I. Étudiant
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puis de se tourner parfois contre les premiers avec d'autres tribus, a, tout en se maintenant sur un trône plus ou moins chancelant, perdu quelque peu de son autorité et, quoique à certains moments des victoires aient pu le réconforter, il a dû lui-môme concevoir parfois des doutes sur l'issue de la lutte alors engagée, notamment lorsque, par l'entremise de ses amis ii.ii -lais, il acheta, moyennant trois cent mille francs, une villa en Angleterre, ce qui suggéra à un de ses ministres, plus sceptique que respectueux une réflexion du goût de celle-ci : c C'est pour s'y retirer rçuand il sera dégommé ! »
Sa politique subit le contre-coup de ces incertitudes : à un moment donné même, une revue qu'il passait à l'occasion d'une fôte annuelle l'effraya en lui faisant comprendre où l'avaient entraîné ses goûts ultra- modernes. Il s'était attendu à trouver trente mille hommes armés sur le champ de manœuvre, il n'y en eut que quinze cents; c'est probablement comme conséquence à ce fait, qu'il prit une mesure brutalement énergique et décida soudain le renvoi de tous les étrangers qui émargeaient à un titre quelconque au budget du Maghzen. Ceci se passait en novembre 1904, au moment où la mission Saint-René Taillandier, envoyée auprès du sultan, mais dont le départ avait été trop longtemps différé, se préparait à quitter Tanger, et la nouvelle causa alors une grosse émotion. Puis les difficultés s'apla-
ABD EL-AZIZ. LA SITUATION ACTL ELLE
njrent, la mission française arriva à Fez après avoir reçu bon accueil sur son parcours; mais alors le voyage de Guillaume II à Tanger vint placer un grand point d'interrogation à l'horizon politique.
Survint la conférence d'Algésiras, avec l'élaboration de tout un programme de réformes financières, administratives et policières, qui fut accepté par le sultan et son Maghzen, mais avec le de**ein secret et bien arrêté de traîner les choses en longueur, au moins en ce qui concerne divers points. Il est un certain nombre d'abus dont les fonctionnaires marocains se trouvent fort bien, et qu'ils ne désirent nullement voir disparaître; la politique fuyante du Maghzen, à part les dispositions qui peuvent contribuer à remplir l'escarcelle, ne yise qu'au maintien du statu quo, et, à travers mille détours et circonlocutions, oppose la force d'inertie aux activités européennes. Et pendant ce temps, le désordre ne cessait de grandir dans l'empire chérifien, dont les finances s'épuisaient au point que les troupes ne recevaient plus de solde et que le sultan lui-même, à plusieurs reprises, dut renoncer à quitter Fez pour une autre de ses capitales; l'argent Taisant défaut pour couvrir les frais du déplacement.
L'affaiblissement du pouvoir se manifestait par des soulèvements partiels, des incidents et des troubles à la frontière algérienne — dont un des plus tragiques
fut le guet-apens de Tidjkdja, en novembre 1906; — des descentes plus fréquentes de tribus montagnardes dans les villes avoisinantes, et aussi la croissante audace du brigand Erraïssouli,qui s'était tenu jusqu'alors dans les montagnes du Djebel, mais qui jugea bon de se signaler par d'audacieux •enlèvements, comme ceux de M. Harris, puis plus tard de MM. Perdicaris et Varley, ou d'interrompre les communications de l'intérieur avec Tanger, dont, tour à tour, il terrorisa la banlieue en rançonnant les villes et pillant les azib l ou l'administra à titre de caïd. Pareille administration devait, cela se conçoit, causer d'innombrables difficultés avec les Puissances et n'était point de nature à ramener l'ordre et la paix. L'insécurité et les risques que couraient les Européens devinrent tels qu'en novembre 1906, le corps diplomatique adressait au sultan une protestation au sujet de l'anarchie existante et des abus de pouvoir commis par Erraïssouli, et l'envoi de cuirassés fut jugé nécessaire à la protection des Européens. Mis ainsi en demeure, leMaghzen se décida à agir. Erraïssouli destitué fut déclaré rebelle par une lettre chérifîenne lue à la grande mosquée de Tanger, et, pour prouver à quel point on recourait aux moyens énergiques, le concours du lieutenant Ben Sedira, le même qui, en 1904,