‹ Une gerbe [microforme]Chapitre 9 sur 65 · AT · texte numérisé non relu

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LA DÉBACLE 29

=" Misérable !” dit-eile, et sa voix indignée Dans l'écume des flots va se perdre et mourir. Ses doigts endoloris commencent à s'ouvrir ;

Sa main n'a plus de force ; elle glisse! elle glisse !

—‘ Jure. dit le démon, je finis ton supplice ! ” Tout est sourd à s4 voix hors le vent qui gémit! Mais la main de la vierge étreint l'arbre et frémit. Gest Le terme fatal d'une lutte effrayante !...., Une forme légère, indécise, ondovante

Se berce au gré des flots, des vents impétueux ; Une main entr'ouverte, un bras voluptueux Séluvent par instants au dessus de l’abime ;

Mais bientôt tout s’efface, il ne reste qu'un crime ! Le barbare Fribul, sans bruit, s'éloigne alors

Et vogue poursuivi par un sombre remords,

O Damas ! à Damas! laisse pleurer ton âme!

Elle n'est plus déjà cette adorable femme Dont la vertu touchante et le naissant amour Pay aient tes chastes feux d’un si tendre retour !

La mort a moissonné, dès l’aube de son âge,

La plus charmante fleur de ton joli village ! N éveille plus les bois par tes chants réjouis !

Tes projets de bonheur se sont évanouis

Comme un songe au réveil et comme une fumée ! Ne ne la demande plus ta jeune bien-aimée :

Son corps charmant et pur gît au fond du torrent ! Elle a tourné vers toi son regard expirant !

Elle t'a demandé dans une humble prière !

Et seul un homme impur, un monstre au cœur de pierre ##P

Est venu souriant pour la voir expirer !

Le lâche ! le pervers ! il pouvait espérer,

En lui portant secours à cette heure suprême, Te ravir à jamais celle que ton cœur aime ; Mais, détestant l’infâme et fidèle à sa foi,

Elle aima mieux mourir que de vivre sans toi!

‘ Juin répand sur nos bords les fleurs de sa corbeille, ‘ De suaves accents, dès que le jour s'éveille,

Font retentir au loin nos bois mystérieux ;

“ Sur les sillons fumants les insectes joyeux

‘“ Se hâtent à poursuivre une facile proie ;

“ Le papillon doré tend ses ailes de soie

‘ Et danse tout le jour dans un rayon de feu ;

“ Le vaste Saint-Laurent déroule son flot bleu

‘ Qui vient mourir sans bruit sur les bords du rivage ;

“ L'air est plein de parfums, le ciel est sans orage,

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