Ibid
Gérard Perrière, Pierre Joseph, Henri Ponchart et Jean de Chinceny furent élus. Dans l'après-midi, ils se réunirent au chapitre et délibérèrent longtemps. Le lendemain 28 avril, à sept heures du matin, Jean Charreton présenta le rapport qu'il avait préparé. On passa ensuite au vote. A la majorité, il fatdéclaré que Nicolas d'Orgemont avait commis le crime de lèse-majesté; il n'y avait toutefois pas lieu de le dégrader de son ordre ecclésiastique. Mais, de son propre aveu, il avait donné son appui à la conspiration, en négligeant de la révéler, en donnant des conseils aux factieux, d'où des maux considérables, en cas de succès, auraient pu s'ensuivre pour le royaume. Il était donc coupable de lèsemajesté, sédition, conspiration, projets de mort. Il devait être privé de tous ses offices ecclésiastiques, être montré au peuple et publiquement prêché, et enfermé au bon plaisir du roi dans une prison ecclésiastique, au pain et à l'eau.
La sentence prononcée, on décida de se réunir l'aprèsmidi afin de choisir qui serait chargé de la faire connaître aux chanceliers du roi et de la reine ; au cas où Charles VI et les seigneurs du sang l'agréeraient, on irait le lendemain chercher le condamné à la Bastille, afin de lui faire subir sa pénitence publique.
La condamnation fut agréée. Il restait au malheureux doyen de Tours à subir une épreuve semblable à celle qu'il avait déjà supportée le 24 avril en compagnie de Robert de Belloy et de Renaud Maillot. Le jeudi matin 30 avril, Jean Hue, Pierre Ogier, Jean Girardon, Richard Bourgeois, Nicolas Cauvache, Guillaume Fedeau, Jean de « Laudis », Jean Taranne, députés par le chapitre, se rendirent à la Bastille. Ils devaient ramener Nicolas d'Orgemont, et espéraient pouvoir le dissimuler au peuple et lui adoucir ce dernier et pénible voyage en le conduisant par eau jusqu'au port Notre-Dame, d'où il eut pu gagner le cloitre ; mais les gens du roi s'y opposèrent, et on lui fit faire de terre le trajet entre la Bastille et la barre du chapitre. Lorsqu'il y fut
arrivé, on le fit descendre dans les prisons ; on lui refit sa tonsure de diacre, qu'il portait fort petite ; puis on le ramena à la barre de l'auditoire. L'archidiacre de Paris lui lut vers onze heures du matin la sentence de condamnation; un carme, Lautent Chrétien, le prêcha, lui montrant l'énormité de son crime, et l'engageant à la soumission et au repentir. Une foule compacte se pressait autour du condamné ; tous les chanoines de Notre-Dame étaient présents, ainsi que J. de Chinceny, officiai, Guillaume de Fourches, promoteur du chapitre, J. du Four, Nicolas le Dur, J. Chrétien, Pascal Carpentier, J. de Mares, Pierredes Mares, Gilles Etienne, chanoines du Saint-Sépulcre; Guillaume Gourlay, Guillaume de Mareuil, J. de Villiers, Hutin le Mire, chanoines de Saint-Etienne des Grés ; Guillaume du Four, Jean Potier, Jean Béguin, Pierre Ansel, Thomas Roussel, Olivier d'Aire, Amauri Nicole, chanoines de Saint-Benoît-le-Betourné ; Jean Buretel, chanoine de Saint-Méry. On relut encore publiquement la sentence ; Nicolas d'Orgemont fut alors reconduit à la Bastille, où l'archidiacre de Paris demanda aux gens du roi de le garder jusqu'au moment où Charles VI lui aurait désigné une prison.