Monstrelet, t. III, p
3. Il semble bien qu'en certains endroits, à Tournai et à Chartres par exemple, des tentatives furent faites pour livrer ces villes au duc de Bourgogne (voir plus loin, p. 201).
4. Chronique dePeireval de Cagny, éd. Moranvillé ^dans Société de l'Histoire de France), p. 105.
ET LE PROCÈS DU BOITEUX d'ORGEMONT 177
seraient enlevés au chancelier Henri de Marie et provisoirement remis, le grand sceau au roi, les autres, c'est-à-dire le contre-sceau et le sceau du Châtelet, soit à J. de Longueil, soit à Nicolas d'Orgemont. ' C'était renouveler avec l'aide de la haute bourgeoisie ce qui avait été tenté en 1413 avec l'aide du peuple. Le coup eut-il réussi, on eut sans doute repris ou promis de reprendre les projets chers aux Parisiens et abandonnés depuis plusieurs années : la réforme du gouvernement, l'exécution des ordonnances depuis longtemps élaborées et que l'on n'avait su mettre en pratique, et surtout l'amélioration des finances.
Les préparatifs en furent longs ; durant six semaines on s'en occupa ; de l'aveu même des fauteurs de la conspiration, c'est au début du carême que le projet fut arrêté. Les mesures prises depuis plusieurs mois contre les bourgeois et les universitaires l'avaient préparé, l'échec du voyage de l'empereur et l'aide qui, du consentement de la reine, du roi de Sicile et du duc de Berry, fut mise sur le peuple en furent la cause occasionnelle. « Le peuple et par especial ceulx de Paris, qui estoient favorables au duc de Bourgongne, furent fort troublez contre les seigneurs. Car avecques ce, ledit duc de Bourgongne avoit en icelle ville plusieurs de son alliance qui chascun jour machinoient et traictoient secrètement qu'il peust revenir devers le Roy et avoir le gouvernement du royaume 2. » Ces émissaires, nous les connaissons, c'était Jeannet de Poix3, le sire de Saint-Léger, Jean de Fosseux4 et Binet d'Auffeu. L'en-