HENRI BRÉMOND
L'Histoire Littéraire du Sentiment Religieux, mais monde devrait avoir lu l’Apologie pour Fénelon, en 1910 et que Brémond composa au plus vif des icions et même, si je ne me trompe, des peines ecclé tiques que lui avait values son attitude généreuse auprès Tyrrell mourant. Malgré la forte érudition qui le souvoit bien que le livre a été écrit d’un trait, avec e tre quille allégresse. Belle leçon de jeunesse et. de ï + que donne ce prêtre frappé par ses cost Un
r ë | M oyer ane pro FR sua, out par une Palo plus ultramontain des évêques français au XVII scie,
te nr à presse ue française, ne se tra.
pont à son Histoire du Sentiment Religiene, le
Cette done. pour Fénelon est un livr de belle humeur. C’est le livre d’un grand hum: d’un grand critique. On peut s'étonner qu'aucune col tion de luxe n'ait accueilli cet ouvrage qui est dan grande tradition française, parfait en soi et auque aueci autre ne peut être comparé aujourd’ hui. Et je ne porte ] ici un jugement de comparaison qui serait sujet à
sujet à discussion. C’est là un fait : il ne nous donné depuis vingt ans d’autre livre de critique. avons eu des essais critiques fort remarquables, di recueils d'essais ou d’articles, mais une œuvre . un organisme, un tout, je n'en découvre pas d’a - cette Apologie pour Fénelon, jeu brillant et conti
cice de haute école, dont on. POSE difficil
troublée. | ….
On ne joue pas de la sorte avec cet esprit étiients on a le front barré de soucis et le cœur amer. CI Aujourd’hui tout cela est passé, bien passé ;.
niaques de la délation, les « intégristes » les plus intran:
. geants désarment devant ce prêtre dont rien n'a pu déco rager le bel élan et qui a révélé non seulement aux Ci
Diane, - De tous côtés, les adhésions viennent nombreuse
diges d'économie pour host l'Histoire Littérai
Sentiment Religieux. Enfin, et ceci n'est-il pas po es … tranquilliser tous, c’est M. Henry Bordeaux, le plus Sag le plus prudent des Académiciens, qui prononça E él . … biographe de Newman.
anc du Sillon. un de thotaisté et un Énolesatne. . i nh ureux Paul Cazin. Brémond écoute, darde sa oreille. Brusquement, un mot le heurte et Sa Done tour à tour Re et tendre. Il Er à
1 puis le néo-thomiste qui a insinué un môt.
r le Den: St EL Je n ’ai pue été sillonniste moi- |
ré u ses et plus at du Christ ? » .
ii é s’ apaise et trouve en quelques minutes le moyen |
néo omiste que saint Thomas est un être de .
Ma quel saint Thomas ? Il y en a tant ! ») et pour. ii e tout à fait son homme, il le prie de définir ce me is, Ghéon et lui entendent nai habitus. |
ème étage d’une “très modeste et très ancienne , se trouve la retraite de l’abbé académicien. a D home, un petit portrait de Sainte-Beuve, le
ii Racine, né avec un Cœur tendre, un esprit flexibl
« chaos qu ’elle n 'avait point eu jusqu alors.
mettez prose, n est-ce pas Anatole France ?’
(UNE E HEURE ds
à et ii toute une série de gravures, :
Lutrin. | Je le trouve plongé dans un vieux voue de « Tenez, me dit-il, pendant que on enterre $ France, voilà que je mets la main sur son éloge, t
par Voltaire dans sa critique de Corneille, Écou
« entraient dans la mémoire comme un jour doux «-dans les yeux. » 2428 «. Au lieu de donnait, meltez ou. au lieu
« Ce qui disparaît avec France, voyez-vous, lettré. Aujourd’hui, nous avons des gourmands dei Lt et nous avons des snobs, mais nous n'avons plus Le principe du lettré, c’est la dégustation. Trop pitation aujourd'hui : on ne donne plus aux belles le temps de se graver lentement dans l'esprit. "0 phénomène grave. Nos jeunes écrivains ont trouvé | courci de l'intelligence. Ils croient que « com c'est « goûter ». Étrange confusion contre laquel tout l’humanisme. Pour sentir, il faut être né ; pout prendre, il suffit de travailler. On comprend” SE La Fontaine, c’est une autre question. Le père Be aussi, cornprenait, mais d’abord il avait du goût. La rature, ue hui, est op intellectualisée ; cel st
HENRI BRÉMOND | ndance à l'épuisement rapide. Ils font trois citront ils continuent à presser la même moité de citron !
