XIII. — Avoir un véritable ami
Ayez un ami sage et sûr qui vous dise la vérité. Sachez ne pas vous offenser , lorsque d'autres qu( moi vous feront la guerre sur vos petits défauts. « Si j'osais vous citer mon exemple, écrivait Racin( à son fils, je vous dirais qu'une des choses qui m'ont fait le plus de bien, c'est d'avoir passé ma jeuness( avec une société de gens qui se disaient assez volontiers leurs vérités. »
Les jeunes gens ont des sociétés , rarement ils ont des amis. Les plaisirs seuls les unissent, et les plaisirs ne sont pas des liens dignes* de l'amitié.
L'esprit ne se délasse jamais si bien et si agréablement que dans la société d'un véritable ami. 11 n'y a rien dans la vie qui approche de cette jouissance. Sa conversation même fait naître de nouvelles pensées, et excite à former de beaux desseins; elle anime à pratiquer le bien, calme les passions et adoucit les peines. C'est un trésor dont le prix ne cesse de s'accroître jusqu'à la vieillesse; mais, pour le trouver, il faut commencer par le mériter.
Ouvrez -vous à lui, comme il s'ouvrira à vous. Entretenez-vous quelquefois avec lui des choses du
salut; cela vous sera d'autant plus utile qu'on est exposé à ne pas penser à Dieu dans la dissipation et le tracas des affaires.
Mais n'oubliez pas que les parents sont toujours les meilleurs amis des enfants, et qu'il y a aussi des amis de la famille, dont l'affection descendant des pères aux fils demande à n'être pas négligée.