‹ Une fleur du Carmel [microforme]Chapitre 161 sur 201 · Son amour: du silence · texte numérisé non relu

Son amour: du silence

La chère petite sœur avait peu la pratique des travaux du ménage. or, quelques jours après son arrivée, il s'agissait de balayer sa cellule, grande affaire et grand embarras !

Les explications ne lui avaient pas manqué ; mais on sait que pour ces choses la théorie sert de peu sans la pratique.

Elle avait donc encore besoin de conseil et d'aide surtout.

En ce moment, je passais auprès d'elle ; elle me fit des signes que je ne comprenais pas ; l’idée ne lui vintmême pas de dire une parole. Elle fit en sorte de rendre ses signes plus expressifs, mais je ne pouvais comprendre. Enfin, lui dis-je, vous pouvez parler, que vous faui-il ? Et elle ménageait ses paroles, parlant bien bas, bien bas nour faire sa demande. Comme je lui faisais mes excuses à la récréation, de n'avoir pu comprendre ses signes, elle me répondit qu'elle me demandait si elle pouvait parler.

Cet esprit de silence me frappa et m'édifia beaucoup... et de fait, n’était-il pas bien remarquable, alors qu'elle était avec nous depuis trois jours seulement ?

S. Les écuelles.

Etant une fois empêchée äe laver les écuelles de la communauté, ainsi que notre tour en était arrivé, je priai ma sœur Thérèse de Jésus de vouloir bien me remplacer, me proposant bien de m'en dédommager le jour où elle devait s’y rendre. En effet, les Grâces étaient à peine achevées que je sors, en toute hâte, de l'avant.chœur, pendant qu’elle, qui guettait le coup de temps, se précipit: après moi et veut retarder ma marche. Mais c’est alors à qu‘ arrivera la première à la porte de la cuisine si ardemment désirée ; chacune par un chemin différent, nous marchions d’un pas accéléré, ne tenant compte, pour le moment, de la réserve imposée par la modestie religieuse, que pour ne pas courir autant que nous l’aurions voulu. Enfin, nous arrivons ensemble. On s'explique d’abord par signes, puis on s’anime.… C’est notre tour, lui disions-nous.—Vous ètes occupée, vous travaillez ; moi, je suis si gauche, je ne sais rien faire, je vous en prie, laissez.moi laver les écuelles.

Pendant son discours, je mettais le tablier, et je crois même que je lavais déjà vne écuelle quand ceite chère sœur me dit, en dernière ressource, avec un accent qui ne peut se rendre : ‘‘ Eh bien, ma sœur, voyons, dites-moi un peu, à quoi suis-je donc bonne ici ?” On pourrait ajouter, sans rien changer au ton : si ce n’est à récurer les marmites, laver les chaudrons, ete... etc.

Je n'avais plus qu’à me retirer, disant au fond de mon cœur : Non, non, bien chère sœur, je ne dois plus résister. Lavez les écuelles : ce serait bien trop domma;,e de ne pas vous lais:cr faire.

elles de en était sus de bien de rendre.

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