Mère.
A la lecture de votre lettre, je me suis sentie bien consolée et attristée. J’ai été consolée, parceque vous me dites que je ne puis espérer de me trouver un jour sous le manteau de sainte Thérèse dans le ciel avéc les autres Carmélites: c’est là l’unique objet de mes vœux, de mes désirs, de mes espéran-
ces.
cess afin proi Mèr lites au C à la avan Ce Mère d'être m'a « signi!
vous votre Mère ; allant Mère, tion Révér etme enfant m'appe J'ira je pens toutes me fai charité
(1) Der avait appe Que la Ré “elle, C'e
Mère,
iveur, rable, de vos evrez, omne, nel.
Jicrge, rer une ‘Venez enterez je serai dit que présent c le plus ffection.
e indigne.
aphine du
de Mère.
sntie bien parceque e trouver e danse l'unique s espéran-
ces. Je prierai sans cesse, je m'efforcerai sans cesse, avec le secours de la grâce, de me vaincre, afin de mériter cette précieuse faveur, Vous me promettez le secours de vos prières, ma bien bonne Mère; je vous prie de demander à toutes les Carmélites de prier pour l’indigne postulante, qui attend, au Canada, l’heureux moment où elle sera réunie à la famille du Carmel, qui est encore sur la terre, avant d’être réunie à celle du ciel.
Ce qui m’attriste dans votre lettre, ma Révérende Mère, c'est que vous m'ôtez presque l'espérance d'être un jour votre enfant. Mais le Révérend Père m'a dit que j'ai mal compris votre lettre, et qu’elle signifie seulement que, humainement parlant, il ne vous est pas possible, à cause de la faiblesse de votre santé, de venir au Canada pour y ètre ma Mère; mais que je puis devenir votre enfant, en allant moi-même à Reims; que vous y serez ma Mère, et que je deviendrai sous votre sainte direction une bonne Carmélite. Gette explication du Révérend Père a été pour moi un trait de lumière et me remplit de consolations. Oui, je serai votre enfant; oui, vous serez ma mère; non, vous ne m'appellerez plus Mademoiselle. (1)
J'irai à Reims; quel bonheur pour moi, quand je pense que je m’unirai à vous, et qu'avec vous et toutes les autres sœurs, je prierai le bon Dieu de me faire profiter de vos exemples de piété, de charité, d’abnégation !
(1) Dans sa première lettre, la Révérende Mère mattresse des novices avait appelé Hermine Mademoiselle, La postulante réclame et prétend que la Révérende Mère doit l'appeler Mon enfant et non pas Mademoivlle. C’est à cette circonstance qu’elle fait ici allusion.
Je serais de suite prète à aller à Reims ; mais le Révérend Père me dit qu’il est plus sage d'attendre encore un an. Il m’a donné un règlement que je m'efforcerui de suivre exactement, pendant toute cette année, en attendant que j'aie le bonheur d’aller mener la vie du Carmel au milieu de vous.
Si je parle avec tant d'assurance, ma Révérende Mère, c’est que le Père me dit que, dans la lettre que vous lui avez écrite, vous m’appelez postulante et que je dois me considérer comme étant admise au nombre de celles qui portent ce nom. Quel bonheur ‘pour moi, dans les lettres que je vous écrirai, de pouvoir m'appeler votre enfant et postu. lante Carmélite !
Le Père m'a parlé de l’œuvre des images du À
sacré Cœur et m'a remis le programme que vous m'avez envoyé. Il m'a dit qu'en m’envoyant ce programme, vous me choisissez pour zélatrice: c'est un nouveau bonheur pour moi. J'ai prié le Révérend Père Point, Supérieur des Jésuites à Québec, de vouloir bien diriger cette œuvre. Je vous tiendrai au courant et des images distribuées et des aumônes reçues. Je veux, en m'occupantde cette œuvre, obtenir du sacré Cœur de Jésus une prompte entrée au monastère de Reims.
J’ose vous solliciter, ma Révérende Mère, d'aug: menter mon bonheur, en daignant m'écrire; voi lettres seront pour moi un encouragement et une direction. Et mon cœur me ditque vous m'appé lerez toujours votre enfant. Ma bien bonne Mèr. jai quelques faveurs à vous demander.
La première, de m'envoyer un scapulaire de hui pouces de long et de six pouces de large, de li mème étoffe que sont les vôtres; je le porterai sot
ma 1 prob ma v au ré A mac Un de m nastè] différ vos bc Carm contré m'assi munis
Je v désign de vot nier ce
Si je c'est q avec la appelée comme naître à ne pas
Mama recomm
. mais le ‘attendre it que je ant toule bonheur de vous.
évérende y la lettre postulante nt admise »m. Quel e je vous jt et poslu-
mages du k
| que vous voyant Ce zélatrice:
Jai prié le Jésuites à œuvre. de distribuées bccupant de
Jésus une
ère, d'augcrire; VO
ent el un bus m'appél onne Mère.
aire de hui arge, de li Lorterai SOU
ma robe. Le Père bénira ce scapulaire, qui me protégera et me rappellera la fidélité que je dois à ma vocation. Vous pourriez envoyer ce scapulaire au révérend Père, à Montréal, avec les objets qu'il m'a dit devoir vous demander.
Une seconde faveur que je vous demande, c'est de me compter parmi les autres Carmélites du monastère, dans la distribution que vous faites des différents pays du monde pour lesquels vous offrez vos bonnes œuvres. Le Père m'a dit que chaque Carmélite prie particulièrement pour le salut d’une contrée qui lui est désignée. Je vous prie donc de m’assigner aussi un pays pour lequel je prierai, en m'unissant aux Carmélites de Reims.
Je vous prie encore, ma Révérende Mère, de me désigner quelques jours de fête et de communion de votre communauté, afin que je puisse communier ces mêmes jours en m’unissant à vous.
Si je suis si libre avec vous, ma bien bonne Mère, cest qu'une enfant peut se permettre ces libertés avec la meilleure des mères ; quoique vous m'ayez appelée Mademoiselle, je vous considère cependant comme ma mère, parceque vos prières me feront naître à la vie du Carmel; et je veux m’efforcer de ne pas me rendre trop indigne d’une bonne mére.
Votre enfant, HERMINE FRÉMONT,
Postulante Carmélite indigne.
Maman vous salue hien respectuensement et se recommande à vos charitables prières.