‹ Une grande famille parlementaire aux XIVe et XVe sièclesChapitre 140 sur 159 · Bibl. nat., Dupuy, vol. 480, p · texte numérisé non relu

Bibl. nat., Dupuy, vol. 480, p

2. Gui Turpin, fils de Gui IV et de Jeanne Davoir, avait épousé : 1° Marie de Rochefort et 2° Marguerite de Thouars. Dès le 8 mars 1416, il était attaché avec neuf écuyers à la garde du roi (Bibl. nat., P. 0., 2899, Turpin, 4) ; — sa revue passée le 1" mai nous donne le nom des 2 chevaliers bacheliers et des 9 écuyers de sa compagnie (ibid., ibis); il demeura attaché au service du roi, sous les ordres du prévôt de Paris, jusqu'en 1417, date à laquelle il fut arrêté et enfermé à la Bastille. (Douet d'Arcq. Choix de pièces inédites sur le règne de Charles VI, t. I, p. 390.)

connue, le mercredi 22 avril, le chapitre s'émut et délégua un certain nombre de ses membres auprès du roi, pour solliciter la restitution du chanoine. Lorsque les délégués se présentèrent à l'hôtel Saint-Paul, le roi était à ouïr la messe dans son oratoire. A la sortie, Guillaume Cardonnel, archidiacre de Josas, exposa la requête du chapitre. Le conseil royal délibéra sur-le-champ et demanda qu'elle fut rédigée par écrit, ce que les chanoines s'empressèrent de faire. Ce fut seulement le jeudi 23 avril, dans l'aprèsmidi — la matinée avait été consacrée à la célébration de la fête de saint Georges — qu'après avoir examiné la confession faite ce jour à la Bastille par l'inculpé, on décida de le faire juger par le chapitre. En conséquence, le soir même, on le ramena de la Bastille au Châtelet.

Ce même jour, le roi avait prononcé son jugement contre les conspirateurs; en présence « de plusieurs de nostre sang et autres noz conseilliers et officiers, tant de nostre grand Conseil et de nostre court de Parlement comme autres prelas et chevaliers», le roi, considérant les « conspirations, monopoles, conjuracions et assemblées dampnables, faites et commises... à rencontre de nostre seignourie et majesté royal, en machinant la prinse et detencion d'aucuns de nostre sang et linage, et aussi en machinant contre plusieurs autres noz conseillers et officiers, tant gens d'église comme autres et de plusieurs des bourgois et marchands de nostre dicte ville de Paris... », et « ne voulans telz et si énormes deliz, excès et maléfices estre ne demourer impunis ne passer soubz dissimulation, mesmement que par icelles conspiracions, monopoles et assemblées, se venus fussent à effect et que elles n'eussent esté découvertes... se feussent vraysemblablement ensuis pluseurs graves dommages et inconveniens irréparables en nostre dicte ville de Paris, tant à rencontre de nous et de nostre seigneurie comme autrement, et qui plus est, eust esté nostre royaume en aventure de perdicion », reconnut Robert de Belloy et Renaud Maillot coupables du crime de

lèse-majesté, et les condamna « à souffrir et recevoir la mort et peine en tel cas accoustumé, c'est assavoir à estre décapitez publiquement es Halles de nostre dicte ville de Paris » et décréta la confiscation de leurs biens1. Quant à Nicolas d'Orgemont, « non memoratif ne recors et ingrat des grans biens, honneurs, dignitez, estas et prouffis que il et ses prédécesseurs ont eu et receu de nous et de noz prédécesseurs », il était, pour le crime de lèse-majesté, « crime qui est previlegié » et dont la connaissance appartenait au roi « privé et débouté à tousjours de tous offices royaux et publiques obtenuz et à obtenir » et condamné à une amende de 80.000 écus sur tous ses biens2, à prendre avant toutes autres confiscations; en outre, il devait être « mené en un tombereau esdictes Halles de Paris, au jour et heure que lesdiz Robert et Regnault y seront amenez, pour illec estre en la présence des dessus dicts, qui y seront exécutez, et pour là son cas estre decleré par cry publique à tout le peuple ». Après quoi, il serait ramené au Châtelet et livré à la justice du chapitre, qui devait instruire son procès.

Le chapitre avait obtenu que d'Orgemont lui fut restitué; le cas privilégié de lèse-majesté jugé, le roi, eu égard aux démarches faites par les chanoines de Paris, le « requérant humblement que ledit maistre Nicole leur conchanoine et justiciable quant au délit commun » leur fut rendu « pour par eulx congnoistre de sa personne au regart du délit commun et icellui punir comme raison devroit », avait, après avoir condamné Nicolas d'Orgemont à la perte de ses dignités et offices royaux et à l'amende de 80.000 écus d'or, ordonné qu'il serait restitué au chapitre par le prévôt de Paris qu'il députait son procureur à cet effet 4.

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