Réponse aux objections. Bonheur ineflable des Carmélites
Vous croyez malheureuse et triste, au sein de ses souffrances et sous le coup de son martyre, la fille du Carmel ; ah! détrompez-vous. Dieu, sur cette sainte montagne où les âmes respirent l'air le plus éthéré et le plus rapproché du ciel, fait éclore des fleurs de joie et de félicité, dont tous les plaisirs mondains ne peuvent pas même vous retracer l’idée ni vous peindre l’image. La générense passion du sacrifice leur donne quelquefois, dans leur austère demeure, je ne sais quels enivrements sacrés, et leur révèle, au plus intime sanctuaire de leur vie, ces mystères de bonheur que le monde ne veut pas croire, et qui furent cependant toujours, plus ou moins, la réalité de la vie des saints.
Mais, encore une fois, demandez-vous comment s'explique ce prodige ? quel est ici le mot ‘de l'énigme et le secret du mystère? Qu'importe que nous le sachionus, si la réalité est incontestable ? Le fait peut nous suffire ; et le fait, le voici: la vie la plus humiliée par son obéissance est la plus élevée dans les joies du ciel ; la vie la plus dépouillée par la pauvreté est la plus riche des joies du ciel; la vie
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la plus crucifiée par la chasteté et l’austérité est la plus enivrée des joies du ciel; en un mot, la vie la plus immolée par le sacrifice est la plus béatifiée par la joie. Voilà le fait; qu'importe l'explication du fait? Toutefois, si vous voulez que je trahisse ici le secret délicieux du bonheur du Carmel, je vous le livre en ces trois paroles: la Foi, l’Espé. rance et la Charité. La Carmélite croit, elle aime, elle espère; et sa foi, son amour et son espérance conspirent à commencer sur la terre ce bonheur qui n’est autre, pour elle, qu’un apprentissage du ciel.