Douls y fut reconnu et assassiné dans une mosquée
que, depuis l'accession au trône des Filali, ceux-ci y ont toujours envoyé quelques-uns de leurs nombreux enfants et les membres gênants de leur famille, la sainteté est telle que souvent les juifs doivent se déchausser et qu'ils sont obligés de délier leurs sandales devant un chérif.
Mais ce qui fait la renommée du Tafilelt et sa richesse, ce sont ses dattes exquises. M. Harris a estimé à quatre cents milles carrés la surface consacrée à la culture des palmiers. « Pour se faire une idée de l'énorme quantité de dattes que produit le Tafilelt », dit-il, « il faut voir l'oasis. Les palmiers, plantés si épais et si serrés qu'ils ferment la vue de tous côtés, forment une forêt gigantesque... »
La dynastie des Filali, qui règne actuellement, de même que celle qui la précéda, doit son élévation à une plus abondante récolte du précieux fruit. Au xvne siècle, Hassan vint s'établir dans la contrée et soit hasard, soit qu'il ait su améliorer la culture des palmiers, son arrivée coïncida avec une si belle production de dattes qu'il passa pour avoir attiré sur le Tafilelt la baraka ou bénédiction de Dieu et acquit tant d'influence, qu'en 1648, sa descendance était appelée à occuper le trône chérifien.
Une autre ressource de la région vient du passage des caravanes du Soudan et du Touat, qui y bifurquent pour Fez et Marrakech. Le Tafilelt était jadis renommé par ses dromadaires, particulière-
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ment recherchés à cause de leur endurance. Caillé parle aussi d'une belle race de brebis blanches et de chevaux appartenant aux Berbères. Les fameuses peaux et des haïcks de fine laine blanche sont parmi les seuls articles de quelque importance exportés du Tafilelt, qui est un entrepôt d'esclaves.
Selon M. Harris, les Arabes du Tafilelt seraient un mélange de diverses tribus, ayant aussi des origines berbères. Ils ont la peau plutôt foncée et le visage peu expressif, mais peut-être l'aspect un peu moins rude que les gens des autres tribus.
Berbères et Arabes ont un costume à peu près identique; les premiers ne retiennent point la longue tsamirah à la taille par une ceinture. La djellab ne se porte pas; elle est remplacée par le haïck et le haïdus, communs aux deux sexes. Les vêtements des femmes sont en cotonnade bleue ou en jute, appelé khunt ; parfois aussi, ce sont de grossiers haïcks en laine de manufacture indigène ; comme parure, elles ont des colliers d'ambre, d'argent, de corail, et quelquefois aussi, selon leur fortune, des périscélides et des bracelets en argent.
Les femmes sont généralement petites et un peu vulgaires d'apparence ; leur voix est forte. Leur tâche quotidienne comprend, outre les soins du ménage, ceux du bétail, la récolte du bois et une foule de choses encore; aux hommes il ne reste d'autre passe-
temps que la chasse et la guerre. Les combats sont sérieux et il n'est pas fait de quartier dans les luttes entre Arabes et Berbères. Tous les mâles en âge de porter les armes, qui sont faits prisonniers, sont égorgés sans pitié.
Le Sud-Est marocain est une de ces régionsfrontières, vaguement dessinées, qui bordent nos possessions algériennes. Au nord de la chaîne des ksour, son Dahra est le prolongement des hautsplateaux oranais et renferme peu de lieux habités. Les nomades Mehaïa et Béni Matar en parcourent la partie nord, de même que le bassin moyen de la Moulouya, tandis que les Sidi-Cheikh, les Ouled- Naceur, les Beni-Guild — ceux-ci plus rapprochés de nos possessions — établissent leurs campements dans sa partie sud. Ces tribus sont soumises au sultan, du moins nominalement, car elles paient peu ou pas d'impôts et changent de chefs à volonté.
La population comprend les habitants des ksour, sans cesse razziés par les nomades, auxquels ils résistent fort bien derrière leurs murs, mais avec lesquels ils ne peuvent se -mesurer en rase campagne, car leurs adversaires ont l'avantage d'être excellents cavaliers, tandis qu'eux ne possèdent ni chevaux, ni troupeaux, qui leur seraient bien vite enlevés.
Les ksouri représentent la population sédentaire et paisible, tandis que chez les turbulents nomades
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la guerre, soit avec les voisins d'Algérie, soit avec les habitants des ksour, soit même entre eux, est à l'état perpétuel.
Malgré les caïds nommés par lui, le sultan peut à peine faire sentir son autorité ou même son influence dans le bassin de la Moulouya, entravé qu'est le pouvoir central par la difficulté des communications, qui ne peuvent se faire que par les territoires des remuants Riata, presque toujours rebelles à l'autorité chérifienne. La région est donc le théâtre des exploits de quelques tribus bataileuses, qui se font les unes aux autres une guerre si acharnée que, parfois, la plus faible est obligée de se réfugier sur territoire algérien pour quelque temps.
Les armes de guerre et les munitions arrivent abondamment aux belligérants, par Melilla.