Arch. de la Côte-d'Or, B. 1588, f
faire aboutir, en se groupant autour du dauphin, leurs idées de réforme *, le peuple n'avait cependant pas cessé d'être attaché au prince qui lui avait été si favorable. Exécutions, bannissements, confiscations avaient contraint les Bourguignons à dissimuler leurs sentiments, mais la masse ouvrière et la petite bourgeoisie étaient demeurées dévouées à leur ancien protecteur. Déjà, à plusieurs reprises, quelques faits significatifs s'étaient produits. Au moment de la signature de la paix d'Arras, que les Parisiens accueillirent avec une joie non déguisée, un valet ne craignit pas d'arracher dans l'église Saint-Eustache l'éeharpe du parti armagnac dont on avait revêtu une statue de saint André; arrêté, il eut le poing tranché 2. Suivant même certains chroniqueurs, cet acte n'aurait été qu'une manifestation isolée d'un complot plus important, qui devait éclater la veille de l'Epiphanie ; on devait sonner la cloche de l'église Saint-Eustache, soulever le quartier des Halles, toujours dévoué à Jean-sans-Peur, et massacrer les ennemis du duc de Bourgogne. Le complot aurait été révélé aux ducs d'Orléans et de Bourbon par un marguillier de Saint- Eustàche et c'est à la suite de ce complot que le dauphin 3, mécontent d'avoir vu arrêter, par ordre des ducs, certains de ses serviteurs tels que le sire de Montauban et David de Brimeu, aurait éloigné de Paris* les princes du sang.
1. Les nombreuses démarches du Parlement auprès du duc de Guyenne en décembre 1415, et les délibérations qui les précédèrent, les demandes incessantes de réformes, le rappel d'ordonnances faites sur ces divers sujets, indiquent bien qu'un certain nombre de membres du Parlement et de la Chambre des Comptes songeaient encore à la mise en pratique de l'ordonnance Cabochienne.