RÉPONSE A MON AMI
Ta nef, Louis, le vent d'orage L'emporte, hélas! bien loin de nous!
Mais ton audace ou ton courage
Se moquent des flots en courroux.
Comme l'oiseau de la tempête
Qui plane sur la mer et jette
Aux vents ses cris victorieux,
Ainsi ta lyre souveraine
Sur l'ouragan qui se déchaine
Fait pleuvoir ses chants glorieux!
Ah! nos muses en deuil te pleurent!
Elles n'entendent plus tes chants
Quand les derniers bruits du jour meurent, Quand l'aube dore au loin les champs
Et les uymphes de nos fontaines
Te demandent aux fleurs des plaines
Qui penchent leurs beaux fronts vermeils.
Et l'aigle interroge l’espace
Pour voir si dans ta noble audace
Tu n'as pas franchi les soleils !
Pour moi, Louis, quand sonne l'heure, L'heure si douce du loisir,
Au foyer d'une humble demeure
D mn