‹ Une gerbe [microforme]Chapitre 39 sur 65 · LOIN DE LA FOULE · texte numérisé non relu

LOIN DE LA FOULE

Le vent souffle avec rage, et sa brûlante haleine

Réchauffe, à son réveil, chaque fleur de la plaine, Chaque léger brin de gazon ;

Puis la forêt frémit dans sa verte parure,

Jetant au ciel de feu son immense murmure, Comme une divine oraison.

Un voile de fumée obscurcit les campagnes :

Il ouvre ses replis au-dessus des montagnes Jusqu'à l’azur du firmament.

On dirait que d’un temple aussi grand que la terre

C'est le suave encens qui monte avec mystère Vers le trône du Dieu clément.

Le soleil apparaît dans ce vaste nuage

Comme un boulet rougi qui se fraie un passage Dans la cime épaisse des bois.

Le fleuve soulevé s'élance vers la grève,

Et de la côte abrupte où chaque jour je rêve

Il ronge, en hurlant, les parois.

Près de moi le bouleau traîne sa robe blanche, Le chardonneret d’or saute de branche en branche

Avec le merle et le pinson.

Quand le printemps renaît sur nos rives si belles Ils reviennent toujours, ces compagnons fidèles,

Nous chanter leur douce chanson.

Oh! qu'il fait bon, mon Dieu, d’être loin de la fou@'ai rev

Dont l'existence aride et s’agite et s'écoule

J'ai rev

Au milieu d’un frivole bruit! le m'en Qu'il fait bon d’être seul et de lire une page De ce livre éternel—la Nature—où le sage,

Chaque jour, de nouveau s’instruit !

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inche,

à branche LA MAISON PATERNELLE

si belles , fidèles,

J'ai revu la maison où le ciel m'a fait naître;

jai revu lhumble chambre où, seul, pour rêver mieux,

ke m’enfermais souvent quand se voilaient ies cieux. eme suis, comme alors, assis dans la fenêtre

our entendre le vent et les feuilles gémir,

our regarder le ciel avec ses blancs nuages,

es bois à l'horison et les gras pâturages,

tle fleuve qui semble au loin toujours dormir.

ne retrouve plus cette douce lumière

ui descendait d'en haut sur la pauvre chaumière : es arbres ont grandi: sur leurs épais rameaux n'entends plus chanter mes gais petits oiseaux!

Depuis longtemps le feu s'est endormi dans l'âtre ls Et le seuil vermoulu s'est voilé de gazon, a On ne voit plus de croix pendue à la cloison, . Ni d'images de saints, ni de niches en plâtre, ds Sous le foyer moussu les grillons réunis da Jettent, de temps en temps, leur cri mélancolique, en Et, dans la cheminée, aux angles de la brique, Et n Les agiles moincaux ont accroché leurs nids. Dans Sur les carreaux poudreux laraignée âpre et louche À suspendu sa toile où meurt la pauvre mouche. Rien Et, du soleil de juin jamais les doux ravons di be N'entrent pour réchauffer les humides plafonds! LL Les flc O sainte vision! Dans cette salle basse, Pa se

Au pied d'un vieux crucifix noir,

Je revois la famille, à chaque jour qui passe,

Faire la prière du soir.

Mon père avec soucis près de lui nous rassemble :

Longtemps il prie à haute voix.

Après chaque oraison nous répondons ensemble : ‘“ Amen ” en regardant la croix.

Les auvents sont tombés, et l’eau, pendant l'orage. Goutte à goutte descend le long des vieux lambris. Moi je pleure à l'aspect de ces tristes débris,

Et je vois rire, hélas! les enfants du village.

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