n a dit que vous étiez insaisissable et déconcertant ? ui, on le dit. Je n’ai jamais compris pourquoi. Tout » monde est insaisissable. Rien de plus déroutant que les prits simples. Aujourd’hui, on n’aime que Îles affirmams brutales. Est-ce ma faute, si j'ai le goût des nuances e la juste vérité ? Aujourd’hui, il faut, être partisan, ter cocarde. NL arce que je critique Bossuet homme, on ne com- | pas que j'adore Bossuet écrivain. Parce que je hais | nsénisme doctrine, on ne comprend pas que j'aime les énistes, tels ou tels. N’étant pas du Midi, ils ne LOMME rennent pas qu'on puisse être à la fois passionné et serein, bre d'esprit, ironique et sérieux. Parce que je dis que nelon a été atrocement calomnié, on croit que j'admire dans Fénelon. Parce que je ne puis souffrir qu'un bec traite de haut Vigny, ou encore parce que je i fends le romantisme, on déclare que je regrette le temps Hernani et des Gilets rouges. Il y a, de nos jours, trop à rés improvisés. Il y a trop d'ébahis dans la littérature. ‘es nouveaux riches veulent nous révéler Malherbe. Quand ont dit : La Princesse de Clèves, ils s’évanouissent. Je . roudrais constituer une ligue qui mettrait à l'amende tous ux qui parleraient de ce roman. Non pas parce que je ne l’aime pas, mais parce qué je l'aime mieux qu'eux. Ce | pas La Princesse de Clèves qui me déplaît, c’est l’état KE Amoison où ils tombent au seul titre de cet admirable ouvrage. Je vous le répète, nos critiques se contentent dé comprendre. J'aimerais mieux qu'ils prissent un peu 1802 lemps de goûter | a Regardez M. Thibaudet ; c’est un homme très intelli- , que j'aime beaucoup ; mais on ne peut jamais le voir x a. On aimerait tant l’entretenir en tête à tête. Impossible, il est toujours flanqué de Descartes ou de Bergson. Il 0
— réfléchit, il explique Han. n trouve des dans Valéry!
RRRAEEO RE HET Le . — Je suis avec la plus vigilante sympathie la jeur rature, Je ne peux tous vous les nommer, mais Îles connaître. EUR LENS Jean Cocteau, L. Martin-Chauffier, holnt Dors Alexandre Arnoux, Jean Giraudoux, quels beaux don Le charme de Giraudoux est une chose étonn nte. dirait d’un être qui n’a pas péché en Adam et à monde apparaît chaque matin aussi frais qu à no Eve. Mais quand je lis le Colloque sur la To j'avoue ne plus comprendre. Pourquoi Giraudou pe son temps à expliquer Giraudoux ? C’est. à no définir.
Et Arnoux, qui nous avait donné, avec Abisag,. si remarquable, il se complique dans ses dernier à
__ taisie. Je vous le répète, ces jeunes sont trop ii . — Vous dites que vous n'êtes pas res ?
: "pe 1680. juste à
nous étions voisins à Auteuil — et pour voir passe Meaux.
Je ne Je dis pas pour me vanter. Je voudrais b | romantique mais je suis condamné à Ja sagesse, mesure, comme dit le folâtre Ghéon.
ÈS y a-t-il un lien entre votre Do pour le ro e et votre goût pour le mystique ? Fe, . c’est tout re les RRQ sont les
mys
ré. out: à part moi, je reviens toujours à mes vrais les vieux classiques de Ja prose. Tenez, voici un.
tar ndant, quelle distance de” Fontenelle à mes mys-
EU Er
que | Vous avez entendu l’autre jour chez Brillant Je néo- .
