Publié par la Revue de Paris du i^r novembre
Quelles vaines paroles, quelle misérable folie ont passé comme un vent funeste entre nous deux ? Lequel de nous a voulu tromper Fautre^ ?... »
La trisle Camille, la pauvre George Sand, répond à ces stances douloureuses, par ses lettres navrées du fatal hiver de 183S :
(( Je ne t'aime plus, mais je t'adore toujours. Je ne veux plus de toi, mais je ne puis m'en passer... Adieu, reste, pars, seulement ne dis pas que je ne souffre pas... Mon seul amour, ma vie, mes entrailles, mon frère, mon sang, allez-vous-en, mais tuez-moi en partant. »
Il n'est plus question que de départs dans les lettres de l'un et de l'autre. Musset envoie-t-il à sa maîtresse ce billet repentant :
Mon enfant, viens me voir ce soir, je t'en prie. Je t'ai écrit sans réfléchir, et si je t'ai parlé durement, c'est sans le vouloir. Viens, si tu me crois.
le lendemain, l'ayant revue, il lui fait ses adieux, et même lui assure que sa place est retenue dans la malle-poste de Strasbourg. Ils se renvoient chacun les objets qui appartiennent à Tautre, « les oripeaux des anciens jours de joie » ;