NAPOLÉON III
Puis elle demeurait là, les pieds dans la boue, Ou la tète sous le soleil,
Tant que sur le pavé résonnait une roue, Fant qu'on voyait le char vermeil,
Et les fronts s'inclinaient jusque dans la poussière : On aurait pu baiser ses pas,
Ceux même qui, parfois, l'insultaient en arrière, Devant lui se courbaient plus bas,
C'est qu'il était puissant, et que souvent la force Est le dieu Le mieux adoré ; C'est que le peuple, aussi, sous une saine écorce
Cache un cœur souvent ulcéré,
Il était renommé dans toutes les provinces Et craint dans mille lieux divers ;
Il était le plus grand de tous ces brillants princes Qui se partagent l'univers
Tes
Des amis, prosternés devant son diadème Offraient l'encens du courtisan, Mais ils ne laissaient pas arriver l'anathôome
—— Us
ES
"2 ms
Que lui jetait le paysan,
E!, quand il regardait défiler ses phalanges,
/ Le K 4,
VOD K WU. 2 K K 4 IMAGE EVALUATION K TEST TARGET (MT-3) ] 1O ‘12 2 = ‘2 | IL “ |l2 — ILS.
125 LS os À
Fhoomepn ss ane À Corporation
Comme des flots, au champ de Mars, Il se croyait un dieu dont les millions d'anges Portent la foudre en toutes parts.
Son nom jetait l’effroi comme un coup de tonnerre. Quand il fronçait son noir sourcil,
Au levant, au couchant, les rois s'armaienten guerre, Et croyaient leur trône en péril.
Comme l'ange maudit il ne crut qu'en lui-même : Il méconnut la voix de Dieu.
Il aurait agréé, dans sa superbe extrème,
L’encens qui monte du saint lieu.
Il avait oublié, ce grand prince, une chose : C'est que Dieu règne sur les rois ;
Qu'ils n’ont tous qu'un mandat que le ciel leur impose, Et que les peuples ont des droits.
A son front orgueilleux, d’une main tout sanglante Et riant d’un rire infernal,
La révolution, devenue insolente, Avait mis le bandeau royal.
Il lui fit des faveurs, la reçut dans sa couche, Lui vendit son âme et son corps.