Arch. nat., KK 17, f
4. Bibl. nat., Clairambault 763, p. 396. 15 octobre 1463. « Noble homme Jehan Orlant, ëcuyer, renonce à la succession et hoirie de Thomas Orlant, son frère ».
C'était également au monde des changeurs qu'appartenaient Colin du Pont, Jean le Maréchal *, Jean le Courtillier2, Augustin Ysbarre 3, — descendant de Lucquois venus en France à la suite de Charles de Valois et qui avaient été
1. Journal de Nicolas de Baye, t. II, p. 174. — Il possédait une maison au carrefour Guillory. à l'enseigne de la Rose. Cette maison fut le 17 mai 1427 donnée à Roger de Rreauté, chevalier normand (Longnon, ouv. cité, p. 260). Peut-être était-il le fils de Jean le Maréchal qui était élu à Meaux en 1405 (Bibl. nat., Clairambault 763, p. 15), et qui était mort en 1412 (ibid., p. 47). Si cette identification est exacte, il serait mort avant le 25 janvier 1445 (ibid., p. 213), et aurait possédé une grande maison rue Saint-Germain-l'Auxerrois (ibid., p. 286).
2. Peut-être fils de Jean Courtillier, changeur, mort en 1405 et de sa femme Philippe (Ibid., p. 20) ; — cf. Raunié. Epitaphier du Vieux Paris (dans Histoire générale de Paris), t. III, n03 1413 et 1414, épitaphes à Saint- Denis de la Chartre).
3. Les Ysbarre étaient d'origine lucquoise. Ils apparaissent comme banquiers en 1319 ; en mai de cette année Philippe V donnait des lettres de sauf-conduit à Puccino Ysbarre (Arch. nat., JJ 67, n° 104) ; quelques années plus tard, le 27 mai 1324, de nouvelles lettres de sauvegarde étaient accordées à ce personnage et à Jacques Ysbarre (ibid., JJ 62, n° 448). Ils apparaissent dès le règne de Philippe VI comme s'occupant de l'administration financière, et maîtres des monnaies de Paris (avec Barques Ysbarre en 1329 et Nicolas en 1349), de Rouen (avec Nicolas en 1349), et de Tournai (avec Florus Ysbarre en 1349) (cf. J. Viard, Les journaux du trésor de Philippe VI, nos 149, 669, 894, 3918, etc.); en mars 1356, Nicolas Ysbarre, jadis maître de la monnaie de Rouen, obtient des lettres de rémission (Arch. nat., JJ 84, n*656). Augustin Ysbarre qui avait un frère Gérard, était en 1404 changeur et bourgeois de Paris (Bibl. nat., Clairambault 763, p. 14). Fort riche, il possédait de nombreux immeubles et des rentes sur des maisons à Paris {ibid., p. 77), ainsi que le fief du château à Meudon (Lebœuf, Histoire de la ville et du diocèse de Paris, éd. Bournon, t. III, p. 233) et l'île Véron ou du Prévost entre le pont de Poissy et Vilaines (Arch. Seine-et-Oise, G 401., p. 1, communication de M. L. Sarazin). 11 prêtait des sommes considérables. Charles VI lui devait 3.000 1. t., et le remboursait en lui abandonnant les biens de Barthélemi Spifame à Paris (rues des Lombards, de la Vieille Monnaie), à Chaillot, à Montjoye, à Noisiel, à S'-Thibaut et à Charenton (Longnon, ouv. cité, p. 51 et suiv.) ; Henri de Marie était son débiteur de 1.958 1. et le roi l'indemnisait en lui abandonnant l'hôtel de l'ancien chancelier, rue du Comte de Dammartin (ibid., p. 58). Il mourut en août 1425 et fut inhumé aux Augustins où il fonda une messe (Guilhermy, Recueil d'inscriptions parisiennes, t. I, 402-404). 11 laissa un fils naturel Jean (Bibl, nat,, Clairambault 763, p. 127).
maîtres des monnaies de Paris et de Rouen, — et l'un des hommes les plus considérables de cette époque, Guillaume Sanguin *.
A. côté de ces changeurs, gros banquiers qui détenaient une partie de la fortune publique, nous trouvons des bourgeois de Paris, grands fournisseurs de la cour : Colin de Vaubrissay, pelletier, valet de chambre d'Isabeau de Bavière, et qui comptait dans sa parenté des fonctionnaires royaux2, payeurs des œuvres de Vincennes, gardes du scel du Châtelet ; — Imbert des Champs, marchand de toiles, qui devint échevin en 1 4 1 8 3 ; — Denisot de Baugis4, d'une famille de