Hu, mystiques, je suis Fi à Porto done je suis ; né au Paradis. Je suis l'historien des âmes saintes. r
ui. D rent d’une sympathie si généreuse, se ". nte, si réconfortante. Quand j'ai commencé ce tra- LC érable, l'Histoire Littéraire du Sentiment os eux, en dehors de Maurice Barrès, dont le concours m’a ÿ précieux au delà de toute expression, deux mes $
AO énages sont venus me soutenir : AE à une part celui d’ un.
1 M. Letourneau, curé de g cacherai pas que si j'ai été heuréux de nn Ù l'Académie, c’est en grande partie parce qu’e | jamais apparue comme un triomphe personnel, :
* comme une citation à l’ordre du Porte ce qu" autrefois le bas clergé. FAR :. Avec moi, ce sont tous les buste dures de F sont entrés à l’Académie ; tous ces Lines QU is è jours à la peine, jamais à l' honneur, qui aiment le qui ont tant fait pour elles et qui, aujourd’hui, ne plus acheter de ie parce qu ils n auront bien
A, MEILLET
sp us Dites ie fêter.
1 a semblé équitable de la ne pue un hom
e, Pur d’ Études à | École Hautes Etudes
de F Institut.
ce lo ti Lo. DL crémearit, d’une antique calotte de aa un nudé et,vivant au milieu de la poussière d'i innom
re rellement la silhouette de « l’homme au foulard
Pendant vingt-cinq ans, concerts. C'était l’habitué type à à ce point qu'a
faire péter au promenoir un ‘habitué, dessina
-M. A. Meillet. y | | * ins *k x
Trois de ses ouvrages sont directement ac grand public lettré : Les langues et l’Europe nai posé scientifique de la situation linguistique de après la guerre, Linguistique historique et lù où il y a l'essai fameux sur « La pa
vante : la nation grecque a eu avant Lpoae une langue commune. Cette langue commune :
formes divétsss quand les Grecs se sont répand IS € tout le bassin méditerranéen, mais les Grecs ont
se sert d’une seule et même langue que comprenaie partout les gens cultivés. Au fur et à mesure que la« lisation a grandi, la diversité des parlers s'est él et, à l’époque impériale, il n’y a plus de nouveau langue commune.
Se PU
— Je n’ai aucune espèce d'histoire en dehors de … métier, me dit M. Meillet. Ma famille appartenait à la e geoisie moyenne. Je suis né à Moulins le 11 novemb J'ai fait mes études au lycée de cette ville et ensuit Faculté de Paris, +130 RP
t-ans, | ee ah Au lycée, qu eu a.
avoir d'excellents professeurs. On envoyait à à cette époque-là des débutants. Les débutants sur tombai avaient de l'avenir. En seconde, c'était 0! zon qu’une thèse sur Alfred de Vigny devait révéler
lic. Il est aujourd’hui professeur de grec à l’Uni- LÉ. de Dijon. Esprit religieux, c’est un juif du Midi de e, du vieux groupe juif tout à fait français et fort e. Cet helléniste n’a pour ainsi dire jamais rien r la Grèce. J’ai eu, également, en seconde aussi emi-année), Thiébault- Sisson. En rhétorique, M. René umic, dont c'était l’année de début et dont l'esprit, icalement littéraire, était aussi différent de moi ue
ns
comme professeur de philosophie Chabot, qui : Sur moi une grosse action. Il est aujourd’hui E de De l'Université de Lyon et Cie de.
Es les cours où ru on enseignait de nt Po ‘encontré deux hommes : le vieux Bréal qui avait. une extrême sympathie pour les j jeunes gens. L'autre, à
and de Saussure, était un aristocrate, fils d’ émigrés. - . escendait en droite ligne du naturaliste qui à fait le ier l'ascension du Mont Blanc. Saussure avait- Ieure
un côté de génie. C'était un être tellement à part : technicie éxtraordinairement précis, esprit tout à fait systéma- 4 tique, et en même temps une langue si pure et si nette, * une manière d'enseigner Si artiste que ses cours étaient de 3 véritables œuvres d’art.
