C'est au bruit des sanglots et des plaintes funèbres
“Où vont ces malheureux au milieu des ténèbres ?
Ne vont-ils pas bientôt se heurter à l’écueil ?
“N'auront-ils pas aussi les ondes pour cercueil ? O ciel ! protége-les ! c’est assez de victimes !
Referme, Dieu puissant, ces horribles abimes “Que ton bras redoutable a laissés s’entr'ouvrir,
ÆŒt que l’on voie encor ces rives refleurir !
RTC
0 prière inutile {! En vain ma voix implore,
À l faut une victime ! une victime encore !
| Damas ! Ô Damas! réponds, où donc es-tu ?
Que devient ton amour ? Que devient ta vertu ?. 4 on esprit égaré rève-t-il d'harmonie ?
Damas, n'entends-tu pas un râle d'agonie,
ne plaintive voix qui va s’affaiblissant ?
N'entends-tu pas, Damas, un adieu saisissant ue l'orage qui passe emporte sur son aile ;
Que berce sur son sein la vague solennelle ?
Ne vois-tu point ces bras qui se lèvent vers toi ? Ces regards suppliants, pleins d'amour et d'effroi, Que plongent dar la nuit une vierge mourante ? Pauvre Damas, c’est-elle ! elle ta tendre amante Qui se débat en vain, et, par un long effort, S'épuise à repousser l'étreinte de la mort !
Mais si tu n'entends pas sa douloureuse plainte, Un autre la comprend, Seul il vogue sans crainte Au milieu des débris qui flottent sur les eaux.
Il aime la tempôte et rit de ces fléaux
Qui vont anéantir les paysans superbes.
Leurs bouches n'auront plus pour lui de mots acerbes!
Au bord de son canot il allume un fanal Et s'avance en chantant un couplet infernal,
En face de la mort la vierge malheureuse À saisi cependant, d’une main vigoureuse, La branche d’un pommier qu’elle mème a planté ; Elle soutient ainsi, sur le gouffre irrité,
Son visage souffrant, sa chevelure blonde
Que chaque brise incline et chaque flot inonde.
De temps en temps sa voix s'élève dans les airs,
Mais nul ne veut répondre à ses sanglots amers.
toi ?
'effroi, ‘ante ?
nante l,
unte, crainte