1. Sur Guillaume Sanguin, cf. Leroux de Lincy, Paris et ses Historiens au xve s. (Histoire générale de Paris), p. 340.
2. La famille de Vaubrissay ou Vaubressay était d'origine parisienne. En 1367 un Jean de Vaubrissay était lieutenant de Laurent du Moulinet, receveur de Paris (Arch. nat., S 8, n°2). Ce même personnage était le 29 novembre 1370 chargé de faire parvenir au connétable l'argent nécessaire à la guerre (Bibl. nat., P. 0., 2939, Vaubrissay 2); plus tard en 1375, on le rencontre clerc payeur des œuvres du bois de Vincennes (Arch. nat., J 282, n°6b) ; en 1390 et en 1405 un Jean de Vaubrissay, peut-être le même, était garde du scel du Chàtelet (ibid., KK 13 b. f 39 V ; et Bibl. nat., P. 0., 2939, Vaubrissay 6). — Colin de Vaubrissay parait clans les comptes de l'hôtel comme un des fournisseurs habituels d'Isabeau de Bavière : le 10 juillet 1398, il vendait à la reine 100 martres de Prusse (Arch nat., KK 26, p. 12) ; le6 mai 1399, 1500 ventres de menu vair (ibid., KK 41, F 164 v°); le 23 octobre 1400, 1753 dos de gris (ibid., f° 216 v°) ; le 1" février 1402, 1600 gorges de martres (ibid., KK 27, f° 167), etc. ; le 25 novembre 1413 la reine lui devait 983 1. p. sur une somme totale de 4066 1. 6 s. M d. ob. pour fournitures de marchandises (ibid., KK 47, f° 2). — Le 29 août 1403 il est qualifié dans un accord au Parlement de valet de chambre de la reine, pelletier et bourgeois de Paris (ibid., Xic86 b, n° 129). — En 1424 on trouve un Robert de Vaubrissay verdier de la forêt de Bray (Bibl. nat., P. O., 2939, Vaubrissay 7).
3. Il fut l'un des quatre maîtres de la confrérie du Saint-Sépulchre, échevin du 22 sept. 1418 au 26 déc. 1420 et élu sur le fait des aides en 1431. (Cf. Tuetey, Journal d'un bourgeois de Paris, p. 239, note 3). En 1436, il eut un procès avec Jacquette, veuve de Jean de l'Isle, l'alné, au sujet de l'héritage de Jean de Lisle, fils de lad. Jacquette, dont il se disait héritier Bibl. nat., Clairambault 763, p. 136 et 152 . Il mourut le 24 juin 1464 et fut inhumé aux Innocents.
4. Denisot de Baugis appartenait peut-être à une famille parisienne dont un membre Pierre de Baugis ou Baugy avait été clerc de la reine
chasubliers fournisseurs du roi et des princes du sang; — Robert de Belloy, riche drapier, beau-frère de Garnier de Saint-Yon1; — des avocats comme Guillaume Drouart2, apparenté aux Double et aux Compans 2 ; — un futur trésorier dTsabeau de Bavière, Marcelet Testart 3; — un conseiller au Châtelet, Pierre de Fresnes4, qui déjà en 1412 avait fait partie de la commission chargée de juger les Armagnacs ; — et de nombreux bourgeois notables comme Noël Marchand5, qui devint prévôt des marchands en 1418; Thierry de la Bée, couturier6 ; Jean de la Roche,
Marguerite, et qui aurait fondé une chapelle à Notre-Dame (Cf. Viard, Les journaux du trésor de Philippe VI de Valois, n05 4208, 4918). Il était sans doute fils de Guillaume de Baugis, mercier et chasublier, que l'on trouve mentionné en 1389, 1394. 1395, 1396 (Arch. nat., KK 20, fos 78, 80; KK 23, f° 48 v\ 100, 109 v° ; KK 24, V 114 ; KK 45, fu 87 v°, 118, 187 v°). Luimême figure fréquemment dans les comptes royaux jusqu'en 1423 (ibid., KK 29, f° 70 vQ, 135 v\ 140 v° ; KK 54, 1° 22° et Bibl. nat., P. O., 224, Baugis, 4).
1. Cf. Coville, ouv. cité, p. 401, note 4; son fils Jean fut plus tard échevin de Paris.
2. Guillaume Drouart était en 1401 avocat du roi au Châtelet (Bibl. nat., Clairambault 763, p. 8). — En juin 1409, il citait au Châtelet avec Martin Double et Adam Compans, à cause de leurs femmes, comme héritiers de J. Noble, Gui seigneur de Cousan, débiteur de certaines sommes à lad. succession (ibid., p. 22). Plusieurs membres de cette famille sont mentionnés comme ayant possédé une maison à pignon, rue de l'Arbre- Sec, au coin de la rue de Gloriette (ibid., p. 257).
3. Marcelet Testart était fils de Jean Testart, qui vivait encore le 20 avril 1411 (ibid., p. 29), et était mort le 12 juin 1421 (ibid., p. 90). Cette année il plaidait contre la veuve de son père. Denise du Vivier (ibid., p. 90). Le 4 août 1421 il était qualifié de trésorier de la reine, et avait épousé la petite-fille d'un bourgeois Robert Petit Clerc (ibid., p. 93), qui mourut avant septembre 1426 (ibid., p. 117). Un de ses parents J. Testart possédait une maison rue du Temple, qui passa ensuite à Denis Huvé. vraisemblablement son gendre (ibid., p. 124). Marcellet Testart fut échevin de Paris en 1418 (Tuetey, Journal d'un bourgeois de Paris, p. 99, note 1).