Il voyait les choses scientifiques avec des yeux bleus de | poète et de visionnaire. s
S'il y a un groupe de linguistes français, c'est à Bréal 54 et à Ferdinand de Saussure qu’on le qoit.
—— En 1889, Saussure, partant pour Genève, me prit. comme suppléant et je me suis trouvé, du jour au lende- = main, devant mes camarades de la veille obligé de leur faire un cours. Mon premier article fut à peu près inintel-… hgible tellement il était condensé. J'avais l’impression que je ne serais jamais assez scientifique, assez rébarbatif. C° est ce que j ai fait de plus méchant |!
En 1890-91, Saussure revint et je partis pour Vienne et le Caucase (où j'étudiai l’arménien). En revenant Je fus = titularisé à l’École des Hautes Études. J'avais vingt-cinq ans. Le traitement annuel était de deux mille francs. Dix = ans après, je touchais trois mille francs. En ce temps, On « faisait volontiers quelques sacrifices.
= L'état de la linguistique en France ? C’est bien simple : jusque vers 1865, on ne s’est pas occupé de la manière dont cela marchait... ;
Dans le premier tiers du dix-neuvième siècle, noùs avons à eu les plus grands orientalistes : Silvestre de Sacy est lé « plus justement célèbre des arabisants. Champollion dé chiffre les hiéroglyphes. Burnouf interprète le premier. texte de l’Avesta, le grand texte religieux de l’Iran, le Hvre« saint que les Parsis ont conservé. |
ss?
—-J'ÿ reviens. Aux alentours de 1850, il y a eu une
A. MEILLET
HSE
À tale et dans tous les domaines, es grands hommes ont pas été remplacés. La tradition risquait de disparaître sue niveau avait tellement baissé qu un tt comme er
école des Rnaude de cours du Second Eptrés on ) st rendu compte de cette baisse de la science philoloe 5 aussi, sous le ministère Duruy, l’École des Hautes
phi lridues et historiques. ve partir de 1868, Michel Bréal introduit chez nous de de la grammaire comparée. Il fait vénir de Suisse
Lee à un RU de Bréal, à M. Gilliéron, que nous dens l'Atlas linguistique de la France qui est LHORAÈLE entifique de la maison Champion. é ee ce moment entrent en scène les élèves de Fcrditand aussure. Maurice Grammont, aujourd’hui professeur iversité de Montpellier, à qui nous devons des études : vers français d’une pénétrante originalité. P. Boyer, ui ne publie guère mais qui a organisé les études slaves et qui dirige l’École des langues orientales en linguiste, | Georges bottin, doyen de la Faculté des Lettres de Rennes, Hot, en 1899, un Glossaire des po du Bas-Maine
- À l'heure qu'il est, nous avons un des groupes de bn. ci . guistes les plus vivants qu’il y ait dans le monde. J’ A4 hélas ! perdu un de mes meilleurs élèves, M. Gauthiot, pes + es d’une blessure de guerre. 1 2 . Vendryÿes, un autre dé mes élèves, a publié, dis 1 e ction l’Évolution de l'humanité que dirige Henri Berr, introduction linguistique à l’histoire, le Langage, dont ous me disiez vous-même, l’autre jour, tout le profit é vous aviez tiré. À propos de M. Vendryes, permeittezde vous faire remarquer que le groupe des Deus où
ancais éithe une ne famille, lousie et autres sentiments peu noble son . bannis. Nous sommes tous les uns pour les aut tables amis...
as tee
sions.
La librairie Champion a eu le courage de faire EF
…. indiqué l'état actuel des recherches sur tous te de langues, mais ce bilan de nos connaissances plus souvent qu'un bilan de nos ignorances.
Fe livre Les ae a Monde re ces jou
—— La + d'un savant ne joue que ad rares. L'œuvre scientifique est surtout collective Je rais embarrassé pour vous dire ce qui est vraiment : dans mes idées. Une découverte scientifique rés travail commun. FLE — Ce e qui es difficile, c’est de formuler à. ] rales.. On y arrive par des approximations pra
nons un exemple si vous voulez.
