‹ Une heure avec.. 1924Chapitre 32 sur 53 · ASS · texte numérisé non relu

ASS

por 7 qui apporte une contrainte détestable à bee vis » vivante, matière DRE délectable,

recommandation Éridsa du ae usage El Je m des formes les plus délicates de 1° idiome. Rien ne lui le droit de s’arroger l° autorité d’un code. HEURE Le grammairien a des principes ridicules : celui-ci, autres, qu’une forme n'est légitime que ut elle analysable rationnellement. , Il proscrira donc ces formes charmantes « éco voir » « nous deux lui » parce qu’elles ne sont pas analysable: grammaticalement. Émile Faguet condamne « ao e fi », mais il n'hésite pas à écrire « en en enlevant ». La plus grande mauvaise foi règne dans toutes ces ques tions. Toutes les grammaires à partir de Vaugelas indi quént que la règle du bon parler français est l’ usage, mais en réalité on ne tient aucun compte de cet en ni des né

D uiéllement pareil que au Heu de un à.

N'importe, les millions de petits Français qui se employé cette locution depuis le Serment de Strasbourg ont. tort, et c’est une demi-douzaine de pédants sans cont avec la vie et la réalité qui a raison. On dit va- l'en, LR

ne forme Done Je pars Dour Paris est. ‘une Fa

« bouillie imprononçable ». Gr Malgré que est phonétiquement excellent. Quoique, b:

que au contraire sont des freins usés et ns | Htc:x., e ic...

que si A das mon voisin AA Faut. se vir d’ une en à pierre ou à rouet ? Qu est- ce ae é

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mairiens, pédants et néo-classiques aïent fait la conspiration du silence autour du très grand romancier C.-F, Ra- . muz que yous avez vu l’année dernière et qui vous a fait sur l'importance du Moyen-Age de si belles, de si justes déclarations. Songez donc : il est plein de génie et d’imagination et le style connaît par lui un renouvellement.

Il n’est à l’aise que dans la mise en œuvre des plus * grands thèmes. Il à le sens du vrai tragique humain... On ira bien d'apprendre, dans quelque cinquante ans, en feuilletant les gazettes, à combien de médiocres on fit des célébrités dans les années mêmes où un Ramuz publiait | pour Ja joie d’un tout petit nombre, Terre du Ciel ou Gué- rison des maladies.

. — Terre du Ciel va reparaître prochainement sous le titre Joie dans le Ciel. Ramuz a complètement refait ce livre. à __ — Tout livre de Ramuz apporte à l’âme un He : ment, mais quelle fraicheur me vient à chaque lecture de celui Là |

Le réalisme pittoresque et vrai de tous ces petits tableaux ne fait que préciser et fortifier le symbolisme général de : B l'œuvre.

Toute la littérature moderne m'intéresse beaucoup, mais

je constate avec regret que le sens de la grande composition semble disparaître : trop de petites impressions, pas assez de tableaux. De ce qu’elle retourne justement à la grande composition, l’œuvre de C.-F. Ramuz prend à mes yeux si de Dee cation.

. en pense. un à Ro le silence s’est fait entre nous sans que rien soit Jamais venu nous séparer. C’est un

“Jaime He Paul A et ua al us S a eo . pour tout ce qu il écrit. Notre amitié ts

je venais, occupé par un Se intérieur tout à fait étr à -L atmosphère ee au

sion dans un article de HT Je té dis ma s dont il accueillit l’expression avec bonté, car c'était homme de la générosité et de la politesse les plus exquis

il m envoya Un con: de dés en épreuves, ainsi

D isnoat les seuls D enthéie es J'ai rencontré aussi, autour de Mallarmé, Yerlin

ares dont il ne cessa d’être victime, : veux re hommage au magnifique écrivain Léon lon Le silence

total qui accueillit Le Désespéré et Le Salut par les Jui) est un véritable crime littéraire, dont on PO Fe que

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Fe PAUL CLAUDEL

jui répondrais volontiers : « La mer et les vivants »... Hyà autre chose à dire aux générations qui viennent que ce , not fastidieux de « tradition ». Si l'Espagne avait eu égard 2 ses traditions purement agricoles, elle n’aurait jamais nquis les Indes Orientales et Occidentales. Une âme forte =. st jamais garrottée par son passé et se tient libre et OÙ.

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dans la vie que ce peuple d’oisifs et de larbins. os

Ce que je reproche surtout à Proust, c’est cette pratique de l’introspection continuelle. C’est une hygiène déplorable e de se regarder. On se fausse en se regardant : on fase jique une espèce d’individu artificiel qui remplace la per: nne naïve et agissante. Le véritable soi-même est révélé jar les circonstances et c'est pourquoi le drame a une Vérité bien supérieure à celle du roman, parce qu'il met J’action à la première place, les personnages n'étant que les Es nctions de cette action qui les suscite.

