‹ Une francaise au MarocChapitre 36 sur 52 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

LA VIE EUROPÉENNE

Tanger. — Un débarquement. — Difficultés d'une installation. — Les serviteurs indigènes. — - Approvisionnements. — Voyages. — L'hospitalité officielle et privée. — Longueur des étapes. — Modes de locomotion. — Comment on se rend en soirée. — Promenades, sports et distractions diverses.

Peu après avoir quitté Algésiras, et sitôt qu'on Ta perdu de vue, il faut tourner ses regards vers la côte d'Afrique pour contempler une ville coquettement groupée en amphithéâtre et encadrée de vastes^ collines. C'est Tanger la Blanche, la clé du Maroc, la porte entr'ouverte sur le vaste et mystérieux empire, le sombre Moghreb. De tout temps, sa situation géographique Ta destinée à jouer un rôle dans l'histoire, et aujourd'hui, elle est encore le port le plus important du Maroc et un centre politique assez considérable. Là résident les représentants des puissances européennes ; là aussi, le plus souvent, le voyageur, l'explorateur prennent pour la première fois contact avec le pays

marocain, de même que c'est là aussi qu'ils en prendront congé pour regagner la mère-patrie.

A mesure que Ton approche de la baie, fermée par la pointe de Malabata que domine la vieille tour portugaise, se distinguent plus nettement les détails de Tanger. Voici, à droite, la haute citadelle ou kasbah, au-dessous de laquelle subsistent encore les vestiges des fortifications datant de l'occupation anglaise au xvue siècle (1662-1683). Çà et là, au milieu des gros cubes blancs de maisons groupées, surgissent des constructions plus vastes ou des tours de mosquée. A gauche, la partie plus particulièrement réservée aux Européens se termine par des hauteurs verdoyantes où apparaissent quelques bouquets de pins; au bas des dunes de sable, s'étend la plage qui, à certaines heures, est le lieu de promenade où se donne rendez-vous la colonie européenne. Enfin, au moment d'arriver, se dessinent au premier plan les bâtiments de la douane et les antiques batteries de canons séculaires.

Tout est confusion et tumulte au moment de débarquer, et le voyageur ahuri, pris au milieu de groupes agités et bruyants, se ressaisit seulement quand, après avoir passé devant les graves personnages à turban que sont les fonctionnaires de la douane, il enfourche là monture qui lui a été amenée. Lentement d'abord et non sans peine, il parvient à se frayer un chemin dans la foule des déchar-

PAYSANS DES ENVIRONS DE TANGER SE PROMENANT EN CAOOl.ET.

Page 1