Examinons les consonnes entre deux voies R
est une tenue. La consonne est un mouvement d’ et de fermeture des or ganes.
= Il y a donc une espèce d’ com CSC bLe “entre les sonnes et les voyelles. Nécessaires les unes pour les at
0 En Los on passe constamment de la vibratior
ic à ee dnire cette tension. SE à Re Les cordes vocales
elle a été aussi forte “posib qui a uns des déviations tout à Jus consi-
pou si bien altéré qu in “It CSI rien resté et le se rs de latus c'est lez par exemple dans ee lez
. “re les transformations linguistiques se ramènent S principes, /mais les principes ne s'appliquent pas. de Fa manière dans les différentes pense La a
. ut se Dore À constater Le fait mais on est. ny
à in ment tenté de Re Où trouver Mi. Fe
aussi lointaine. L'un des résultats les mieux acquis d
| couvert l'Europe et de larges régions en Asie. LS
latin, mais il a pris, suivant Le pays, S.
. tout de fait différents. Cela vient des conqots
en Europe sont des transformations d’une seule lang
trice a transporté sa langue de proche en proche … dans les pays très éloignés de son centre d’ orgie >.
dé aient suivant les pays.
On entrevoit quelquefois les conditions Patir on! pu déterminer l'innovation : l’F latin au com ment des mots devient H en espagnol ; 1à où le latin Filius, l'espagnol dit Hijo. En gascon, vous trouv même Hil’.
cogne Doc sans doute dure foie un même type de} [a l’ibère. L'identité de tendances s’ "expliquerait par. I qu'il y avait dans les deux régions un même ty
Hangue RYanr L'EenSO du latin. "VO un DRE »
rie et Le Ra + — Si on remontait assez loin dans le temps, trouverai une langue unique ?
— Nous n’avons pas les moyens de trancher une q
“linguistique, c'est que presque toutes les langues parl
inconnue mais qu’on restitue par da comparaison, à savo oir J'indo-européen. :
Cette langue est partie d’un domaine tree De même que le latin, langue de Rome, s’est étendt toute l'Italie, toute la “bite toute la péninsule hispaniq
EE
dans une partie des Balkans, de même l’indo-euro er
Une petite aristocratie active, conquérante et org
À, MEILLET © - 4
L'’indo-européen est la langue de cette aristocratie.
— D'où est parti l’indo-européen ?
— On. le sait très mal ; peut-être de la ee de la Baltique.
— Pourquoi ?
. — Les raisons qu’on a de le croire sont des raisons tirées ‘de l'étude du vocabulaire. Une des principales est que , deux des arbres dont le nom est le mieux établi comme ayant appartenu au vocabulaire indo-européen, le hêtre et 1 bouleau, sont des arbres dont l’aire d’extension est nettement déterminée. Nous sommes sûrs que la langue indo-européenne avait pour le bouleau un nom dont on retrouve la trace depuis l’Inde jusqu'aux pays nordiques. Or en Lithuanie et en Prusse Orientale le bouleau est l'arbre caractéristique du paysage. ÉS — La linguistique est donc arrivée à établir l'existence d'une famille indo-européenne qui s’épanouit vers le troi- \sième millénaire avant J.-C. Mais quelles sont les autres familles ? = — Il y a par exemple le groupe chamito- sémitique. le groupe finno-ougrien (auquel appartient le finnois et le
mongol, le groupe caucasique (dont la seule langue ltté- ‘ raire est le géorgien). En Afrique, le bantou couvre presque tout le sud du continent. Séparés par des étendues de mer .… immenses, les habitants de la Polynésie parlent des langues - qui diffèrent à peine les unes des autres. Vous verrez, dans … Les Langues du Monde, combien il y a de groupes déjà … déterminés et combien il y en a pour lesquels aucune 1” . classification n’est encore bien établie.