HAÉTES

catholicisme est sage qui ne s'occupe nullement de ee

qu’on croit être, de ce que l’on peut être, mais de ce que | doit être ; de cet ensemble d’habitudes ou de manies | constitue ce qu’on appelle la personnalité, mais de la anière dont nous répondons à cet appel général qui est dressé à tous les enfants de Dieu. +, . ce propos, permettez-moi de ‘vous raconter une para-

Es

Il y eut pendant la guerre un soldat qui accomplit une … ction d'éclat extraordinaire nécessitant autant d’intellience que de courage. Le général le cite devant le front des … upes et après l'avoir félicité, lui demande : Mon ant, l'étiez-vous dans le civil ? — Réponse : Plongeur dans un. estaurant. — Il avait fallu la guerre pour révéler les possi ilités de cette âme d'élite. S'il y avait regardé pendant ja. «

paix, il n'aurait trouvé que de la vapeur et de L' eau chau id Hé Pour connaître les âmes, il faut les interroger et on ne le interroge que par l'épreuve, pär la croix. -— De même quelle différence entre la jeune fille et la mère l Quel êtr complètement nouveau se révèle tout à coup à à l’interroga tion de cette petite bouche impitoyable ! ER AT

Il y a en nous des possibilités infinies. Personne. ne se. connaît, personne ne sait la manière dont-il répondrait à telle ou telle interrogation spécialement combinée pour lui. Les analyses les plus fines des moralistes n ’aboutissent qu’à des résultats décourageants, dérisoires et faux.

— Je vois sur votre table l'Histoire littéraire du senti ment religieux, de l’abbé Henri Brémond..

— C? est un livre Fi de merveilles. J’ai | été spéciale

ouai qui m'a fait Évinpfesdie ces grands nid . sus la rencontre m'avait autrefois effraÿé et même uñ peu

Burdeau qui jui à tous deux voire professeur de philoso- » phie. Celle année-là, vous aviez comme condisciples, RES Schwob, Couyba, Chavannes, Syveton et Joseph Bédier.

Pourriez-vous me confier quelques souvenirs sur ct années de collège : ? «

— Ces années de Louis-le-Grand sont une époque do loureuse à laquelle ma mémoire n’aime pas à se reporter et que je voudrais cifacer complètement de ma vie. Je n’à réellement commencé à vivre que le jour où je suis sorti di l'oppression de la classe et de l’école. À ce point de vue, je ne saurais être trop reconnaissant à l’ administration. qui m'a recueilli et aux chefs intelligents qui m'ont toujou | laissé une liberté d’esprit et d’ allures que je n’aurais pas trouvée ailleurs. Après les enseignements de Mallarmé et des hommes de son temps, je suis un peu honteux d’ avouer és

2 PAUL CLAUDELS | nent ma besogne administrative ne m'a jamais ais que jy ai toujours trouvé le plus puissant intétoujours mis mes devoirs d'état bien au-dessus de s préoccupations d'homme de lettres. C'est probablenent le résultat de moh hérédité de fonctionnaire. ue Quelles sont vos méthodes de travail ? Quand vous ous décidez à écrire, la conception est-elle très avancée, a-t-elle déjà pris en vous sa forme quasi définitive contraire avez-vous besoin d'écrire pour hâter la ption et travaillez-vous la plume à la main?

Quand je commence à écrire, mon plan est déjà tout aittet j'ajoute chaque jour quelques lignes aux lignes rites la veille. Il est rare que je donne chaque jour plus heure de travail poétique. Il y faut une fleur d' attenet de recueillement qui meurt rapidement. Le travail. mure pour moi consiste bien moins à trouver qu’à repr, comme un homme que le train vient de débardans une ville qu'il a visitée autrefois et qui S'y lle peu à peu. | (ae uel est celui de vos livres qui vous a le plus coûté À et quel est celui auquel vous tenez le plus ? qu Les trois livres les plus importants de ma carrière jnt Tête d'or, Partage de Midi et Le Soulier de Satin. lattache aussi beaucoup d'importance à mon Art Poélique

i n’a été compris à peu près de personne. ds - Quels sont vos livres de chevet ? d Je ne lis guère d’une manière constante que la Bible 'ajoute que la lecture quotidienne du journal, pour quel: n qui a connu le monde comme moi et qui a pratiqué litiqué de tous les pays, est d’un prodigieux intérêt. passionnant de voir ainsi sur tout le front de l’uni-

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