‹ Une heure trop tardChapitre 5 sur 20 · XX Y II · texte numérisé non relu

XX Y II

Qae celle d'entre toiu qui est sans péché loi jette la première pierre.

Hélène fut écrasée à Ja lecture 3e cette lettre. Son père ^ort en la maudissant ! sa mère qui allait mourir de faim 60 la maudissant!

— mon Dieul dit-eîle, ayez pitié âeïhoi;*ne me maudissez pas, vousl vous seul savez si je suis criminelle.

Hélas î ajouta-t-elle, j'aurais dû fairèle sacrifice de ma vie, épouser le gardé général: ils atrraient étérictes, j'aurais peut-être trouvé tiïi i](eu de bonheur à les voir heureux.

Otre faire 1 que faîrfe po^î* que fifia m&fé ne mette pas àe faim?

"^ Elle resta quelqtrfe tèfififps ahsorbëè , les yeiiix fixes et

lënglants ; on eût dît que tes pfetwées tpA rottîaienit dans

sa tête allaient la briser et la faire éclater,

Puand elle leva les yeux, le comte 'était àeî)out devant

%ffl^'^^i^la contemplait afvec attnour, si 'l'on peut appeler

amour ce que sent un ^ homme qui veut acheter une

— Monsieu^M^ite, dît Hélène, jcb ^\x\s^N<y\^\

jD8 UNE HEURE TROP TARD

Le comte crut qu'elle délirait.

«-» Oui, continua-t-elle, je suis à vous; ne me regardez pas ainsi avec défiance, j'ai toute ma raison. Je suis à vous, mais à une condition.

— Parlez, parlez, dit Ie<comte.

— Ma mère meurt de faim ; il faut lui envoyer de Far-* gent, peu de chose : de quoi manger, de quoi avoir un asile ; qu'elle ne meure pas ainsi en maudissant sa fille I

-^ Je suis trop heureux, dit le comte.

— Non, je ne vous aime pas d'amour : je vous vends mon corps, c*est tout ce que j'ai à vendre pour donner du pain à ma mère : il est à vous^ vous en ferez ce que vous voudrez.

— Vous m'aimerez, vous vous rendrez à l'amour le plus tendre.

— Je ne veux pas vous tromper, je n'aimerai jamais rhomm^qui achète mon corps. Encore une chose : si je meurs...

— Vous ne mourrez pas ; vous vivrez pour l'amour, pour le bonheur.

— Il est possible quejemeure : en ce cas, me promet» tez-vous de nourrir ma mère?

— Jelejurel

— Le marché est fait. Vous trouverez en moi une esclave obéissante et résignée; vous n'entendrez pas une plainte, vous ne verrez pas une larme .Vous m'avez achetée, je suis à vous. Mais partez vite. : voici où demeij| ma mère. j ^^

Le comte lui baisa la main^ et partit. ^ro

— • Allons! se dit-il, je savais bien qu'elle isers^^i

— mon Dieu! se dit Hélène en joignant les, ^^^iO^ avec force, faites-moi la grâce de igfgiîrif ^a/i aolî —

Et elle essuya avec dégoût sa main que le comte Leyen avait baisée en partant. Elle se sentait souillée de ce premier baiser qu'elle avait vendu; c'étaient les arrhes du marché qui venait de se passer.

L'i^UTBUR ACQUIERT DES DROITS A LA BIENVEILLANCE

Page 1