FEMMES AU CIMETIERE
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L'ISLAM AU MAROC
tout ce qu'il peut, à un prix des plus modiques (car il s'agit de défier la concurrence) variant entre 15 et 20 francs par tête. Chacun apporte ses provisions, voire môme son outre d'eau; cependant si, par accident, une outre se vide, elle est remplie sur le bateau. Comme provision de route, le pèlerin généralement emporte une livre de thé, un pain de sucre, du beurre rance, deux livres de viande séchée, de la semoule pour le couscouss, des biscuits, du charbon, quelques miches de pain, ce qui lui fournit de quoi vivre une quinzaine de jours. A côté de cela, il n'oublie pas quelques ustensiles indispensables : théière, gobelet, bouilloire, soufflet, cuiller en bois, marmite, etc., sans compter la paire de sandales neuves et l'irham (sorte de vêtement sans couture, formé d'un drap rectangulaire en étoffe de coton) indispensable pour pénétrer dans la ville sainte.
Pour un homme qui sait se contenter de peu et qui, çà et là, trouve moyen de gagner quelques bribes en rendant des services, le voyage revient, au minimum, à deux cent cinquante francs environ; le trajet de retour étant bien plus cher que celui de l'aller.
Les grands pèlerinages de l'Islam ont lieu chaque année à la même époque. Du Maroc, les pèlerins partent douze ou quinze jours après l'Aïd es Seghir, de façon à se trouver réunis le jour de l'Aïd el Kébir
dans la vallée de Mina, près de la Mecque, et être rentrés chez eux, si rien ne vient entraver le voyage, vers le moment des fêtes du Moûloûd.
La réunion de pèlerins venus de pays divers a été justement considérée comme un foyer de propagation des maladies contagieuses et épidémiques de l'Asie, plus particulièrement le choléra et la peste ; aussi a-t-il été jugé nécessaire d'établir des lazarets en certains points. Les pèlerins algériens et marocains subissent une première quarantaine à Djedda, dans la presqu'île Sinaïque, puis une seconde dans un des ports du Maroc avant de pouvoir librement rentrer chez eux. C'est généralement à Mogador qu'ils sont retenus, car l'île qui fait face au port ne contient guère que deux maisons, une mosquée et une prison-forteresse qui les isolent suffisamment.
La prière tient une large place dans les pratiques de l'Islam. Partout où l'on honore le croissant, dominant les plus pauvres douars aussi bien que les villes superbes, s'élève la mosquée qui réunit les fidèles à la kotba 1 du vendredi. L'architecture, dans ses grandes lignes, en est invariable : une série de coupoles ou quatre toits en pente entourant un patio, ou cour intérieure, dont émerge fièrement une haute tour quadrilatère, le minaret, dans le haut duquel est ménagé