‹ Une gerbe [microforme]Chapitre 48 sur 65 · RER RS · texte numérisé non relu

RER RS

Victimes, avancez! Bourreaux, faites vos tâches! Voyons donc au grand jour quelles ignobles taches

Souillent le front de ces forcçats.

Victimes, avancez | Héros de mon pays, quoi c'est vous que l’on traine

Sur le gibet des scélérats ?

Que n’êtes-vous tombés, au jour de la bataille,

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An champ de Saint-Eustache,au champ de Saint-Denis! Que êtes-vous tombés, broyés par la mitraille Avec vos compagnons bénis !

| | Peup Mais, pour calmer un peu cette haine enragée Fe | “spi

Qu'en son âme implacable il gardait contre nous v Le) 1 Tes l es €

Colborne voulait boire une chaude gorgée D'un sang dont il était jaloux.

Il fallait, pour autel, une ignoble potence, Il failait, pour témoin, un ignoble troupeau,

Pour victime il fallait la divine innocence 4 | … A ce grand prètre fait bourreau !

Comme si la terreur, la honte et l’anathème, Qui font une couronne à l'échafaud sanglant, | Pouvaient graver aussi leur stigmate au front même na |

De celui qui meurt innocent ? | HE âches! 1 ÿ | taches Défenseurs malheureux d'une cause humble et sainte, ee) Votre nom à jamais sera glorifié ! (fl ae ! Maudits soit les tyrans ! Mourez ! mourez sans crainte, san | \ traine Le gibet est sanctifié. | ! i hi A Vous n'êtes plus, hélas! mais de votre poussière ‘ 1 lle, Un germe s’est levé qui ne doit point périr. qi i aint- Denis ED, vos tombes jaillit un rayon de lumière ui) | ville Qui nous guide vers l'avenir. til If à | Peuple, courbe ton front et souffre sans rien dire ; Ai ee N Espère un temps meilleur, pauvre persécuté, | qu Aouss Tes défenseurs sont morts, mais leur sanglant martyre ji

Vient d’enfanter la liberté.

A son roi comme à Dieu notre peuple est fidèle, Et la grande Albion n'eut jariais auprès d'elle Un défenseur plus noble, un plus vaillant support.

Il fut, dans tous les temps, loyal jusqu'à la mort, AIbi

Et pourtant, on le sait, ce peuple doux et brave

Fut traité bien des fois comme nn indigne esclave. Quar

Par t Pour Et vi

Les échos attristés de nos vieilles forûts Redirent de nos chefs les odieux projets.

Mais le bruit de ces fers qu'avait forgés le maître

Fit surgir des héros au lieu de faire naître

D'implacables vengeurs.

N'allez pas, toutefois, 0 vous qui n’écoutez, croire que lhumble voix Du faible qu'on opprime est toujours entendue. O peuple Canadien, ta plainte s'est perdue Souventefois, hélas ! avant d'atteindre aux cieux ! Ne crovez pas, non plus, que, fort peu soucieux De son nom, de sa gloire, aux jours sombres d'orage,

Le peuple ait mieux aimé, sans force ct sans courage,

Marcher, le cou plié sous un joug odieux,

Que tomber au combat sur le sol des aïeux.

Si le peuyle a souffert sans craindre ou sans maudire Ses nombreux oppresseurs, C'est, 1! faut bien Le dire, Qu'il sentait dans son âme une Que ne pouvait briser la plus dèle, Cest qu'il avait en D:

Albion. tu le suis.

Ou le pOuUrsuis O1

Albion, il est là pour &

‘sclave,

Quand les fils turbulents de la plaintive Irlande,

Par tes lois relégués jusqu'au fond de leur lande, Pour se venger de toi se firent Fénians,

naître | : | | Et vinrent l’insulter jusqu'aux bords Canadiens,

Notre peuple vola, déployant tes bannières, Notre peuple loyal vola jusqu'aux frontières ; Et l'ennemi, surpris de tant de dévoûment, Dans son repaire sûr s'enfuit honteusement.

