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jamais le goût français, si clair et si pondéré, n’admettrait Jà charge trop copieuse des larges masses sonores de Bee- “5 hoven! | a
Plus précisément, il faut faire enirer le collectif dans ur. C’est une profonde, une immense étape, que nous bordons là. L'œuvre d’art est, par essence, individuelle et ite,\en principe, pour délimiter des cas particuliers. Il aut sortir des cas particuliers. Il faut faire entrer dans l'œuvre l’ensemble, la totalité, et non pas d'une facon > bstraite, mais d’une façon vivante. Il est intéressant et il peut être touchant, par exemple, de montrer un soldat qui
ouffre de la guerre. Il est plus qu'intéressant et plus que
. dats qui souffrent — et cela a beaucoup plus de portée
morale et constructive. | ; D'ailleurs, n’avons-nous pas, au siècle où nous sommes,
» nouvelles visions plus complètes et plus multipliées des
= m'est arrivé, on voit les plans de la nature par grands morceaux, les villes comme des taches chacune de forme : différente, la foule comme un remuement de. forêt où d’épis. Déjà le cinéma déborde le théâtre avec ses perspectives
illimitées — et n'avons-nous pas été frappés de ce que
mode d'expression et non de repêcher ce que les époques “périmées avaient entassé dans leurs constructions d'arts
trera peut-être un peu rétif au début — comme le fut le”
ouchant, si-je puis dire, de montrer des milliers de sol-
oses ? Lorsqu'on survole des pays en avion, comme cela
182 UNÉ HEURE AVEG
Bertrand Russel nous a rapporté de son voyage en Russie 2 cette scène figurée par un plan de montagne où la foule, des spectateurs voyait s’éployer des foules d'acteurs figu-. rant, par superficies animées, des nations avec, au milieu, | des tribuns, des généraux et des personnages, et cela 4onnaït la vie et l’émotion à une portion de mappemonde. Et le style, la forme... » ete Barbusse me parle longuement du style. Il est plein de
son sujet. « En ce qui concerne la langue, l'effort révolutionnaire a commencé. La nouvelle génération des écrivains à renoué et enrichi la langue en cassant les vieux. moules et en discréditant les formes conventionnelles. » …
I cite çà et là, parmi les écrits actuels, des exemples d ce renouvellement de la métaphore et de l’image qui à donné à la fois plus d’aisance et plus de puissance à ] langue en même temps qu’un moyen d’expression plus direct, plus net. Il parle de Luc Durtain, de Jules Supervielle, de Jean Cocteau, de la phalange de Philosophies, d dix autres et il me parle abondamment de Joie dans l Ciel, de Ramuz, dont il vient de lire, le matin même, le: bonnes feuilles « magnifique image d’Épinal, à la fois grandiose et charmante. » =
1 dit que cette triomphale insurrection du style hors des formules classiques et romantiques lui paraît avoir la. violence simple et pittoresque de l’art populaire, et que, là aussi, la force de rénovation lui paraît sortir de cette grande masse d'hommes encore inutilisée et qui fait germer le blés-et les croyances : on a raison d’en attendre tout.
I indique que déjà les arts mineurs si exquis, si « care = Sants » et si pratiques du mobilier et de la décoration intérieure ont repris vie de nos jours au contact dè l’art pop laire, et, revenant au style, il ne résiste pas au plaisir :