<æ La grammaire comparée a été bâtie avant tout sur . la comparaison du grec et du sanscrit. Pour établir des Dpt entre l’indo- EUFORÉER et les autres At il
hongrois), le groupe altaïque qui est celui du turc et du a
avant qu'il est possible de le faire ; or, il S'en faut de
beaucoup que ce travail soit réalisé. La grammaire comparée du sémitique dispose de ressources moins bonnes que celle des langues indo-européennes. Elle est moins avancée. Voyez cependant sur ma table la thèse d'un de mes anciens élèves, M. Marcel Cohen, sur Le Système verbal
sémitique et l’expression du temps qui va être soutenue
le 15 novembre. Tous les parlers sémitiques y défilent. .
La grammaire comparée du finno-ougrien est assez avancée grâce au travail des Finlandais et des Hongrois, nais les rapports avec l’altaïque ne sont pas encore re-
connus. Quant aux langues du Caucase, plusieurs sont à
- peine décrites et la comparaison reste à faire.
J'arrive de Christiania où l’on vient de créer un/Institut pour l'étude de la civilisation. J'avais été invité avec plusieurs savants étrangers à faire des leçons pour cette inauguration. L'une des tâches que le nouvel Institut s’est assignée, c’est précisément de décrire et de comparer entre elles les langues du Caucase.
Donc, sans sortir des langues parlées par des blancs, le ”
travail linguistique est à peine commencé et il est prématuré d'établir des rapports entre les divers groupes de
langues. Même chez mous, même dans les langues que nous croyons savoir le mieux, presque tout reste encore à faire. Nous connaissons tant bien que mal les règles du.
français, mais personne ne sait aujourd’hui la façon dont se parle notre langue. Le français ne se parle pas de la même manière au centre de Paris et dans ses faubourgs, à Bourges et à Amiens, dans un village de la Mayenne et dans un village de. Franche-Comté.
Regardons comment les langues se transforment sous nos yeux si nous voulons savoir comme elles ont évolué hier.
C'est le latin le plus vulgaire que nous parlons en parlant français. Les letirés appelaient la bouche os : buccd
2 QE AIT Mets LAS ES 7 INT PUS TARN S APE EN PT ML ST OU TER VE
LEA at SE À 2 TU PE PR SP TT
3 novembre 1924.
PIERRE BENOIT
Ji He ». « Je ne peux pas nb me .
Dore Benoît, que loreque le Courrier Littéraire ce
rion me fut consacré. or geste ne en pas erie, Car, à ce moment- à, j'étais absolument in- Je n’avais encore publié à ‘1.1 recueil de poBes, dédié à Maurice : Bars,
ut
Qu
l’un de nos écrivains les plus vigoureux et les. plus Jert
; tout RIRES journalistes écrivains, mais ne vous é.
mission d’ Hi: nd hui sur ce fait. ke le c Le philosophe Jacques Maritain, qui vient de p livre plein de pensée et de véritable humour, Réfl sur l’Intelligence, n'est-il pas un de nos plus sc ides seurs ? Et quand se décidera-t-on enfin à hisser à s place l’un des premiers journalistes français d’aujourd’ M. René Benjamin ? M’expliquera-t-on quelque j; ment la querelle assez mal engagée d’ailleurs, sur nalisme et la littérature, a pu se traîner durant ne tout au long des colonnes de nombreux q
et périodiques, sans que fût invoqué exemple si si capable de jeter un peu de lumière dans cet débat, de l’auteur de ces immortels reportages : et ses Gens de Justice, Antoine Déchaîné et su cette émouvante évocation : Le Soliloque de Barrès ? N'est-ce ee dans ce dernier livre a ci
Cr” nous redirons bientô t — et avec ol nos raisons d'admirer en M. René Benjamin l’un de
si peu que ce soit, de notre UC ÿ
René Benjamin et Pierre Benoît sont liés d’une nelle amitié et jamais Pierre Benoît n est aussi Ii aussi intéressant que Re il célèbre ses amis.
rs d lui permettre ensuite de nous entretenir F. isir de ses amis, des écrivains qu’il ARR et . dr °ree lectures.