LE PRINTEMPS I
S'élève le matin Du fond de la vallée où la rose déploie
Sa robe de satin.
Et Ton voit, à travers ces nappes diaphanes,
Flotter, comme dans Veau, Les profils indécis des flexibles lianes
Et du pâle bouleau.
Ainsi de l'avenir l'anxieuse jeunesse
Croit parfois entrevoir Les contours incertains, la forme enchanteresse,
Quand l'amour ou l'espoir, Comme un rayon de feu, comme une douce haleine^
Pénètrent le rideau Tombé devant les yeux de la sagesse humaine
Depuis notre berceau.
Salut, printemps fécond. Tu souris à la terre ;
Tu rends au pré ses fleurs, au bois son vert manteau,
Mais tu ne saurais rendre à la plaintive mère,
Printemps si beau,
Par tes effluves embaumées,
Ses jeunes filles bien-aimées
Qui reposent dans le tombeau !
Mille arbustes nouveaux, mille nouvelles plantes Surgissent du sol nu.
ID4 TJKB GERBE
Le printemps leur a fait des promesses brillantes,
Mais, l'automne venu, En vain Ton cherchera la trace d'un grand nombre.
Ainsi pour les humains !
Quand le soir de la vie étend au loin son ombre
Sur les tristes chemins, Ceux qui restent debout retournent en arrière
Des regards superflus :
La route est recouverte, hélas I de la poussière
De ceux qui ne sont plus 1 Un besoin de soleil ou des feux implacables,
L'onde ou les aquilons Ont fait périr beaucoup de ces fleurs adorables
Dont les jours semblaient longs !
Salut, printemps fécond. Tu souris à la terre ; Tu rends au pré ses fleurs, au bois son vert manteau, Mais tu ne saurais rendre à la plaintive mère, Printemps si beau, Par tes effluves embaumées.
Ses jeunes filles bien-aimées Qui reposent dans le tombeau 1
Il est doux maintenant de reprendre les courses Sur les coteaux lointains,