4. Cf Tuetey, Journal de Nicolas de Baye, t. I, p. 185, et t. II, p. 86.
5. Noël Marchand qui fut en 1418 prévôt des marchands en remplacement de Guillaume Cirasse iTuetey, Journal d'un bourgeois de Par'*. p. 99) appartenait à une famille apparentée aux Marcel, aux Compans, aux des Essarts et aux Testart (Bibl. nat., Clairambault 763, p. 34 et 83).
6. Thierry de la Bée, qui fut banni, dut mourir vers 1439; le 16 juillet
« sergent du roi et très grand riche homme » ; Jean Marcel *, Evrard Pastourel ; des clercs comme Renaud Maillot2 qui fut l'un des principaux acteurs du complot.
La réaction qui avait suivi la mort du duc de Guyenne avait poussé ces hommes, dont certains étaient d'anciens partisans du duc de Bourgogne, à chercher à remédier aux mesures violentes qui sévissaient à Paris; un seul moyen leur était possible : s'adresser à Jean-sans-Peur. Leurs tendances les y poussaient ; les émissaires du duc firent le reste. Il est hors de doute que pendant tous ces premiers mois de 1 116 un échange de vues très actif eut lieu entre la Flandre, où se trouvaitalors Jean-sans-Peur, et Paris. Quels étaient les desseins de ces conspirateurs ? Tous les chroniqueurs s'accordent sur un point : substituer au gouvernement des Armagnacs celui du duc de Bourgogne. Le moment paraissait du reste bien choisi pour réaliser ce projet. Le seul homme énergique et actif du parti, parmi les chefs, le connétable d'Armagnac, était absent; il dirigeait en Normandie une expédition
de cette année, son gendre Huguet Guillaume et Jacquette, sa femme, renonçaient à la propriété d'une maison rue Grenier Saint-Lazare (Bibl. nat., Clairambault, 763, p. 273). Les autres biens de Thierry de la Bée, rue de la Ferronnerie et à Chaillot, avaient été confisqués. Voir plus loin, p. 198, note 3. — Huguet Guillaume était peut-être parent de Jacquet Guillaume qui épousa la fille d'un autre conspirateur, Jean de la Roche.
1. Peut-être s'agit-il de Jean Marcel, qui fut échevin d'août 1413 à avril 1415, prêta serment de fidélité au duc de Bourgogne, et fut délégué à l'Hôtel de Ville pour veiller à la sécurité et au bon gouvernement de la ville. Il possédait une maison rue des Bourdonnais (Tuetey, Journal d'un bourgeois de Paris, p. 61) ; le 7 avril 1416 il était mentionné comme bourgeois de Paris et cousin de Jeanne la Marcelle, femme de André du Moulin, bourgeois de Paris (Tuetey, Journal de Nicolas de Baye, t. II, p. 246-247). On le trouve en 1422 comme procureur de sa femme Agnès d'Oissery, dans un conflit avec les chanoines de Saint-Merry pour une maison rue Pierre Aulard [Bibl. nat., Clairambault, 763, p. 99). Il était mort en 1439; le 24 mai de cette année sa fille Jeanne était sous la tutelle de André du Moulin, procureur au Chàtelet (lbid., p. 167).
2. En octobre 1403, ce clerc du diocèse de Chalon-sur-Saône figurait parmi les bacheliers de l'Université (Denifle et Châtelain, Cartularium Universitatis Parisiensis,. t. IV, p. 68).
destinée à la reprise d'Harfleur *. Le roi de Sicile, Isabeau de Bavière, le duc de Berry étaient peu aimés, pour ne pas dire détestés du peuple. N'était-ce pas l'instant propice pour s'emparer de certains d'entre eux, les écarter du pouvoir et remettre tout le gouvernement du royaume au duc de Bourgogne ?
Les chroniqueurs contemporains ont donné sur les desseins des conjurés des détails, dont quelques-uns paraissent exagérés ; on devait, selon certains d'entre eux, se saisir du roi de Sicile et du duc de Berry, les promener ridiculement vêtus, à travers la ville, montés sur des ânes et la figure tournée du côté de la queue, et finalement les mettre à mort2. Semblable sort aurait été réservé à Isabeau de Bavière, au chancelier et à la reine de Sicile. Suivant d'autres, le mouvement devait être général dans les principales villes du royaume 3 ; le roi, les princes du sang devaient être massacrés ; le duc de Bourgogne serait fait roi de France; et le roi d'Angleterre serait reconnu comme duc de Normandie i.
En réalité la conspiration, fomentée à Paris, semble avoir eu quelques ramifications en province. Elle avait pour objet de remettre le pouvoir à Jean-sans-Peur. Le roi de Sicile, le duc de Berry devaient être emprisonnés jusqu'à l'arrivée à Paris du duc de Bourgogne ; le prévôt de Paris, Tanneguy du Châtel, serait sollicité d'adhérer au mouvement; au cas d'hésitation ou de refus de sa part, il serait mis à mort. Le prévôt des marchands, à qui l'on devait enlever les clefs de la ville, de nombreux conseillers du roi, Jean de Norry, le seigneur de Clermont, les chanceliers du roi et de la reine devaient être arrêtés. Les sceaux