Ibid
que par commotion de peuple et telles assemblées ne peut venir que mal1 ». Finalement, il déclara que ceux qui avaient préparé la conjuration l'avaient fait non pour remédier aux maux du royaume « mais ceulx d'entour monseigneur de Bourgoingne... pour recouvrer leurs estas, et les autres pour y avoir aucun avantage ou proufit2 ».
Ces défaillances ne modifièrent pas l'opinion des commissaires. Des aveux de Nicolas d'Orgemont il se dégageait nettement qu'il avait été tenu de bonne heure au courant du complot bourguignon ; qu'il avait reçu les émissaires du duc de Bourgogne assez favorablement pour que ceux-ci lui aient dévoilé le projet ; que Jean-sans-Peur lui-même avait assez grande confiance en lui pour lui envoyer ses messagers et lui proposer les sceaux de France ; que, sachant tout ce qui se tramait, il s'en était fait le complice en ne le dévoilant pas. On jugea même inutile de lui appliquer la torture; son mauvais état de santé faisait au reste craindre qu'il ne la put supporter.
La confession, rédigée en français, d'ordre du chancelier, lui fut relue le lundi 27 avril ; il en approuva les termes. Il ne restait plus qu'à prononcer le jugement.
Ce fut le mardi 30 avril que tous les chanoines, réunis en chapitre, assistés des prélats qui avaient déjà pris part au procès, de l'abbé de Montiéramey, du prieur de Saint- Martin des Champs, de Guillaume de Villiers, de Mathieu du Bois, de Pierre Legrand, conseillers au Parlement, d'Henri Ponchart, de Pierre Joseph, de Martial Fournier, de Garnier Barrière et de Jean de Chinceny, jurisconsultesavocats au tribunal ecclésiastique de Paris, examinèrent la confession du doyen de Tours. On décida de confier à une commission le soin d'étudier l'affaire. Le prieur de Saint-Martin des Champs, Guillaume de Kaer, Nicolas Fraillon, Jean Day, Richard Bourgeois, Jean Charreton,