Aux jours de trente-sept, quand, sous la tyrannie, Gémissait de nouveau notre terre bénie ;

Que Papineau semblait sonner enfin tes glas.

O puissante Alhion ! quelques héros, hélas !

Osvrent seuls, pourtant, dans leur ardeur suprème, Fouler aux pieds tes Jois et te dire anathème !

Le peuple protesta devant tout l'univers.

Sa loyauté sublime et le bruit de ses fers

Le faisaient ressembler aux saints martyrs de Rome!.

Sur 1

Plus loin, dans le passé, Chateauguay que lon nomme. 1 n tæ) : L l'a or

Nous peuple de conquis, avec un noble orgueil, Diane Jui

Chateauguay fut-il pas comme un voile de deuil Te ch É 6 CII

Dont nous avons couvert la grande république ?

Dites, ne futil pas la meilleure réplique

À ceux qui méprisaient notre antique valeur ? Et qu Cest |

Plus loin, dans l’autre ‘iècle, en ces temps de douleur Pour

Où ceux-là qui vivaient avaient tous souvenance Ses sc

D'avoir vu, sur nos murs, le drapeau de la France Ou de

S'incliner tristement devant le Léopard, Dieu

Nous les fils des vieux Francs, dans ce mômefrempart Qui couronne le front de notre illustre ville Comme un bandeau royal; nous qu'une haine vile \vait calomniés et voués au mépris, Nous nous fimes soldats. Et le maitre, surpris, annie. Nous dut, vous le savez, une insigne victoire. Nous versions notre sang, il recucillait la gloire. Qu'importe ? On nous disait: * C'est le devoir, allez !? A! Et nous allions au feu, certains d'être eribléôs uprème, Par Les balles de plomb et l'ardente mitraille.

ot!

[La peut-étre droit celui-là qui nous raille

: De notre dévoûüment parfois si mal payé.

de Rome !, À

Nous Caunadiens-Franeais, nous avons étayé | Sur notre sol fidèle, à superbe Angleterre, OU DOME a cloire chancelante et ton pouvoir austère, ueil, leuil

que ?

Quand,—après cent combats,—le peuple américain

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Te chassa de ses bords et nous tendit la main.

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Et quand Montgomery vint dans nos froides plaines,

C'est toi qu'il poursuivait !....Ætses mains était pleines,

de douleur Pour nous, tu le sais bien, d’entrainantes faveurs |

ance Ses soldats courageux étaient-ils des sauveurs

rance Ou de traitres amis qu’on fit bien de combattre ? Dieu nous protégea-til quand ils vinrent s’abattre,

Sur notre s0l aimé, comme un troupeau de loups ?

Dieu nous protégoea-t-il, ou fûtil contre nous ?,..,

Or voici co quan jour redira la légende:

C'était l'hiver, Le givre attachait sa guirlande Comme une fleur de is aux sanins toujours verts, La nuit ouvrait son ailes et les rioux, recouverts De grands nuages gris que roulaient les tempêtes,

Faistient tourbillonner la neige sur nos tôles.

Québec ne dormait pas sur son vaste rocher.

On vuyiuit, dan, la nuit, lentement s'approcher

Comme unserpentquirampeautour d'un nid,sur lherbl

La troupe américaine. Empressée et superbe,

Elle avait tout conquis sur son passage heureux. Monteoimery guidait les guerriers valcureux,

ne | | | Dans Toujours sur le sommet de l'âpre citadelle IL ser L'étendard d'Albion flottait. La sentinelle | . Passait silencieuse au milieu des brouillards, Fons Plongeant dans la noirceur ses inquiets regards.

Le peuple s'agitait dans les étroites rues

Comme on voit, quelquefois, au fond des herbes drues

S'agiter les fourmis. Et toujours il neigeait.

Et le front dans sa main Montgomery songeait :

Il songeait au moyen de surprendre la ville.

Tout à coup, dans les airs, une clameur fébrile

loups ?

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